iO API'ENDICE
lion, puisque ie roi retirait son ambassadeur pour faire la guerre... Vous verrez, par l'ariicle de la Gazette de Francfort, que je joins ici, crayonné, que l'on fait monter l'armée autrichienne à 83,000 hommes composés de noms barbares que la cour de Vienne introduit dans l'Empire, ce qui autorise bien l'électeur à y appeler à son tour des Français,
MiMSTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES. — (CoiTespottdance de l'ambassade auprès de la DUte.)
Le maréchal de Belk-Isle au cardinal de FUury.
22 août 1741.
L'attachement est général pour la maison d'Autriche. Il est impossible de déraciner les préventions qu'on a imprimées dans ce pays contre la France. La moitié des gens croient encore que nous allons nous emparer de Philishourg, et qu'on en apprendra la prise d'un jour à l'autre; mais les plus sages conviennent que, si le roi continue dans son inaction envers l'Empire , que ses troupes payent comptant tout ce qui lui sera fourni de gré à gré, et que l'on ne profite pas de sa faiblesse pour se rendre maître de Philisbourg et de Kehl, après une telle conduite, on ne pourra douter de la considération de Sa Majesté el de la droiture de ses intentions.
(VoCr pag« DS.t
Marche des armées alliées en seplembre 1741.
Les pièces ci-jointes peuvent faire voir par quels motifs lea armées alliées renoncèrent à marcher sur Vienne en septembre 1741, et dans quelle erreur Voltaire est tombé, en attribuant celle résolution à un calcul égoïste du cardinal de Fleuiy.
MiNiSTÈEK DBS AFFAiEBs ÉTiUNOêHBs. — (Correspondance de Bavière.)
Le maréchal de Belle-hle à Amelot.
Francfort, 25 aoûH74i.
A l'égard de la Bavière, je suis honteui que la peur de madame l'électrice décide de la marche et de l'opération de nos troupes. L'électeur sait mieux qu'un aulre que les Autrichiens venant d'Italie ne peuvent pas encore être aux portes de la Bavière et qu'i^ a par conséquent tout loisir d'v envoyer ses troupes nationales.
MiNisTËRi DBS AFFAIRES ÉTRANCÈBïs. — (Correspondance de Bavière.)
Le maréchal de Belle-Me à Amelot,
Francfort, 4 octobre 1741.
Quelle est Is patience qui pourrait tenir k une pareille conduite et des maîtres et des subalternes?... Je vous avoue que, si je n'étais aussi bon citoyen que je le suis, j'aurais déjà dépêché un courrier à Versailles pour prier le roi d'envoyer tel général qu'il lui plairait à la léte de son armée, parce que, ae pouvant vaquer, en mSme temps, à la négociation la plus importante qu'ait eue la monarchie, je m'y renferme entièrement, je l'ai déclaré, comme vous le savez, à Sa Majesté elle-même, à M. le cardinal, et à tout le ministère assemblé. Je n'ai point choisi celui qui commande en mon absence, ce serait donc à la cour d'y pourvoir, nonobstant mon abdication du commandement qui est le plus grand sacrifice que je puisse faire. J'ai bien voulu me charger du passage et de la subsistance des troupes, depuis le royaume jusqu'en Bavière, parce que cela influe directement sur les affaires politiques, pour pouvoir empêcher une association générale des cercles ; je m'y suis livré d'ofllce, et j'ai pris pour cela des soins et des peines inexprimables, qui ont opéré que nos troupes n'ont manqué de rien et qu'elles ont vécu avec une sagesse et une discipline qui en faisait t'étonnement et l'admiration de tout l'Empire et y a en même temps opéré l'effet que j'en attendais... J'ai concerté aussi pour le bien, un plan général avec l'électeur;
APPENOIJ^B 3S3
tont a passé par nous, et il en est résulté que, sans le vouloir, sans le devoir et, en vérité, sans même le pouvoir, je me suis insensiblement enfourné & suivre un délai! de correspondance qui m'a mené beaucoup plus loin que je ne l'avais projeté. Mais J'espérais que l'on s'aiderait au moins sur les lieux ; je vois avec la plus sensible douleur que, dans le grand comme dans le médiocre el dans les plus petits détails, tout va de mal en pire ; j'ai tout dit, et je vous prie un moment de vous mettre à ma place; cependant, quoique je connaisse le danger d'être dans une besogne si mal arrangée, je veux bien encore ne pas jeter le manche après la cognée. Mais si faut-il que je puisse au moins compter que désormais on exécutera ce dont on sera convenu ; car nous voilà au 6 octobre, et ce serait Je comble de l'infamie, si, à la face de toute l'Europe, le roi de Prusse, notre aHié, avec 45,000 hommes devant Neisse,vis-à-vb de M. de Neipperg, qui n'en a pas 30, ISOOO Saxons que je viens de nous procurer; 40,000 Français et 20,000 Bavarois qui n'ont pour ennemis que 5 ou 6,000 hommes en Bohême, que 10 ou 12,000 sur Vienne, nous ne parvenions pas à prendre Prague et à établir de bons quartiers d'hiver en Bohême, en Moravie et en Autriche. Voilà pourtant ce que je vois à la veille d'arriver, si on conduit les affaires pendant octobre, comme on a fait en septembre.
MiNisTÊKE DBS AFFAIRES ÉTBANoÈBES. — (Correspondante de Baoiire.)
Le maréchal de Betle-Isk à l'Électeur.
Francfort, 14 octobre 1741.
Je vois par les deux lettres dont Votre Altesse Électo-
raie m'a honoré dn S9 et du 30, qn'elle était ennn déterminée à abandonner l'idée du siège de Vienne. Je saie bien que le roi de Prusse le conseille, je l'ai désiré tout le premier, et l'entreprise en eût été de tout point plus glorieuse, plus utile et d'une facile et plus sûre exécution que celle de Prague, si noua arions pu agir deux moia plus t6t et que Votre' Altesse Séréaissime Électorale eût toute l'artillerie et tous les approTisionnetnents néces- MÏrea pour faire un siëge de cette conséquence, non k cause de la fortiflcfttlon de laplace,mftis partons les efforts qu'oh doit croire que (teta la reine de Hongrie pour soutenir et défendre sacapilaleetsadernière ressource. H faudrait aussi que l'alliance des Saions eOt été contractée plus tôt, et qu'enfin, le roi de Prusse lui-même eût voulu sérieusement entrer dUl ca pl-ojet et concerter sea Ppérations et mouTements en conséquence. Rien de tout cela n'a eu lieu; on s'est an^ngé différemment: des entreprises de cette espèce ne peutetit ni ne doivent se tenter au basartL Elles ne rêusslg^ent Jamais que quand elles'ont été méditées k l'atance et que toutes choses ont été préparées de m Ame.
I||[NistëhI£ dis ArpAiMEs ÉTRAncËnKs. — (Correspondanee de Èaviére.}
le «utréckal de ÉHlé-kle à l'Électeur.
Francfort, 23 octobre 1741.
Le roi de Prusse n'était occupé que de prendre Neisse et, ne pouvant m déplacer M. de Neipperg, il voulait, & quelqUB prix que ce fOt, que nos motivenienis se dlri-
geassent sur Vieone. J'ai dêmSIé son intention dès le premier jour et j'ai combattu, par les lettres que j'ai eu l'occasion d'écrire àce prince, le conseil qu'il tous 'donnait de marcher sur Vienne et le reproche de ce que Votre Altesse Électorale ne le faisait pas; j'ai eu pour cela une foule de raisons auxquelles il n'y a point de réplique, A présent que le voilà délivré de M. de Neipperg, il s'embarrassera bien peu des difficultés que vous aurez à surmonter... il fera de très médiocres efforts pour appuyer une opération militaire. Mais, en même temps que j'ai l'honneur de vous parier ainsi sur le roi de Prusse, je le justifie pleinement sur unprétenda accommodement avec la reine de Hongrie, et je ne sais pas comment Votre Altesse Électorale a pu ajouter foi un seul instant à toutes les nouvelles qu'elle a apprises dans des lettres de Vienne.
