FRÉDÉRIC 11 ET MARIE-THÉRÈSE
mangent. Tous les officiers concourent à la bonne discipline, etTespriten a passé jusqu'aux soldats. » Et un autre ofûcier général, écrivant à Belle-Isle, disait: « Nous avons changé et tourné la tête de tous les Allemands '.» Dansées excellentes conditions, la marche fut rapide et facile, et, dès le 10 septembre, les années alliées campaient devant Lintz, cbef-lieu de la Haute- Antriche, à trois jours de Vienne. L'électeur fit son entrée solennelle dans la ville, que les autorités autrichiennes' évacuèrent sans essayer de résistance.
Comme il arrive quand on est en bonne veine, les succès diplomatiques répondaient aussi vite que les progrès militaires aux espérances des alliés. On apprit tout à la fois que la diète de Suède, prenant confiance, se mettait en liostilité ouverte avec la Russie et que le roi d'Angleterre, tremblant dans le Hanovre à la seule apparition du corps d'armée du maréchal de Maiilebois, expédiait à Versailles un envoyé
1. D'Aablgni à Belle-Iale, 30 août; Maurice de Sttse à Dcltc-lsle, 23 août; Ségur à Beilc-Isle, 31 août. (Miuistèra de la guêtre. Cori'espondances diverses.)
HARIE-rnÉRÈSE EN HONGRIE 33
chargé de demander grftce pour son petit État. En retour, Fleury, d'accord avec Frédéric, lui fit offrir la garantie de la neutralité du territoire lianovrien moyennant qu'il cessât de faire opposition à l'élection bavaroise : raccommodement fut accepté. Quand cette défaillance fut connue (et elle ne tarda pas à l'âtre), ce fut un désarroi général parmi tous les partisans de Marie-Thérèse. Vainement George assurait-il qu'il traitait en qualité d'électeur et non pas en qualité de roi ; vainement le cabinet britannique, Walpole en tête, prétendait-il ne pas même connaître une transaction qui ne regardait pas l'Angleterre, cette distinction plus nominale que réelle entre des qualités et des intérêts si étroitement unis ne trompait et ne rassurait personne. La défection d'un si puissant allié paraissait le signal de la désertion universelle '.
1. Le traité da roi d'Angleterre avec la France, garantissent Ja neutralité da Hanovre, hit signé le 27 septembre, mais les négociations commeucèrent à la fin d'août et étaient connues dès cette époque. (H. ae Buasy à Amelot, 6 septembre llil. — Correspondance d'Aagteterrt Féiieiou à Amelot, 20-20 septembre n*l. — Correspondance de Hollande, ministère des affaires étrangères.) Celt« deniiàre correspondance atteste l'effet désastreni pour les amis de Harie-Thërésa produit eu llollejide par la défection dn roi d'Angleterre.