‹ Frédéric II et Marie-Thérèse d'après des documents nouveaux, 1740-1742Chapitre 17 sur 53 · FRËDÉHIC II ET MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

FRËDÉHIC II ET MARIE-THÉRÈSE

soir, xians un petit village appelé Klein-Schnellendorf, & peu de distance de Friedland, où le camp prussien venait d'être transporté. Frédéric prit toutes les précautions pour que sa sortie du camp et son déplacemeot ne pussent attirer l'attention. U fit savoir que, ce jour-là, il dinenùt tout seul, ayant beaucoup d'affaires à régler, et, afin que cette absence fût moins remarquée, il fit inviter Vafori à dîner chez un de ses généraux, le prince d'Ânhalt. Avant de se mettre en chemin, l'idée lui vint (du moins il faut le croire) qu'il serait plaisant d'adresser à Belle-Isle, ce jour-là même, de nouvelles assurances propres à l'entretenir dans l'illusion d'un prochain triomphe. Il lui écrivit donc de sa propre main qu'il venait d'expédier tous les pouvoirs nécessaires pour conclure le traité de partage avec la Saxe et la Bavière. « Puis, disait-il, j'ai le plaisir d'admirer le grand rôle que joue ici le roi de France, de soutenir l'électeur, de confondre les mauvais desseins de l'Angleterre, de désunir les Hollandais et de porter la guerre jusqu'aux portes de Pétersbourg. Il était réservé à Louis XV d'être l'arbitre des

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rois et k M. de Belle-Isle d'être l'organe de sa puisBance et de sa sagesse. Je suis avec toute l'estime et l'amitié imaginables, mon cher maréchal, votre très Qdële ami. » Et en postscriptum : « M. de Valori vous informera de nos opérations. J'ai toujours l'ennemi devant moi et sis mille hussards par derrière. » Après avoir fermé cette lettre avec te sourire sardonique qui était l'expression habituelle de sa physionomie, le /îdêle ami sortit, suivi d'un seul page, pour aller porter dans l'ombre un coup mortel aux espérances qu'il venait lui-même d'exalter '.

En approchant du lieu désigné, Frédéric laissa en arrière même le page qui l'accompagnait et entra seul dans la maison où l'attendaient le ministre anglais, le colonel de Goltz et deux officiers supérieurs autrichiens, le maréchal de Neipperg lui-même et le major général Lentulus. «L'abord du roi, dit lord Hyndfort dans ' son compte rendu, fut très poli et très préve-

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