^BANGiRKs. — (Correspandance de Bavière.)
Le marqaU de Beouuau à Amehl.
23 octobre 1741. Je conviens que la frayeur que l'on a pour Munich est une terreur panique : car, quoique cette place ne vaille rien, il est absurde de croire que les Autrichiens vont s'enfourner si avant, au hasard d'être enfermés par les neiges du Tyrol,et qu'ils puissent traîner une artilli^rie de quoi faire un siège, quelque médiocre qu'il puisse être. Je ne cesse de ta répéter tous les jours à l'électeur, et je crains bien néanmoins que, sur la moindre nouvelle, il ne détache encore des troupes françaises.
Protocole de Klein -Schnellendorf.
Prolokoll des Groasbrilarmisdien Ministeri Lord Hyndford lifter die VeTHnbarungen vm KleUiSchneUendorf.
9 octobre 1741.
je, le sonssigaé, comte de HTndford, ministre pléaipoten tiaire de Sa Majeatê le rot de la Grande-Bretagne, ayan- Été témoin de ce que Sa Majesté le roi de Prusse a eu la bonté de déclarer de sa propre bouche et sur sa parole royale au maréchal comte de Neipperg, en présence du major général de Lentuliis, et de ce que ledit maréchal comte de Neippei^ a déclaré au nom de Sa Majesté la reine de Hongrie et de Bohême atteste par ces présentes, sur la foi pblique et tes devoirs de mon ministère, que, de part et d'autre, on est convenu :
1* Qu'il est libre au roi de Prusse de prendre la ville de Neissepar manière de siège.
2" Que le commandant de la ville de Neisse aura ordre de soutenir un si^ge de quinze jours, et de remettre alors ladite place aux troupes de Sa Majesté Prussienne.
3° Que la garnison de Neisse et tout ce qui lui app&rlleot sortira avec tous les honneurs militaires ; qu'on lui fournira les charrois nécessaires jusqu'aux frontières de la Moravie ; qu'on ne persuadera ai forcera personne de la garnison h prendre service dans les troupes de Sa Majesté Prussienne ; et qu'il sera permis aux personnes civiles qui voudront se retirer de suivre ladite garnison dans toute sûreté.
i' L'artillerie de fonta qui se trouve dans la ville de Neisse et sur les remparts restera à Sa Majesté la reine de Hongrie et de Bobême et lui sera fldétement rendue au traité ou à la paix future.
5* Qu'après la prise de la ville de Neisse, Sa Majesté le roi de Prusse n'agira plus offensivement ni conlre Sa Hc^esté la reine de Hongrie et de Bohême, ni contre le roi d'Angleterre comme électeur d'Hanovre, ni conlre aucun des alliés présents dé la reine jusqu'à la paii générale.
6° Que le roi de Prusse ne demandera jamais plus de Sa Majesté Hongroise que la basse Stiésie avec la ville de Neisse.
7° Qu'on tAchera de fure un b-aité définitif vers la fin du mois de décembre qui vient.
8" Le maréchal comte de Neipperg a déclaré, au nom de Sa Majesté la reine de Hongrie et de Bohème, que Sa Majesté Hongroise cédera sans aucune difficulté à Sa Majesté Prussienne, par le traité k faire vers la fin du mois de décembre prochain, toute la basse Silésie jusqu'à la rivière de Neisse, la ville de Neisse inclusivement, et, de l'autre côté de l'Oder, jusqu'aux limites ordinaires du duché d'Oppeln, avec toute souveraineté et indépendance de qui que ce soit.
S° Que, le IQ de ce mois courant, ledit maréchal comta
de Neipperg se retirera tciec toute son année rers la Moravie et, de là, où il roiidra.
10° Que le château d'Ottmachau sera vidé, en même temps que l'armée de la reine se setirera.
11° Qu'il sera permis au maréchal de Neipperg de retirer en Morarie ou oilieurs les magasins qu'il a établis au pied des montagnes jusqu'au 20 du mois d'octobre courant.
12* Qu'une partie de l'armée du roi de Prusse prendra tes quarUers d'hiver dans la haute Silésie, jusqu'à la fin du mois d'avril 1742.
14° Que la principauté de Teschen, la ville de Troppau et ce qui est au delà de la rivière d'Oppau, ni les hautes montagnes ailleurs dans ta haute Silésie, [aussi bien que la seigneurie de HennersdorF, ne seront comprises dans ces quartiers : et que le maréchal comte de Neipperg laissera un bataillon et quelques hussards pour garnison dans ladite ville de Troppau.
14» Que les troupes de Sa Majesté Prussienne ne demanderont dea habitants du pays que le couvert et les fourrages.
15° Que les troupes du roi de Prusse ne tireront point de contributions ni argent d'aucun des États de la reine de Hongrie.
16° Qu'on n'enrdiera personne contre «on gré, sous quelque prétexta que ce soit.
17» Que de part et d'autre on fera sortir quelques petits partis, pour continuer les hostilités pro forma, et qu'on conviendra, pendant l'hiver, de quelle manière s'y prendre le printemps futur, en cas que le traité ou la paix générale n'ait pu se faire avant ce temps-lft.
18* Que ces présents articles, dont on est convenu.
APPENDICE 3j9
seront gardés comme un secret inviolable, que je, le soussigné, comte da Hyndford, le maréchal comte de Neipperg et le général major de Lentulus, avons promis sur notre parole d'honneur au roi de Pi'usse, sur la demande de Sa Majesté.
Un foi de quoi, j'ai signé ces pi'ésenls djx-buit articles, et j'y ai apposé le cacbet de mes armes, è la réquisition de Sa Majesté le roi de Prusse et dudit maréchal comte de Neipperg. A,u cliàleau de Klein-Schoellendorf, ce neuvième d'octobre 1741.
{L. S.) Hti<dfoko.
Nach dem Original,
EfTet de la convenlion de EleiD-SchaeUendorf. (Voir p.g« m.)
HiNisrisa Dts affmsbs ëtrangëres. — {Correspondance de
l'ambassade auprès de la DUle.)
Le maréchal de Belle-Isle à Amelot.
Francfûrf, 25 octobre 1741 , L'Ëlecleur n'ose plus avancer. Après le tissu de fautes qui ont élé commises, je- n'ose plus répondre de rien. Vous avez bien raison de m'eitiorter autant qu'il sera possible à ne point mettre d'humeur à toutes les eitravagances qu'il faut écouter de la pari de'tous les ministres électoraux. Vous avez pu voir que je me suis imposé le premier celte loi. La familiarité que j'ai contractée avec eux, et la considération et la confiance que je me suis acquise m'a mis en état de leur parler avec hauteur sans qu'ils puissent s'en scandaliser. Je finis ordinairement ma conversation avec euï sur ce sujet, en disant que la tËtc leur a tourné.
ÀPPEKDICB
HiMSTtu DES AFFAiKES iTRANGiBBB. ~ {Correipondonee de Vamba»aade aaprèt de la Diite.)
i Le maréekal de Belle-Iele à Amelot.
Francfort, (7 octobre 1741.
