Voir Frédéric II et Marie -Thérèse, t. II. p. :iii
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renommée du grand écrivain, ni à l'admiration du publie pour son génie. Bientôt même le désir de ménager Frédéric devint si général parmi les politiques, qu'il en rejaillit quelque chose sur celui qui pouvait se vanter d'être son ami. Luimême alors, au lieu de continuer à se défendre et à rougir d'une amitié qu'on n osait plus lui reprocher, trouva, au contraire, quelque avantage à l'étaler sans mystère et à s'en vanter en toute occasion. C'était comme une haute protection qu'il invoquait pour se préserver des dangers que pouvaient lui faire courir l'audace croissante et souvent l'inconvenance de ses écrits. « Vous devriez avertir charitablement Voltaire, disait (selon le récit d'un chroniqueur une dame de qualité à un homme de marque, de ne pas parler si souvent du roi de Prusse cl des liens intimes qu'il a avec ce monarque. Malgré son crédit, il pourrait donner de l'inquiétude au ministère; on a plus de prétextes qu'il n'en faut pour le chagriner, et il me semble qu'il devrait être plus sage qu'un autre. — Vous êtes dans l'erreur, madame, reprit l'homme de marque. Voltaire sait qu'il ne lient
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à rien ici, qu'il a le Parlement à dos, et profite de la circonstance des affaires. On a besoin du roi de Prusse et on n'a garde de le chagriner, el de l'humeur Singulière dont est ce prince, il se formaliserait sûrement si on faisait un mauvais parti à ce poète. Aussi Voltaire ne demande pas mieux qu'on le croie bien avec ce prince, et je suis persuadé qu'il ne néglige rien pour accréditer cette opinion. D'ailleurs, on peut se servir de lui pour traiter avec le roi de Prusse. En voilà plus qu'il n'en faut pour mettre cet homme à l'abri des dangers que vous imaginiez qu'il courait1. »
Fut-ce cette conliance dans l'appui d'une si haute amitié qui suggéra à Voltaire une idée assurément très singulière, celle de prétendre à la succession du cardinal de Fleury pour le fauteuil que la mort de ce ministre laissait vacant à l'Académie française? Que Voltaire, à près de cinquante ans, après Œdipe, BfUhts, Zaïre, et tant d'autres triomphes, n'eût point encore fait son entrée à l'Académie, c'est ce que notre