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gr&ce qui accompagne toutes ses actions *. »
Ces eiïusions de tendresse ne devaient cette fois encore durer que peu de jours. Les courriers qui portaient les lettres si confiantes de Yalorî n'avaient pas encore eu le temps d'arriver à leur adresse que déjà l'horizon s'assombrissait et la couleur du ciel était changée. Sans prétexte, mm préparation, le roi se remit subitement à se plaindre de tout, sur un ton comminatoire, et un déluge de récriminations et d'exigences inattendues vint fondre sm* la tâte du malheureux ambassadeur. Et ce qu'il y avait de plus surprenant pour lui dans cette bourrasque imprévue, c'est qu'aucun de ces griefs improvisés n'était nouveau et ne paraissait, la veille encore, exciter tant de colère. Ainsi les fautes trop réelles commises par l'électeur dans la conduite de ses troupes n'étaient jusque-là l'objet que de critiques justes et modérées. Sans que rien fût venu les aggraver, tout à coup Frédéric n'en put plus parler qu'a-
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vee des accba de rage. Le prince naguère accablé de tant de caresses n'était plus qu'un âne ; les généraux français et bavaroie ne valaient gaëre mieux, les Saxons étaient des c,.., et, h moins que Belle-Isle ne vtnt Bur-le>charop prendre le commandement, il serait impossible de continuer la guerre sur ce pied-là. Puis des pointe du traité de partage qui paraissaient réglés étaient subitement remis on question avec une vivacité impérieuse. La ville forte de Glatz, par exemple, située sur la frontière de Silésie et de Bohême, d'abord revendiquée par la Prusse, avait été, après quelques discussions, cédée de bonne grâce à l'électeur, qui se confondait encore dans toutes ses lettres en remer- (^enta. Du soir au matin,! il se trouva de nouveau que la possession de Glatz était indispensable pour la sécurité de la Silésie, et il follait qu'elle fut rétrocédée sans débat, séance tenante, sans quoi tout était rompu, et il n'y avait pluB à parler de rien- C'était ensuite la présence d'un agent autrichien à Versailles (polîteese diplomatique convenue d'avance entré les alliés pour attester le désintéressement per-
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sonnel de la France dans les conflits intérieurs de rAllemag;ne) qui devenait l'objet de soupçons injurieux. Pourquoi le cardinal tenait-il tant à garder un moyen de communiquer bubrepticement avec la reine de Hongrie? Enfin, ne sachant qu'inventer, Frédéric trouvait à redire même au traité de neutralité signé avec le Hanovre. Cette convention avait été faîte trop vite, sans sa participation; s'il eût été prévenu à temps, il aurait demandé des avantages pour lui, et la France n'avait pensé qu'aux siens. Bref, comme conclusion de cette série de chicanes sans valeur et d'algarades incohérentes, il déclara qu'il allait faire le siège de Neisse, la dernière place importante qui lui restât à conquérir en Silésie, après quoi ses troupes, qui travaillaient depuis un an et avaient besoin de se reposer, prendraient leurs quartiers d'hiver et n'en bougeraient jusqu'au printemps. Après tout, ce n'était pas sa faute si, en négligeant de prendre Vienne quand on le pouvait» on avait manqué l'occasion de terminer la guerre d'un seul coup. Il ne pouvait pourtant pas passer son temps à faire
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à lui seul les affaires et à réparer les fautes des autres '.
A ce changement d'humeur et h ces exigences inattendues, Valori essaya d'abord de ré- . pondre par un redoublement de facilité et de bonne grâce. Ainsi, à force d'insistance, il finit par obtenir du ministère français et de l'électeur qu'on reviendrait sur la concession de Glatz, et que cette ville, si Frédéric l'exigeait absolument, serait de nouveau jointe aux possessions futures de la Prusse. Le jour qu'il reçut l'autorisation de consentir k cette cession, discutant encore pour la forme, il laissa échapper de ses mains et tomber par terre le billet miiustériei qui contenait ses dernières instructions. Frédéric raconte lui-même qu'il mit à l'instant le pied comme par mégarde sur le papier égaré, pour empêcher l'ambassadeur de le ramasser, et se réserver lui-même la facilité d'en prendre lecture, après l'audience, mais il n'ajoutepas que Valori s'aperçut parfaitement de
1. Valori à Amelot et à Belle-Isle 7, 9, n, 30 octobre tlil. {CorretpondatKt de Prwie. Ministère des affairea étruig6rei>.) — H. lirojfien résume lui-même tons ces giiofe, auxquels il parait encore attacher une valenr sérieuse.