Le rd dePniiM prend ses quartiers d'hiver sans suivre Neipperg. C'est ce que ce prince pouvait faire de plus nuisible & l'électeur de Bavière, et à la cause commune. H. de Neippeig devient libre de prendre le parti, ou de rentrer eu Bohême, ou de se porter sur le Danube, en réunissant toutes les forces de la reine de Hongrie, soit pour, à quelque prix que ce soit, empêcher le siège de Prague, ou, si l'électeur y est avec ses principales forces jointes aux Saxons, remonter le Danube et couper toute rommunication avec ce fleuve à l'armée qui sera en Bohôiiie. Le temps précieux que 1 électeur a perdu rend encore les démarches du roi de Pnisse plus intéressantei et plus dangereuses, et rien n'est si décisif, ni plus capable de ffùre voir combien l'alliance de ce prince sera accompagnée de dégoût tant qu'on aura des opérations militaires communes k concerter et à exécuter avec lui, — S'il était possible de se laisser aller aux soupçons sur la fidélité et la droiture de ce prince, on en aurait toute sorte de sujets. Ce qu'il y a de vrsJ, c'est que tous les esprits sont changés depuis quinze jours. J'ai trente lettres de différentes parties el ïilles de l'Europe où les plus affectionnés au roi et à- l'électeur sont intimidés, d'autres ébranlés, et tous les Autrichiens ranimés et intimement persuadés que le roi de Prusse est d'accord avec la reine. J'apprends sur cela des circonstances singulières. Mais comment en serais-je sui-pris, puisque je vois <{i\e l'électeur de Havièrp
363 APPBNDIG8
lui-mâme a pria 1» premier cette inquiétude? Francfort est le lien ob celte opinion a prévalu le moinB, parce que j'y suis et tiens des propos si conTaîncanls du contraire, que les mensonges de la cour de Vienne, et que répand M. de Brandeau, n'y peuvent trouver de crédit. Ce ministre, qui était reclus et contenu, ne toyait personne, a repris un ton de gaieté. II ne cesse d'aller et venir en aS' Burant avec le plus grand air de confiance que les affaires de la reine sa maîtresse sont bien changAM, et qil'felle a enflti engagé le Foi de PrtiSse i la m^iae msBosutlrt et les mêmes discours Se tiennent à Dresde... Voici, rtioMieut, tout ce que je puis voua dire pouf et conlfe l'iUt et l* conduite actuelle du Mi de Prusse; te désir de s'en (lUe* à Berlin, rimpatience de toutes se» iHiupes rf'entter en quartiers d'hiver, sa l^ét^tfr nitiirelle, le dfelf fl'Môif GIal2, la conâance ^e lui donne aa situnlion et peut^ être Iti jalousie que l'électeur ne fit une trop beU« campagne, ont toute ta part à li wnduite qu'il tient de bénir, qui n'en ert pas moins ficheuse à tous égards; mais il ne peut m'entret dans l'esprit que ce prince ait pôudsi lllh fidélité jMsqa't s'&i^commoder dtcc la reine de Roi^lfe, Cela n'est, en aucune manière, ni o&tuKl ni prabiUlAt
UlKlSTËBE DES AFPAIRIIS tTUnaÈBES. ~ {ComtpOnâaMt dt
l'ambassade auprès de la Diète.) Ametot au maréchai de Belie^tte.
30 octobre 17*!.
Je IM vous dirai plus qu'un mot sur les autres oMm, La conduite du roi de Prusse est inexcusable k taoi égards, et je eouhaite que sa mauvaise foi n'ailla pu
AFFENDICB 'M3
plus loin que ce ijue nous en vofoos ai^ourd'hui. La retraite de H. àe Neîpperg peut donner beaucoup à penser. Tai des nouvelles posilives et sûres de Vienna que la reine de Hongrie a mandé celte nouvelle (d'un traité signé] à M. de Wasner en lui donnant ordre de le tenir dans le plus grand secret. I] transpire déjà que ce traité est fort désavantageux à la reine de Hongrie) en ce que le roi de Prusse n'a pas promis de prendre <on parti, mais seulement de rester dans la neutralité.
lliHiiriu sm AnuiB iruHoiaBs. -> (ComiiKnKtmce de Saase.)
Desaiiei^s à Amelot.
Dresde, 30 octobre ITU.
Il vient d'arriïer un oWcier aaion, lequel a été fort longtemps dans la camp de M. de Neipperg. Ge général
lui avait dit que la paix était faite. Le maréchal Neipperg avaitété enfermé trois hauns avec le roi de Prusse* et, au sortir de cette audience.il avait décampé et défendu aux imssarris autrichiens de commettre aucune hostilité. Cet oMcier, pour rendre la chose tout k fait pathétique et touchuite, lût qu'il veut perdre la tSte ù la pùz n'est point fwte.
ibnfBTiM OH uv*iui Énamius. — {OomipiMianix de rwmbauaii la^rii de la DUte.)
Amdi)tatmaHahaideBeUe4^.
SmoTembre i74t.
Quaadl«roi dePmMMnitfhit uuiftccDinnHKlBinMt,
364 APPENDICB
le pis aller est qu'il demeure neutre; car, pour se déclarer contre [nous, je ne crois jamais qu'il veuille ou ose le faire... surtout ayant une armée de 40,000 hommes sur la entière. Plus je réQéchis sur tes idées qui peuvent passer par la tête de ce prince, pins je me persuade qu'il est impossible qu'il se soit réconcilié avec la cour de Vienne. Avec un esprit d'un caractère pareil au sien, il ne faut pas toujours chercher de raison solide de sa conduite ; il ne connaît peut-être pas tout le préjudice sur lui-même du parti qu'il vient de prendre, parce qu'il croit son affaire assurée, et c'est peut-être un moment d'humeur qui l'aura décidé.
UmisiftBE DKs AFFAIRES tTUNGifi». — (CoiTespondattee de
Prusse.)
Le roi de Prusse à ses ambassadeurs à Francfort.
Breslau, 4 novembre 1141.
Ayant remarqué qu'on répand industrieusement, daD& toutes les cours d'Europe, la nouvelle que j'avais fait une paii particuliËre avec la cour de Vienne, en y ajoutant des circonstances qui lui donnent un air de vraisemblance, et ne pouvant envisager ce bruit autrement que comme un artiâce de mes ennemis pour semer de la méfiance entre mes alliés et moi, mon intention est, que vous coU' tredisieï hautement ces bruits, là où vous êtes, et que TOUS insinuiez partout, où vous le jugerez convenable, que non seulement la nouvelle que l'on S fait courir touchant la paix en question est entièrement fausse, et controuvée dans toutes ses circonstances et destituée de tout fondement, mab que, de plus, je suis fermement
résolu de ne faire jamais mon accommodement ayec la cour de Vienne que de concert el conjointement a^ee mes alliés, et de n'entendre à aucune proposition qui tendit & m'en séparer.
MimsTftBE DES AFFAïass ÉTHANGËRES. — (Correspondoitee de l'ambastade auprès de la Ôiëte.)
Le maréchal de Sette-lsie à Amelot.
Francfort, 4 novembre 1741, Vous conviendrez, monsieur, que le grand-duc et H. de Zinzendorf poussent Teffronterie et la fausseté au plus haut degré, n, comme je le crois, cette prétendue tr£re est fausse.
Ministère des affaires ËinAKOÊSEa. — {Corretpmdance de Vambasiode auprès de la Diète.)
Le maréchal de Belle-Isle à ATneht.
Francfort, S uoTcmLre, 1741.
Je TOia avec grand plaisir que vous pensez comme mol sur les bruits qui courent du prétendu accommodement du roi de Prusse : il ne m'entre pas dans l'esprit qu'il ait pu pousser l'itifidélilé jusqu'au point de faire un pareil traité, dons les engagements où il estavec le roi, et dans le m6me moment qu'il vient d'accéder et de garantir ceux de la Bavière avec la Saie.
APPBit&iea
Hniniki bh «FPAiin Éruirafena, — (OnT(*|wiiiaRM dt
Hollande.)
Le marquis de Fénehn A Atiulot.
La H«]p«, S DOTombra 1741,
On conUnue & écrire que c'est le roi do Prusse qui trompe. II m'est revenu d'ailleurs que le luigage de U. de Revfeld, dans les iosinufttioui qu'il fait dans le particulier, n'est rien moins que le même qu'il tient extérieoiemeat en donnant une f^ande publicité à INisa^o qu'il a bit dé ce qui lui rient da roi son malt». Les lueurs qui BUMoeaiflot la recherche d'une nentralitj ont disparu.
