FRÉDÉRIC II ET MARIE-THËHÉSB
habile du inonde. » — «Je ne conçois rieu », ajontait-il encore quelqueajonrsaprfes, avant de donner l'audience qu'il devait accorder à lord Hydnfort, « à cette opiniâtreté du roi d'Angleterre,. , Je croyais m'ètre expliqué. assez clairement pour être délivré de ces importunités.» — Et puis, » disait-il encore par moments, est-ce que le roi de France est vraiment si désintéressé? est-ce qu'il ne veut tirer aucun avantage de la guerre qu'il soutient? est-ce que nous ne ferons rien pour lui* ? »
Enfin, après l'audience accordée, le minÏBtrft anglais faisait encore mine de vouloir rester au camp ; mais Frédéric eut grand soin d'envoyer tout de suite à Valori un officier supérieur de son état-major pour le rassurer h cet égard.
« M. de Goltz (le nom est bon à retenir, on verra tout à l'heure pourquoi), écrit Valori le 23 sep-: temhre, sort de ma chambre, et m'a dit avoir ordre du roi son maître de conseiller à lord Hyndfort de ne pas prolonger davantage son départ de l'armée. S'il ne se rend pas à cette
1. Valori à Belle-Iele, 30 aoAt, li-22 Beptembrc ITtl. (Cor. retpondance de Prusse. — Ministère des affaires étrangères.)
UARIE'THËRÈSB EN HONGRIE B5
insinuation et à ce conseil d'ami, il doit lui dire qu'ayant eu du roi une réponse positive et invariable, un plus long' séjour à l'armée ne pourrait lui être agréable, puisqu'il ne pouvait produire d'autre effet que de donner de l'ombrage à ses alliés, ce qu'il voulait éviter soigneusement, de manière qu'il partira aujourd'hui pour Breslau. Vous voyez, monseigneur, par cette conduite, combien le. roi de Prusse est soigneux de tout ce qui peut donner des preuves de sa sincérité. Je lui dois cette justice qu'il n'en laisse pas échapper la plus petite occasion'. »
Et Belle-Isle, touché jusqu'aux larmes de cette attention, en témoignait lui-même sa reconnaissance k Frédéric en ces termes ; « On ne peut être plus touché que je ne le suis de l'attention pleine de bonté avec laquelle Votre Majesté a daigné me faire part de la négociation infructueuse des Anglais, qui montre qu'avec les qualités éminentes dont Votre Majesté est douée, elle joint encore la
1 . Valori à Belle-lsle, S3 septembre nii. [Correipondance de PntoÊ. HlnUtère des affaires étmugères.)