Valori à Amelot, 2 décembre i
lité d'ambassadeur de famîUe, trouva moyen de pénétrer jusqu'au roi et de lui demander à brûle-pourpoint, par oui ou par non, s'il avait l'intention de maintenir la Pragmatique et Tindivisibilité des États autrichiens. « Que dois-je, lui dît-il sans détour, écrire en Angleterre à ce sujet? » Frédéric rougit. « Je sais, reprit-il avec hauteur, que vous n'avez point d'instruction qui vous autorise à me faire cette question, et, si vous en avez reçu, je n'ai qu'une réponse à faire : l'Angleterre n'a aucun droit de me demander quels sont mes plans. Je ne lui fais point de question sur ses armements maritimes ; je me borne à faire des vœux pour que vous ne soyez pas battus par les Espagnols. »
« Je lui répondis, écrit l'agent anglais, que ce n'était pas par une curiosité indiscrète que je le questionnais, mais parce que j'étais inquiet de voir qu'il s'engageait dans une entreprise dont il aurait plus tard lieu de se repentir, — Le roi s'ouvrit alors un peu davantage et me dit : « Mais jô n'ai en vue que le bien général. J'ai examiné mes desseins avec soin; j'ai
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pesé les inconvénients et les avantages qui pourraient en résulter pour moi et pour le public, et j'ai conclu que je n'ai rien de mieux à faire que de les exécuter rigoureusement.. ♦ L'Autriche est une puissance nécessaire pour lutter contre les Turcs, mais elle ne doit pas en Allemagne avoir une puissance assez grande pour que trois électorats ne puissent lui tenir tète. Je sais bien que vous, comme la France, vous voulez mettre tous les princes en tutelle, mais je ne veux être guidé par aucun de vous deux et, quant à vous, voua ressemblez aux Athéniens, qui, pendant que Philippe de Macédoine était prêt à les atta* quer, perdaient leur temps en discours ^ »
Quand tout était ainsi en rumeur à Berlin, il semble que c'est à Vienne surtout que Témotion aurait dû être la plus vive. Mais, chose singulière, de tous les centres politiques d'Europe, Vienne fut au contraire celui où on prit souci le plus tard des dispositions belliqueuses de Frédéric. Ce ne fut pas la faute du résident
i. Raûmer, Beitrage zur neuen Oeschichte, t. n, p. 82 et suiy«
autrichien à Berlin, Demerath, qui avait donné l'éveil dès le premier jour. Mais la jeune reine répondait à ces sinistres pronostics par un sourire incrédule. Douée d'un courage et d'un génie qui devançaient les années, Marie-Thérèse gardait encore quelque chose de la confiance ingénue et des honnêtes illusions de son âge.
N'ayant encore fait la cruelle épreuve ni de la perversité humaine, ni delà sécheresse égoïste des politiques, elle croyait au bien, à Thonneur, à tous les nobles sentiments qu'elle portait elle-même gravés dans son cœur.
Elle ne voulait douter ni de l'amitié don* Fleury lui envoyait de mielleuses protestations, ni de la reconnaissance d'un prince dont soe pfere avait sauvé les jours. Le grand-duc, de son côté, qui avait connu Frédéric dam sa jeunesse, comptait sur son amitié. Frédéric, de plus, avait confirmé les deux époux dans cette ^onne opinion en leur reconnaissant sans diffi- Ité la qualité royale, et en engageant par son exemple le roi de Pologne à en faire autant* C'était mie résolution captieuse dont on devait comprendre le But plus tard^ mais qui, à la pre^
miëre heure, causa tant de joie à Vienne, que le - grand-duc disait au ministre de Prusse : « Vraiment le roi se conduit envers la reine et moi comme un père, et jamais nous ne pourrons nous acquitter des obligations que nous lui avons. » Persuadée qu'elle avait trouvé dans ce bon voisin un cœur capable de s'intéresser au plus cher objet de ses pensées, la reine poussa même la naïveté jusqu'à lui demander sa voix et son appui pour le grand-duc dans le collège électoral, en lui promettant en récompense une éternelle affection. Quant à ses vieux conseillers, s'ils ne partageaient pas cet aveuglement de la tendresse conjugale, leur inertie et leur paressse s'en accommodaient.