MiNinèu ns àwriutM trumliH. — (I
l'amboMode tmprè» de la Wii».)
àmeM n maridvU de MIe-f il«.
8 Rorembre 1741.
Quoique je soii pam&dé que riaa n'ait plui faqi que la prétendu traité du roi de Pruita «v«c la reino de Hongrie, je tremble ik tout moment qu'il se noui Miappe; on juge Tolontiers des autres par «oi-mSm» i U eat dans une inquiétude continuelle que la France na Tenills ftin la paix et si, malbeureusament, cette opinion l'affwmit dans sa tête, il croira faire une action de Hgeise et de prudence de nous prévenir,. . L'opinion du traité avec la
nim da Boqgrit inbuRte encora d«Di touta »a force. Voua senz ntdine surpris qawi Tom saunii que la cour daViaone, pour miens «ocr^dîter cette aouvelke, a trompé ses propres ministret, et qae, quand M, Ko«b eut a,YeoTam la dernière conféreuoa, il avait ordre de ohercliâr dei prétextes pour romprç U négociation, si vous aviei paru disposé à 1» suivre, al les nouveaux ordrat âtaiant fondas sur le traité qai viant de M oonolure,
HiNisT^K DBS AFFA1U3 étungAed, — [Correipondonce de l'ambassade auprès de ta Diile.)
Le marichal de Belle-Iste à Amelot.
Francfort, 8 novembra 1741.
Le roi de Prusse signe l'accassion au traité de Bavière ; mais, en mSme temps, vous aurez su la prise de Neisse, dont l'attaque, la défense et la reddition sont toutes propres à appuyer ta connivence que répand la cour de Vienne et qui est confirmée par toute l'armée prussienne. Il signe le traité le 4 novembre, dans le même temps qu'il voit l'Électeur en embarras, et peut-être en danger, sang qu'il veuille faire remuer un homme de ses troupes, pas même pour faire une diversion la plus facile et la moins périUeusa.
HiKiaiÈRK nis AFFAIRES tTRANSÈass. — {Correspondance de 8axe,)
Desaileurs à Atnelût.
Dresde, 30 octobre 1741.
Vous ne sauriez croire la crédulité que trouve ici la fnblc
de l'accommodement de la reine de Hongrie ; ce qui donne le plus lieu de le croire, c'est de voir le roi de Presse dsna l'inacli,oo depuis la retrute de H, de Neipperf; en Uoravie. Le nonce, le plus aatrichien de tous les nonces, m'a dit hier «u souper du roi, que le roi de Prusse trompait le roi et la reine de Hongrie. Je lui dis que je 4Tojais que ce n'était ni l'un ni l'antre, mais que la reine de Hongrie cherchait à se tromper elle-mfime.
lUpports do roi de Prusse et dn mAréchalde Brogllc. (Voir pif« ST.)
Les extraits de correspondance qu'on va lire montrent que je n'ai rien eiagfré en attribuant une influence réelle et radieuse sur le cours des événements à l'antipalhie 'ineiplicable de Fïédéric contre le conuDandant en chef de l'armée Trangaise:
HiHisTàu DU appahes étrangëiibs. — {Corretpondattce de Bavière.)
Amelol au maJ'éehal de Broglie.
li décembre,
. Pressez la fin de la guerre. Nous avons pour alliés le roi de Prusse et le roi de Pologne, et, si l'un des deux nous manquait, nous resterions à découvert. Le roi de Pologne est timide et méfiant, et dans la dépendance totale de la reine, qui fera des efforts continuels pour le détacher de la France, Le roi de Prusse est d'un carac-
tère' peu scrapulenx snr l'obserration des traités, hftnt et impérieux dans tout ce qu'il désire, et qu'il faut eitrâmement ménager, n'élant uniquement guidé que par son iolérët personnel, et qui n'aura d'égard pour ses alliés qu'autant qu'il croira qu'ils pourraient se passer de lui. En sorte que nous devons nous attendre que, si, & l'ouverture de la campagne prochaine, nôtre situation est encore équivoque, il voudra ordonner de tout en mattre et faire payer cher son assistance. Je souhaite qu'il n'y ait même rien de plus à appréhender. Un dernier trait vous aidera à juger du caractère de ce prince : — Les fautes qu'a faites l'électeur de Bavière loi ont coOté la principauté de Glalz. Le roi de Prusse n'eût jamais osé former cette prétention s'il avait conçu plus d'estime pour lui : il le méprise, il lai a mis le pied sar la gorge parce qu'il a cru pouvoir le faire impunément et .qu'il a senti le besoin qu'on avait de lui. A peine a-t-il su la prise de Prague, que toutes ses idées ont changé; il a fait un présent à celui qui lui a porté la nouvelle, ce que je vous citerai comme une chose rare el singulière de la pai^ d'un prince qui pousse extrêmement loin l'économie. 11 voulait dans le moment donner le titre de c< majesté >' à l'électeur dans la lettre qu'il lui écrivait. Il a sur-lechamp donné ordre de lui payer 200 écua à compte sur les 400 qu'il lui avait promis lorsqu'il serait en possession de Glatz ; il a fait marcher les troupes pour les joindre anx nAtres; il a marqué h son ministre k Hanovre d'agir en tout de concert avec H. de Bussi, et il ne parie plus que de projets de campagne prochaine pour pousser ta reine de Hongrie à bout; mais toutes ces belles dispositions s'évanouiraient bienlAt si un succès ne répondait pas à son attente. Vous voyez, monsienr, par ce que je viens de vous exposer, que notre situation, brillante en apparence
APPENDlGt 871
et qui «xdte la jalousie de toute l'Eurapfl, dâpend Gepen-< dant d'un asaemhlage de circonstances forcëei que 1« moindre événement peut désunir, et qu'il n'a jamais été
plus nécessaire de profiter des aranlages présents en donnant aux opérations militaires toute l'activité que la prudence peut permettre... Son Éminence croit que tous devez au plus tdt écrire une lettre de politesse au roi de Prusse. Vous savez qu'il avait une confiance totale à M. le maréchal de Belle-Isle; il est estrêmement à souhaiter qu'il veuille tous l'accorder au mSme point.
MimsiËRB DIS AFFAIRES ÉiRANGBiiES, — (Correspondance de Bavière.)
L« mairquU de Beouvou au eardinal de Fkury.
16 décembre 1741.
Je croirais trahir le roi et l'État si je ne rappelais pas à Votre Éminence que la personne de M. le maréchal de Bro^e n'est point agréable au roi de Prusse. Elle se soo vient qne ce prince se plaignait hautement de la fagoa dont il en avait été regu è Strasbourg, qu'il a m que le maréchal avait voulu le faire arrêter. Ce prince m'en a parlé dix fois h Berlin avec le ressentiment d'un homme qui n'est pas prêt i. oublier. Votre Ëminence doit savoir qu'il se conduit par saut et par humeur... Les fantaisies de ce prince ne diminuent rien du mérite de H. le maréchal de Broglie, que j'honore autant que peib somie, mais elles établissent une incompatibilité dont Votre Éminence regrettera peut-être les suites. Je sou-
baïte que me* pensées soient aussi f«a»M qu'elles ont éU Traies jusqu'à présent.
Mmurtaa M uMKtu ËTBAHGÊHEs. — (Correspondance de Prune.)
Le mar^ltai de BeUe-Uie m marjutt de ValorL
Prague, 20 décembre 1741.
