Le comte de Sa^e à Belle-Isie, 26 novembre ITil. (Cor
i'espondancei divefsis Ministère de la guerre.)
HARlE-TH^RÈSB ËK UONflRIB 43l
allait ae rendre en quelques heures de nuit, avant même qu'uue tranchée fàt ouverte devant ses remparts, sans presque tirer un coup de canon, en quelque sorte à l'orme blanche, comme aux beaux jours des Amadis et des Roland. C'était une prouesse à reléguer dans les romans de la chevalerie.
L'incroyable était vrai cependant; o'ëtaii Maurice qui, averti par un paysan, avait soup* çonné que, sur la rive droite du cours d'etu qui traverse Prague {la Moldau), . opposée à celle qu'occupait le camp des alliés, un point des remparts, faiblement gardé, pouvait être abordé sans, travaux préparatoires et enlevé par »iït-^ prise. Il alla lui-même s'en assurer sous un déguisement et revint convaincu que le coup pouvait être joué. Mais, quand il développa son projet au conseil de guerre de l'électeur, l'opposition fut d'abord à peu près unanime; U chevftlier de Belle-Isle, on l'a vu, ne fut.paB.de ceux qui le combattirent le moins vivement.
« C'était bien là, disait-on, une idée de ce cerveau brûlé et sa manière de mener hommes et choses à la Jartare^ it ■ ■
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Cependant que faire ? Le danger devenait d'heure en heure plus urgent: temps et moyens desiège réguliers manquaient également, et d'un instant à l'autre le maréchal de Neipperg et le grand-duc pouvaient apparaître. « Nous étions dans le cas, disait plus tard l'intendant Séchelles, de recourir aux empiriques. » Soutenu par l'avis du général qui commandait l'armée saxonne et surtout par la voix impérieuse de la nécessité, Maurice finit par l'emporter. Il fut décidé que trois attaques seraient tentées à la fois : deux sur la rive gauche de la Moldau : l'une, par les Français; l'autre, par les Saxons, celle-ci seulement ayant quelque chance de réussir. Au moment où ce déploiement de forces et d'artil^ lerie attirerait toute la garnison de ce côté, Maurice essayerait dans l'ombre, sur la rive droite, la téméraire surprise, dont, avec une ' troupe d'élite, il courrait seul tous les risques. \ Le nombre d'honmies que comportait un pareil mystbre était restreint; aussi Maurice les choisit-il avec le plus grand soin ^ sa petite troupe dut être divisée en deux escouades.
Quatre compagnies de grenadiers des régiments