Quand on parlait de l'humeiu: remuante du roi de Prusse : « N'ayez souci, disaient-ils, en secouant les épaules, il sera comme son père, qui a toute sa vie armé son fusil et ne l'a jamais déchargé. » Le vieux Bartenstein, seul, était plus sombre. « On ne sait, disait-il, ce que c'est que ce jeune homme, et j'en avais bien prévenu feu Tempereur, quand ij voulait absolu-
ment écrire à son père pour lui sauver la vie*. » Vers le milieu de novembre pourtant, Thorizon s'assombrit de manière à frapper les yeux les moins clairvoyants. D'une part, une concentration de troupes menaçante s'opérait sur la frontière de Silésie, où les possessions de l'Autriche confinaient à celles de la Prusse. Puis, l'attitude du ministre de Prusse à Vienne, le conseiller de Borcke, d'abord très bienveillante, changeait à vue d'œil, d'une manière significative. Il ne parlait plus que sur un ton de Jérémiades compatissantes de l'état désespéré de la maison d'Autriche en butte, disait-il, à trop d'inimitiés pour pouvoir leur faire tète à elle seule. Il lui faudrait des alliés, ajoutait-il^ mais on n'a pas d'alliés si on ne sait pas les payer ce qu'ils valent, car personne en ce monde ne donne rien pour rien. La phrase de la lettre de Frédéric à Algarotti que j'ai citée, où il était dit que le grand-duc avait la gangrène et ne pouvait guérir que par une opération douloureuse, circulait et donnait lieu à des commen-
1. D'Arneth, t. i, p. 110, 372. — Droysen, t. i, p. 172. — {\nx\meT, Beitrdge zur naicn Gcscfr'chfC; t îi, ^ 102 a suiv. I. ^
taires. Gangrène était une métaphore assez elaire qui se comprenait d*elle-mème. Mais Fopération, quelle était-elle et quel chirurgien s*offrait à la faire? Il fallut se décider à tirer au clair ce que signifiaient ces offres conditionnelles, que personne n'avait sollicitées, faites au prix de sacrifices indéterminés. La mission d'aller 8*en expliquer à Berlin fut confiée à un vieil Italien de grande expérience, le marquis de Botta d^Adomo.
Botta était un compatriote de Machiavel, dont il avait compris, peut-être pratiqué plus d'une fois dans sa vie, les maximes, bien qu'il n*cût pas employé sa jeunesse à les réfuter. Il ne fut pas plus tftt de l'autre côté de la frontière, que la vue des préparatifs militaires opérés de toutes parts ne lui laissa aucun doute. Tout était prAt pour une marche agressive dont la Silésie était l'objet désigné. Il arriva à Berlin tout ému et jetant feu et flammes. Une audience qu'il obtint aussitôt ne le rassura ni ne réèlaira. Frédéric semblait attendre de lui quoique proposition au lieu de lui en faire et ne le mit sur la voie d'aucune ouverture. Et,
tNVASiON DÉ LA SILÉSIB lll
comme pour amener la conversation sur !• sujet des armements^ Boita insistait sur la mauvais état où il avait trouvé ks routes, défoncées par des convois de troupes dans la saison d'automne : « Je n'y vois pas grand inconvénient, reprit le roi avec indifférence^ excepté de faire arriver les voyageurs un peu crottés. » Vers la fin de l'entretien cependant^ il consentit à dire que son ministre à Vienne était chargé de faire connaître à la reine ses intentions, et qu'afin de compléter ces explications^ il allait dépêcher à Marie-Thérèse son maréchal de la cour, le comte de Gotter. m Que la reine réfléchisse bien, ajouta*t-il, sur mes communications, elle ven^a combien mes projets sont raisonnables et mes intentions pures. Assurez-la de mon dévouement. »
Botta sortit plus irrité, plus effrayé qnvi jamais. Mais ce qu'il y eut de ]dus piquant pour lui, c'est que personne ne voulait croire ni à sa colère ni à son effroi. Du moment qu'on avait annottcé sa vanue^ le bruit s'était répandu comme une fusée, dans Berlin, qu*il apportait un traité d'alliance stipulant le consentement
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de Frédéric à Télection du grand-duc, moyennant la cession de tout ou partie de la Silésie. Ce fut bientôt une conviction générale que tous les indices semblaient confirmer. Cet ambassadeur qui arrivait sans avoir rien à dire et sortait d'une audience où il prétendait n'avoir rien appris : cet autre envoyé qui allait partir avec des paroles d^amitié et de dévouement, mais parle même chemin que des troupes sur le pied de guerre, comment expliquer cet imbroglio autrement que par une partie liée dont on voulait dissimuler la preuve jusqu'à la dernière heure? Les dénégations, les imprécations même de Botta n'y faisaient œuvre. Les fins connaisseurs le félicitaient de cacher si bien un jeu dont ils. ne voulaient pourtant pas être dupes. Et quand Botta affirmait que l'Autriche résis^ terait à toute invasion de ses provinces :