La nouvelle de ma maladie est anÎTée avant ta prise de Prague et c'est ce qui s fait p&iiir le maréchal de Broglie. Je crois qu'on en est à présent fort fâché, d'autant que sa santé à lui-mfime n'est pas très bonne, et TOUS savez d'ailleurs les autres raisons que je ne mets pas dans cette lettre. Hait il y en a une entre autres que M. le cardinalaignorée, et à laquelle je n'ai pas fait d'attenUon, qui est que la personne du maréchal de Broglie sera fort désagréable au roi de Prusse. Ce prince a été très mécontent de sa conduite h. son égard à son voyage de Strasbourg, et il n'ignore pas qu'il a été au moment de le faire arrêter. H. de Beauvau m'a dit qu'il en avait parlé avec fureur et, en même temps, avec le plus grand mépris par rapport aux talents militaires, d'où il peut résulter que ce prince prit en mauvaise part ce choix d'un général avec lequel il ne voudra pas concourir et concerter, ce qui pourrait être extrêmement nuisible à la cause commune... 11 pourrait très bien arriver que M. de Broglie ne passera ici que l'hiver, sachant que ma santé se rétablit, et en effet elle va de mieux en mieux.
MmisriKK sis affiibks ÉntAitoiiUEs. — (Corrâgwnttoice de Prusse.)
te tltarquU de Valori ou maréchal de BeUe-ble.
Berlin, 23 décembre 1741.
(Il > TU le roi de Prasse.) Je dis & ce prince qua le principal objet de votre lettre à moi, était pour loi annoncer l'arrivée de H. le maréchal de Broglie à Prague. Je lui ajoutai confidemment qae j'étais chargé de mander comment il aurait pris cette nouvelle. « Vous pouvez, me dit-il, mon ami, mander que je l'ai pris fori^ mal. Je ne TOUS répéterai pas ce que j'ai dit l'autre jour. Si vous avez fait ce dont je vous ai cbai^, vous devez déjà en avoir écrit au cardinal. D'ailleurs, le maréchal est instruit de ma fa^on de penser, qui ne doit laisser aucun doute que je n'agirai que de ïoncert avec lui et que je n'ai nulle mesure à prendre avec d'auU^ et encore moins avec M. de Broglie, a
UnnstteB dbsapfaims ÂrKAnsiau. — {Correspondanet de Prusse, )
£e cardinal de Pleury à Fridérie.
27 décembre 1741.
On a envoyé le maréchal de Broglie parce que le ma£ réchal de Belle-lsle déclarait nepouvoir prendre part aux opérations militaires, et sa présence étant nécessaire à
374 APPENOCIR
Francfort, H fallait prendre des mesures pour ne pas retomber dans les fautes déjà commises. Il était le plus Toisin de la frontière, STiùt un équipage prêt à entrer en campagne. On ne pouvait deviner le succès d'une escalade ; sur ïingt entreprises pareilles, c'est beaucoup quand une réussit. Le maréchal de Belle-Isle est chai^ de la direction, le maréchal de Broglie n'aura que les opérations militaires et encore les opérations journalières. Le maréchal de Broglie s d'excellents parties pour «on métier : il est actif, vigilant, enlreprenanl et avait en Italie ta confiance du soldat; mais je suis péaiblemenl affligé de voir, par la lettre dont Votre Majesté m'» honoré du 20 de ce mois, que ce maréchal n'a pat la bonheur d'ÔLre de son goût. Je ne crois pas que Vota« " Majesté eiige que nous le renvoyions avec bonté qu'il ne mérite pas, et que nous le perdions de réputation. Ou ne pourrait même le faire sans danger dans le temps que les Autrichiens sont encore k Tabor, Budweiss et Neubaus. J'attends des nouvelles avec inipatience de l'entrevue dos deux maréchaux. Aussi Votro Majesté peai compter qu'il n'y a pas la plus tégéra diminution dans la confiance du roi pour M. de Relle- Isle et qu'il sera regardé toujours comme le seul mobile de tous nos desseins. Le phénomène de la prise de Prague est un phénomËue très important pour la cause commune, et le roi applaudit avec plaisir à tous les avis que Votre Majesté a bien voulu donner en conséquence pour en tirer le fruit que nous devons en attendre. Mon respectueux dévouement à votre personne royale aug mente chaque jour, ainsi que mon admiration pour vos talent! supérieurs.
IPPBNDIGB
MiNiBTÈHï DES APFAIB113 ÉTHANaSBEs. — (Comtpondance de Saxe.)
Desalleurs à Amelot.
Dresde, 13 juillet 4741.
Je suis d'autant plus croyable, que je croirais ma fortune ruinée, si je disais une Térité utile k TÉtat, et que je ne la dirais pas moins. Vous pouvez donc, monseigneur, me regarder comme d'autant plus impartial pour cet incident etparce que je a'aijamaisparlé qu'une fois enma vie àce maréchal(de Broglie), et queje ne le coonafs que de répntatlMt. Lei lettres qui sont Tenues de Bohême et qui parlent du mauvais accueil qu'on lui a fait, et du chagrin qu'on a eu de le voir doivent vous paraître suspectes. Son arrivée a étonné tout le monde, mais elle a rassuré les esprits inquiet», qui ont senti la nécessité qu'on avait, par la maladie de H. le maréchal de Belle-lsie, d'avoir quelqu'un en qui l'on dût avoir confiance. Cette idée s'est justifiée: les gens sensés et les honnêtes gens conviennent que tout ce qu'il a hit à Piseck a été tràs utile. Je vous dirai plus, et vous pouvet en être s(tr, qu'an train que prenaient les affaires et h l'incertitude dé H. d'Aabigné, Bans U. de Broglie l'armée du roi serait actuellement sous le canon de Prague. Le comte de Saxe en est convenu avec moi... M. de Marcieuz m'a dit, en passant, qu'il était temps qu'il vint & l'armée par le malheur que pouvdt occasionner l'état de H. de Belle-Isle, et tout cela m'a été certifié parl'envojéda Bavière qui était pour lors k Prague. Ha lettre da IS vou fera sentir que les ministres de Saxe ont parié 4t waèm». Vous ponvn être
tranquille sur l'effet de ces lettres : elle* n'influent pas sur cette cour. La confiance 7 est entière, et je l' entretiendrai de mon mieux. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le maréchal de BrogUe a Crouvé les choses en très mauvais état, et qu'il Mt chargé dans ce moment d'une besogne difflcile et critique.
UiNisiiRB DR9 AFFAiBis iTKANGËiBB. — {Correspondance de l'ambassade auprès de la Diète.)
Le maréthal de Belle-Isle à Amelot.
Francfort, 30 janvier 17*2.
J'envoie copie de la lettre que me fait l'honneur de m'écrire le roi de Prusse, sur quoi je ne tous cacherai pas la peine sensible que je ressens de voir les termes méprisants dans lesquels il s'eiprime sur le compte de H. le maréchal de Broglie. Tai même hésité & tous envoyer la copie des précédentes lettres que j'en ai reçues, et que je ne tous ai fait passer que parce qu'il est de mon devoir que Sa Majesté et M. le cardinal soient informés de tout. J'ai fait tout ce qui m'a été possible pour ramener ce prince, et ce que tous verrez que je marque à M. de Valori dans la copie ci-jointe : je lui ai écrit encore plus fortement dans mas précédentes lettres, et surtout dans ma première immédiatement après que M. le maréchal de Broglie fut nommé; mais M. de Valori m'a mandé que tout était inutile et que la prévention était irrémédiable. J'en ai parlé sur le même ton aui généraux pm^ siens et an roi de Pologne, à ses ministres, , à M. Desalleurs. J'ai affecté de leur mander et de leur dire que je ne comiaissaii point ua meilleur général, ni plus capable
que M. de Broglie, que j'avais été souvent témoiu à la guerre de sa bonne conduite, que l'afiaire de la Seccliia mdme, qu'on lui reproche, lui avait fait très grand honneur par le courage et le sang-froid avec lequel il avait rassemblé les troupes de l'arriëre-garde de l'armée. J'ai un peu mieux réussi auprès des Saxons, quoique très mécontenta qu'on n'ait point marché à Piseck; mais, pour ce qui est du roi de Prusse, tout ce que j'ai pu dire et écrire n'a fait que porter ce prince à en dire davantage ; j'en suis d'autant plus peiné, que, connaissant autant que je le fais le monde et le nombre de gêna qui ne me veulent pas de bien, je ne puis douter que l'on m'impute peut-^tre une partie de tout ce qui se dit et s'écrit dans notre armée contre ce général ; mais je crois être trop connu et de Son Ëminence, et du ministre et de de tout ce qu'il y a de plus Tortueux et impartiaux, pour que l'on puisse y ajouter la moindre foi. Je suis citoyen, et je veux, par préférence à tout, l'honneur de la nation, la gloire dn roi et le bien de son service. Je voudrais le prouver décîeivement en y sacrifiant ma propre vie; c'est moi qui ai dit tout le premier qu'il m'était impossible de vaquer à deux aussi grandes choses à la fois, et j'ai fait le sacrifice dn commandement de l'armée pour cette raison.
