MARIE-THÉRÈSE EN HONGRIE
Chassez-moi ce coquin et comptez 9'il reste plus de ving^-quatre heures à Breslau, je prends l'apoplexie. Envoyez-moi un courrier quand vous l'aurez chassé, pour que je le sachedehors : si je le rencontre ou sije le trouve surmonchemin, jele dévisag^erai, et sa... de reine de Hongrie et son fol de roi d'Angleterre n'ont qu'à être les dupes, l'un de son orgueil et l'autre de sa sottise... S'il vous demande encore une audience, refusez-le tout à plat. » Une petite note en allemand au bas de la lettre engageait Podewils à en donner communication à Yalori pour qu'elle pass&t sous les yeux du cardinal '.
Robinson, congédié de la sorte, ne pouvait reparaître. Restait toujours lord Hyndfort, agent officiel du roi d'Angleterre, avec qui on n'était pas en guerre, et qu'on ne pouvait traiter si cavalièrement. Il fallait bien recevoir ses communications ou ses visites. Mais Frédéric s'y prit de manière à ne laisser aucun doute à Valori sur l'accueil qu'il lui faisait.
« Je dois, écrivait cet ambassadeur à Belîe-
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laie, le 4 septembre (du camp de Neudorf, où il avait suivi Frédéric), voua rendre compte, monseigneur, d'un fait qui marque égalementet la franchiae du roi et la prodigieuse alarme de la cour de Vienne... Ce matin, dans le temps que le roi de Prusse mettait son armée en bataille pour la mettre en colonne, lui à cheval, et la faire marcher par sa gauche, arrive un coui^ rier de lord Hyndfort. J'avais l'bonneur d'être auprès de lui, et, après avoir lu la dépêche et la pièce qu'elle contenait, il m'appela et me dit tout haut : « Tenez, monsieur de Valori, Usez cela; je crois que ces gens deviennent foua. » C'était un projet de traité qui n'avait pas seulement le titre de projet, mais qui était couché de manière h n'avoir que la signature à y mettre. La reine de ïïongrie y cède toute la basse Silésie, la ville de Breslau comprise ; la Neisse doit en faire la limite... En faveur de ce sacrifice, on exige de Sa Majesté PriiBaienne qu'elle donne sa vois électorale au grand-duc, qu'elle entre en liaison avec les électeurs de Saxe et de Hanovre en faveur de la cour de Vienne, et qu'elle joindra dix mille hommes
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NARIB-TttÊRÈSE EN HONGRIE 83
aux troupes de AI. de Neipperg, et qu'il s'engagera de toutes aes forces à trouver des dédommagements aux dépens des ennemis de cette cour : en un mot, de défendre la Pragmatique. Mylord Hyndfort accompagne cette pièce d'une lettre, disant qu'il a les pleins pouvoirs pour terminer et qu'il a une lettre du grand-duc pom* Sa Majesté, dont il ne doit faire usage que selon le bon plaisir de sadite Majesté. Le roi de Frussa m'a dit qu'il était curieux de voir cette lettre, qu'il la ferait venir et répondrait honnêtement. « Mais, » a-t-il ajouté, m je lui témoignerai toute ma surprise et ne lui laisserai aucun doute qu'il est nécessaire qu'il satisfasse la France etlaBaviëre. » — Je supprime, monseigeur, toutes les réflexions et les plaisanteries que ce prince m'a /âtï; mais je ne dois pas supprimer les réflexions à faire sur la nature de Bon procédé ; il en use avec une franchise qui ne laisse rien à désirer sur ce qu'il a promis. n m'a dit seulement qu'il fallait qu'on eût bien mauvaise opinion de sa sincérité ou de sa politique pour revenir si souvent à la charge. « Ou ils me croient un fourbe, » dit-il, « ou le plus mal-