I. Chnries vn à Flenry, 30 jnoTler
l EXPÉDITION DE MORAVIE 213
fiant, ne put dissimuler pendant toute la fètc l'inquiétude déjà peinte sur son visage.
C'est qu'en effet cet envahissement de la Bavière (qu'on n'avait pas réussi k prévenir), suivant de si près l'avènement de son souverain à l'Empire, faisait toucher au doigt le vice, ou, comme aurait dit Saint-Simon, le creux de l'entreprise dans laquelle Belle-Isle, après avoiicngag:é son pays, épuisait lui-même tout ce qu'il avait de courage, de talent et de vie. Rien ne prouvait mieux que la dignité impériale, dénuée du support d'une puissance effective, n'avait qu'un éclat de surface et d'apparence. Cet empereur, sans soldais, sans argent, sans génie, errant hors de chez lui, n'était qu'un mannequin coiffé d'une couronne de théâtre et qui, ne pouvant se tenir debout, retombait de tout son poids sur les bras de ceux qui l'avaient dressé. On ne manque jamais, chez les Français, d'un hon mot pour peindre au vif une situation. Le sobriquet de Jean sans Terra, donné par un plaisant à Charles VII, fit fortune i Paris. Une plaisanterie plus savante et plus analogue au goût allemand fut celle-ci, qui