JrfiNEsT&u Eli u ODXRHB. — {Corretpond'incet <Hver$es.)
Dubrocard, géiténU d'artillerie, au marquii de Breteuil.
22 janvier 1742.
Je commence k m'apercevoir que tout le canon que nous avons ici ne nous servira de rien. Le roi de Prusse
rient de marquer combien peu il ûme U. d* Broglîs, ne lui i^utt fait p&rt d'aucun de ses projeta, ce que M. le maréchal ne ressent que trop, puisque, bian loin de chercher i le radoucir et de former dea arrangements avec lui directement ,Je vois clairement qu'il va le hraTeri de façon que ce prince mettra son bonnet de travers «t s'en retournera à Berlin, en disant qu'il a. fsàt tout ce qui dépendait de lui... mais qu'on s'a voulu l'aider en rien,.. Je conviens du tort qu'a le roi de Prusse de n'avoir pas marqué quelque attention pour celui qui commande tes troupes du roi de France : quand il serait peT£onne^ lement son plus grand ennemi, l'agitsant da le l&ia«er commencer et dans un temps auiû critique, od il f&ul que toutes choies soient exactement combinées, il dorvenait qu'il on usât tout autrement. M. le maréchal d9 Broglie a fait les premières déroarobea... Mais w mfime lampa c'est que le roi do Pniiie sa fAefaera, soa prqjet étant interrompu, et e'est cette ntcharie qu'il faudrait éviter, en faisant entendre raison jt ce prinee et m mettant tout en usage pour y parvenir ; en ne le faisant pas, je prends la liberté de dire que notre maréohal a tort et que las conséquences en seront grandes.
HiNisrâHB DES'AFFAiBBs ^EANGËBBs. — (Comspoiulanee if Bavière.)
Le comte de Saxe au confinai da nwry.
Pitseck, 2 février 1742.
Votre Éminence veras par la iaitre du raj de Pmsse du S8 du passé, quelle sont ses vérltablss Intanilons
APPXNDIfll 319
je ne m'y suis jamais mépris ; je ne sais qui a fabriqué ce projet, mais tes Frances qui sont ici ne consiste can ii millo hommes, et il me parel danger eux que lea Saxons san éloigne au poîn de luaitre 40 mille hommes entre eux et les Frances sans nulle communication et sans pouvoir se rejoindre. Sai se qui a fait monseignieur, que je m'y sais opposés de toute mes forces, si j'ay fait une faute, je vont rappli» de me la pardonner.
tTSAMoian. — {Comtpondanee àe Prune.)
la marichdt de Broglie à Amtot. n
Piseck, i9 février 1742.
Je tali la mpeet que je doit aui têtei oouronoéei et js ne m'en suis jamais écarté. Je crois qu'il j a peu de geni dans le royaume qui aient vécu autant que moi avec des rail, comme le feu roi d'Angleterre, celui d'ai^ourd'hui et le rai da Sardaigne ; quud je les u quittai, c'était avec leur bienveillance et leur estime : le portrait que TOUS me faites du roi de Prusse est si bon, que je défie à Rigaud d'en faire un meilleur. Le roi de Pologne m'a fait l'honneur de me mander qu'il me donnait la même autorité sur ses troupes qu'il avait donnée h M. le maréchal de Belle-lsie : il est yrai que le roi de Prusse n'a pas fait l'honneur de ra» donner la même; mais je ne vols pas que cette autorité qu'il avait donnée à If. le maréiÀal de Belle-IsIe lui ait beaueoup servi, quoiqu'il ftilmit»u> i4ment bien des oooailoni de |e faire.
APPBNDtCK
Saxe.)
DeiaUewê à Amelot.
Dresde, 19 avril 1742.
H. de Neubourg, offlcier de mérite parmi les Saxoas, est revenu hier de Piseck, où il avait été régler l'écliange des piisonniers pour cette cour. On ne peut faire des éloges, ni un rapport plus flatteur et plus satisfaisant, que celui qu'il a fait au roi de Pologne et qu'il a rendu public dans la cour et la ville sur les qualités militaires, sur la fermeté et les bonues dispositions du maréohal de Broglie. Depuis le roi de Pologne Jusqu'au plus petit* il est ici dons une estime que je ne puis vous exprimer. On compte lui devoir ici le salut de la Bohême et de la Saxe.
MiNiniBi DU AVFiius ËTBANaftais. — {ComtpondaMe ae
Bavière.)
L'empereur Charles VU à tottîs XV.
Voire Majesté voit par là combien le roi de Prusse
a été traversé ; mats il faut bien qu'elle sache que ce n'est pas seulement à lui, mais au maréchal de Bélier Isie qu'on a voulu faire pièce, sachant d'un côté l'enliére confiance que tous les alliés ont en lui, et, de
l'autre, l'aTersion parfaite que le roi de Prusse a pour la maréchal de Broglie. Je ne yeux certainement foire de mal & personne et prierai au contraire Votre Majesté de vouloir faire jouir ailleurs de ses bontés ces mSmes personnes qui, pour le bien de la cause commune, seraient à souhaiter hors de portée d'embrouiller les choses. Hais enfin il faut bien que je l'instruise de toutes ces chicanes. J'ai toujours estimé et estime encore le maréchal de Broglie ; mais, après les infirmités qu'il a essuyées, il est plus susceptible qu'il n'était autrefois de se laisser mener par d'autres : il est plus que visible que, dans cette occasion, le comte de Saie a conduit tout ce que je viens d'exposer... Quant à moi, sans leur porter aucune aversion, je fais cause commune avec le maréchal de Belle-Isie, et, comme j'ai réglé toute chose de concert avec lui, il est tout naturel que je n'aime pas à voir détruire ce que nous avons fait pour le bien commun, mais encore de nous voir tous les jours au point de perdre un aussi puissant allié que le roi de Prusse, Les intérêts de Votre Majesté en souvent tons les premiers, puisque, lorsqu'elle agit avec tant d'amitié et de générosité envers moi, ses intentions ne pourraient être remplies dans le temps que son général contrecarre tout. Qu'elle veuille bien réfléchir au parfait concert qui régnaiL entre ses alliés, dans le temps que tous compromettaient pour ainsi dire dans le marédksl de Belle-Isle. C'est ce que je la prie de rappeler et, n'ayant que ce seul maréchal avec nous, qui nous a tous i^unis, qui connaît nos intentions et oui a toute notre confiance, les dioses ne sauraient qu'aller bien et d'un parfait accord. Ce récit a de quoi ennuyer Voire Majesté, étant extrêmement loug, mais il ne faut rien épargner, pour dire la vérité et surtout & un roi qui sait l'entendre.
ma AFPBHOICI
ILiwtttii Ml àttÉom fenuKtteM. ~* ^MtOfOtdiMec de BaviiM.)
LetàMXFàCkarietVn. '
Mu, 1741.
fai M ftVK pelno le njet de mleontenteracnt que Voira Haj'eBté croit &<roir de la conduite du maréchal de Broglîë. Comme Je n'fti rien de plus à cmnr que les inté> rfiu de Votre Majesté et que J'ai m6me sacrifié les mtenft en rerusant tous les av&Dla^es qui ni'Dnl été ofl^rts, si j'aïais cru «voir Un tnellleUT gênera), Je l'aurais choisi pour mettre à la tfile de mes armées d'Allemagne. Là grande eipêrience du maréchal de Broglie ainsi que le zèle que je lui comiais pour la gloire de Votre Majesté m'ont déterminé àlui domier toute ma conElance, et je ne pourrais la donner aussi entière à aucun autre. S1I follaîl rappeler en détail toutes les causes de mauvais suiscèi que mes troupes ont éprouvée en Bohême et du peu de concert qui a fait échouer toutes les opérations, il serait facile de voir que ce n'est pas ftu maréchal de Bro^ie qu'on peut les imputer. Votre Mt^estë n'a pas été, sans doute, instruite du mauvais état dans lequel liait l'armée dont il a pris le commandement, lorsqu'elle lui Kptodie Bon inaction. Je pourrais avec plus de raison me plaindte du peu de secours que nos troupes ont trouvé eti Bavière, et de plusieurs mauvaises maniBuvrcs que Je ne Veux pas relever, he maréchal de Belle-Isle doit Sire bien flatlS de ■a préférence que Votre UsJëstS lui donne. Je Cdtintds tous ses talents et son attachement pour la personne de Votre Migesté. Mais Elle peut juger Ëlle-teSsie paisqu'il b l'honneur d'être auprès d'EOe , s'il est en étal de ftii» les fonctions de général. Sa santé le rend a]»oltlinent tnca-
IPFBNDICB 383
pable dans le moment présent, et il me le cerljile luimSme dans toutes ses lettres. le prie donc Votre H^esté d'ajouter moins de foi aux rapports infidèles qui lui sont faits sur le maréchal de Broglie et de lui marquer un peu plus de confiance. C'est le moyen d'augmenter son zèle pour les intérêUde Votre H^estê. Urépondra aux bontés que Votre Majesté voudrabienlui témoigner. J'ai gardé le plus grand secret sur tout ce que Votre Majesté m'a, écrit à son sujet et il n'en jiarriendra rien sArement à sa connaissance.
HiHiBitBB US AFFAIRES trRANGJiiifl. — (CoTTeêpondanee de Beriin^
Dans un mémoire quî est joint à nne lettre au roi de Prusse, le cardinal de Fleury revient sur les raisons qui ontnécessité l'envoi du maréchal de Broglie.
«G«maréc!ial,dit-il,a set défauts comme tous leahonmies mais il est audacieux et entreprenant et il a Tamitié des soldats. On lui donnera le commandement de l'armée de Bavière pour l'éloigner du roi de Prusse ; mais Sa Miyesté Prussienne est humblement tuppliée de vouloir bien s'expliquer sur un article aussi important. Quelque embarras qu'il ; ail à envoyer en Bavière un autre maréchal de France, si celui de Broglie lui déplaît, et qu'elle n'en soit ptts c«nteiitei il ne faut pas songer à lui... Si an contraire ce prince est d'avis de ne point changer, je prends la liberté de lui représenter qu'un mot honnSte et poli de sh part au maréchal le rendra souple el docile & toutes «es volontés : le prince a souverainemeàt l'art de gagnSr les cœurs ; celui de H. de Broglie ne lui âJuippera pas quand elle voudra.
Inqnlétadn des mlntstres et des géaèraiix français lor lea dlapMiUoiu de Frédéric à la TelUe de *a déCection.
UcNcsTËRB fta ^ypAiREs tTBANOÂBEs. — {Comgpondonee
dePrusàe.) '
Le cardinal de Fleury à Frédéric.
i" février 1742.
R (H. de Chambrier) m'accable de questiona et voadrait que je lui communiquasse les letti«s dont elle m'honore, ce que je ne fais à personne du monde. Nob conférences, qu'il prolonge autant qu'il peut, se passent en des lieux communs de politique sans en réduire une seule à l'application aux affaires présentes. Il me Cfùt perdre beaucoup de temps et c'est tout.
APPENBICB 385
HiNisTiu d8 irrxmsB ËTRAnGÂREs, — (CorreipOFuJaRM
de Saxe.)
Lettre du m^chtU de Belle-ble à Deiaileurs.
Francfort, 11 février 174%.
Bien ne reiBemble dang le monde au chaos de soupçons et de faux raisonnements dans lequel la cour de Dresde se perd. Rien ne peut la tranquilliser sur la droiture du roi de Prusse : on le suppose toujours de vue contraire à la cause commune. On trouve du mystère partout. Comment peut-on employer son imagination à s'égarer ainsi? -^ On parviendra peut-Atre à le lasser et à le révolter tout à fait... et je ne dis pas qu'avec une telle conduite on ne lui ferait pas naître l'envie de nous régenter et de nous tenir en tutelle ; — mais pour moi je ne serais pas en peine sans j employer ni la méfiance, ni l'humeur, ni l'aigreur, que je vois qu'on j mêle, d'engager le prince aux choses les plus utiles à la cause commune... S'il est vrai qu'il se soit expliqué aussi clairement qu'il le dit contre l'idée d'aller & Neubaus, c'est qu'on le barceUe et le tracasse mal à propos.
HiNUTàBB DES APTAiEBs ÉTBANsitBss. — {Corropondonee de ^ambassade auprès de la Dièie.)
hemariehal de BelU-Ule à Desalleurê.
Francfort, 13 févrierl74a.
Si j'avais été àportfe d'exécuter, comme je l'avais été
de conseiller, Je n'aurais contredit le roi de Prusse sur rien, jusqu'à la prise d'Iglau, ellorsque, apràs cette expë* ditioa, j'aurais tu qu'elle n'aurait pas répondu à tout ce que le prince s'en promettait, c'était alors qu'avec douceur et insinuation, je lui aurais représenta qu'après avoir pcns£ comme lui, et n'avoir pas douté un instant de la retraite totale des ennemis du cercle de Bohème, - puisqu'ils étaient assez fous d'avoir osé s'y trouver, c'était iB moment de mutiier k «ux pour Iw an punir et en délivrer le« alUés, en les «cnblant, que j'«ur»i8 tàohé ds lui «R montrer les fedlitéB, qui râsultaient de sa ja^ Aiére démarche, et qae j'aurais mis tonte mon industrie à ftire Tenir poar ainsi dire cette r^olalion de Ini* même, comme étant une 8uit« naturelle de la honte de ses premières dispositions. Je croyais que celle méthode aunit beaucoup mieux liussi que celle de lo td&mer et lui résister dtu^ment, comme <m &v«it fait; mats, si après toute cette oomplusance j'avais trouvé le roi de Prusse inêbranlablement lësolu 4 s'enfbncer dans la Moravie, c'était alors que j'aurais représenté à ce priQC« qu'après s'être trompé dans sa première supposition et voulant proposer une seconde disposition contraire à la cause commune, il ne devait pas trouver mauvais si les alliés di««halent à se rapprocher et se mettre en force à l'abri de tout événement et défendre la Bohême et Prague... que si, après une pareille oondaite, on n'eût pas réuni, du moins était-il à «mira qu'on ne lui aurait laissé aucune excuse, au lieu que, le tracassant comme on faisait, en lui montrant d'éternelles oppositions et nne méfluiee uns égale, on lui avait fourni les prétextes les plus plausibles pour rejeter toute la faute sur nous en nous taxant de faiblesse et peutrAtre d'io^aUtude.
APPENDICB
UiNinàRS DES APFAIRK3 ÉTiiA»GËRE3. — fCotTespoiuIance de Bavière.)
Le cardinal de Pleury m maréchal de Selle-Isle.
n mai 174^.
Vons aurez apparemment entretenu le roi de Prusse et je souhaite que tous en ajez tiré des paroles plus claires et moins énigmatiques que tout ce qu'il m'a écrit. S'il persiste à ne vouloir pas quitter sa chère Silésie et à laisser ses troupes y jouir d'un doux repos et vivre aux dépens d'autrui, ce sera tin allié non seulement inutile, mais encore très préjudiciable. Si vous et M. !e maréchal de Broglie devez employer toutes vos litmières, tout votre bon esprit pour le service du roi, je suis bien assuré que vous n'aurez point d'autres vues que celles de nos succès, et que vous êtes tous deux trop au fait pour ne pas convenir ensemble du meilleur parti que vous aurez à prendre. Mais, si par malheur {ce que je puis appréliender jusqu'à un certain point), vous étiez tous deux d'un avis différent, et que vous eussiez le temps de consulter le roi de Prusse, il pourrait alors vous concilier et vous accorder. Si enfin cela ne se pouvait pas, ce que je regarderais comme le comble à nos maux, en ce cas vous suivriez l'ordre du roi contemi dans mon autre lettre.
Nous sommes dans un moment si critique, que la tête m'en tourne, et je n'y vois de remède que quelque succès
éclatant pour relever notre crédit et calmer la fureur et la jalousie des Anglais et des Hollandais. U noua faut une victoire, et de petits avantages qui ne feraient que prolonger la guerre seraient aussi niîneui pour nous qu'une défaite.
NfgoctaUoD de la France a'
Les pièces ci-jointes contiennent toutes les indicatioiis que j'ai pu trouver sur les prétendues négociations entretenues par le cardinal de Fleury avec Harie-Thérëse, à l'insu du roi de Prusse.
MiHisTiHi DBS AFFAIRES ÉTRANGÈRES. — {Correspondaactde l'ambassade auprès de ta Diile.)
Le cardinal de Fleury au maréchal de Bttte-hte.
39 septembre 1749.
H. Wasner en a fini en m'insinuant qae, si i'on pouisait la reine à bout, elle serait forcée à se jeter entre lea bras du roi de Prusse ou de quelque autre prince qui pât la garantir du dépouillement entier. Je lui répondis tout «mplement que l'électeur était très modéré et tris raisonnable et ne pousseriût pas ses prétentions si loin, û
APFENDICB
la cour de Vienne loi faisait un parti convenable. Je croîs que, sans paraître instruit, tous deyez écouter son député et le laisser venir de lui-même. le ne puis vous dire avec quelle impatience j'attends l'élection d'un empereur, laquelle seule peut fixer l'eiécutioa de nos projets.
MiNisTâut DES AFFAIRES ÈrKANGËKES. — {ComspmdaïKe de Vienne.)
TDicent, chargé d'affairei de Frtmce, à Amelof,
Presbonrg, 2 novembre 1741.
H. Koch est de retour depuis quelques jours. Un «Agneur de cette cour, en qui la reine a toute conâance, quoiqu'il ne soit pas Allemand, m'a dit que les propositions de M. de Belle-IsleàM.Koch étaient si exorbitantes, que Sa Majesté ne pouvait les accepter, et qu'elle élait sur le point de se jeter dans les bras des Anglais et da s'en remettre au sort des armes : d'autant plus que la réponse que H. le cardinal de Fleury a faite à la dernière lettre de cette princesse, quoique polie, fermait la porte h toute négociation, et na donnait pas mdme lien d'en écrire une seconde pour demander des explications. Ce seigneur m'ajouta que la reine de Hongrie aurait entièrement abandonné les Anglais et se serait prêtée à toutes les vues de ta France contre cette même nation ù Son ' Éminence avait voulu écouter Sa Majesté.
UiNisibis DIS AFFAiBEs ËTSANoËREs. — (CotTeJiwniJimce de
Vienne.)
Vincent à Ametot,
Vienne, 3 janvier i742.
M, le comte de Richecour, chamïiellan de la reiae de Hongrie, est venu ce matin chez moi de la psrt de Sa Majesté, pour me dire qu'Ëlle avait résoin d'envoyer secrètement, à Paria, une pergoime de confiance pour faire de nouvelles propositions au roi, et me demander si je croyais que cette personne pût être écoutée de M. ie cardinal de Fleury. Je lui ai répondu que je ne doutais pas que Son Éminence nereçût toujours bien tousceux qui viendraient de la part de cette princesse, mais que j'aurais l'honneur d'en écrire à Votre Grandeur. Il m'a ajouté que la reine avait pris cette résolution sans en parler à aucun de ses ministres, excepté à M. de Barlenstein, et qu'il me priait de tenir la chose secrète, ce que je lui ai promis. Suivant ce qu'il m'a dît, je puis croire que Sa Majesté a jeté les yeux sur M. de Cordouepour le charger de cette commission. C'est un seigneur espagnol très sage et fort partisan des Français et dunl je ne doute point que M. ie ministre de Mirepois n'ait parlé à Votre Grandeur,
Mi«isiÈHB DBS iFFAiBEs ÉTSASGÈBi3. — [Correspondance de Vienne.)
Vvtcent à Amlot.
Vienne, 6 janvier 1743.
, de Bichecour revint le lendemun :
392 APFENDICB
ajouta qu'il sait positWement que, si cette princesse poavait espérer de conserver la. Bohème et la Moravie, elle s'en rapporterait à tout ce que Son Émioence déciderait pour contenter les alliés du roi, el qu'elle ne ferait aucune difficulté de céder la Silésie, outre les États qu'elle possède en Italie et en Flandre.,. 11 m'a dit que la reine aimerait autant se voir dépouiller de ses États que de céder la BohCme et la Moravie, parce que la Hongrie ne pouvait pas se soutenir, sans l'un ou l'autre de ces deux pays, et que cette princesse serait exposée à perdre encore ce dernier royaume, qui ne manquerait pas de se révolter à la première occasion.
HjNisràKB DBS AFFAiBBs ËTBAiTGtilKS. — {Cotrespûndoitce de Vienne.)
Amelot à Vtncmf.
18 février 1742.
Si la reine de Hongrie veut conserver la Bohème et Ia Moravie, toute la bonne volonté de U. le cardinal devient inutile, et ce ne serait pas la peine d'entamer une négcf ciation sur des principes que le roi n'est pas libre d'admettre.
MiNisTiRE DBS APFAiBES ÊTBANG^BEs. — {Cotreipondonce de Vienne.)
Un H. Egherti, qui a des intérâts en Toscane, est supposé venu pour trait«r de ta part du cardinal de Fleury. 11
désarone cette mission par ane letlre osteusible. Le 4 mars, Amelot donne ordre qu'on le fasse partir,ne trouvant pas le désaveu suffisant
H. d'Ëgherti, avant de quitter Vieime, écrit lui-même &n cardinal. 11 résulte de sa lettre qu'il i^'avait aucune mission: aie m'empressai, monseigneur, écrit-il le 16 mars 1743, de donner la déclaration qui m'était demandée dans la crainte que le rai de Prusse, qui passe à Vienne pour un vrai papillon, ne saisit ce prétexte assez frivole pour rompre avec le roi et se réconcilier avec la reine. La reine, à mon départ, était sur le point, disaitron, d'éclater et de marquer à toute l'Europe son indignation en rendant public un prétendu traité signé du roi de Prusse, au mois d'octobre dernier, par lequel ce prince promettait à la reine de ne point sortir de Silésie. Ce traité allait paraître aux yeux du public, sans les vives instances de U. Robinson, qui ont produit l'effet qu'il en attendait.
UiinsiiBi BM AWAiBtB ÉTitAHofisis. — {Correspondoiuit iatercepUe de la Ligaiion de Prusse.)