« Bon 1 disait-on, ce sera encore une comédie. Vous voulez qu'on vous prenne la Silésie et ne céder qu'à la force, afin qu'on ne dise pas que c'est vous-même qui renoncez à la Prag-* matique, »
Ajoutez qu'autour de Frédéric d'habilea réti-
cences accréditaient ce bruit par la manière même de le démentir. Valori seul doutait encore, « car enfin, disait-il assez sensément, s'ils sont d'accord, pourquoi tant de bruit et de soldats? » Mais il n'en tenait pas moins sa cour au courant de l'opinion commune. « M. de Botta est arrivé, écrivait-il, le 3 décembre, éprouvant ou jouant la surprise des préparatifs qu'il a trouvés en SMésie : il nie tout accord entre le grand-duc et le roi. » Et le 6 : « M. de Botta a eu une entrevue avec le roi qui l'a assuré de son dévouement à la reine de Hongrie. Il est tout confondu : que signifie tout cela? » Enfin le 10 : « M. de Botta témoigne toute sa colère ; s'il joue la comédie, il s'en acquitte à merveille*. » Mais, le soir de ce même 10 décembre, Frédéric mandait lui-même Botta et, lui annonçant qu'il allait prendre en personne le commandement de ses troupes, il lui révélait le plan mystérieux qui tenait depuis six semaines toutes les imaginations en suspens.
On sait quel était ce plan : ce n'était pas
1. Valori à Amelot, 3, 6, 10 décembre iliO» {Correspondance de Crusse. Ministère des affaires étrangères.)
moins que i'exig'ence fonnelle de la eession dé la Silésie, signifiée impérieusement h Marie-Thé'rèse et accompagnée aumème moment de la prise de possession à main armée de cette province, sans déclaration de guerre et même sans averiis*sement préalable. Tous les documents contemporains attestent le scandale et Tindlgnation universels que ce dessein perfide , éclatant comme une bombe sur TEurope étonnée , causa à tout ce qui conservait le moindre souci de moralité et d'honneur. Le temps , le succès et la gloire ont depuis lors produit leur effet ordinaire, et l'é* cho de ce cri de la conscience publique n'arri* vait plus que très affaibli à la postérité. Il s'était même trouvé, en dehors de l'Allemagne, dans ces derniers temps, des historiens sérieux, comme le célèbre Anglais Garlyle, pour entre* prendre la justification de ce coup de force. On dirait que les archivistes de Berlin ont pris à tâche de raviver Timpression qui s'effaçait. Ce sont eux en tout cas qui nous ont dévoilé par leurs révélations nouvelles à quel point le caractère déjà suffisamment odieux de l'entreprise avait été aggravé, dès le premier jour, par Tas-
INVASION DE lA SILÉSIE i(5
tuce et rhypocHsie qui préMdèrent à son éla^ boration clandestine.
Tout d*abord il ressort du rapprochement des dates des divers documents publiés à Berlin que ce fut le jour même où lui fut annoncée la mort de Charles VI, que Frédéric avait fait connaître à ses conseillers le dessein arrêté de dépouiller la fille de son bienfaiteur. Pourquoi il avait jeté son dévolu sur la Silésie plutôt que sur toute autre partie du patrimoine de Marier- Thérèse, c'est ce qui s'explique tout simplement par ce motif que cette province, étant contiguë à ses propres États, y ajoutait un complément tout à fait à sa convenance, et se prêtait plus facilement à une mainmise imprévue et subrep* iice. Quant aux droits qu'il pouvait alléguer pour justifier cette annexion inattendue, on me permettra de ne pas m'en occuper pour plusieurs .raisons.. La première, c'est que ce côté de la question, comme on le verra, n'a jamais préoccupé Frédéric ; la seconde, c'est que, ces droits eussent-ils existé, ils étaient périmés depuis de longues années par l'effet de cette loi tutélaire de la prescription que les anciens jurisconsultes
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ont si bien nommée la patronne du genre humain. Fût-il vrai, comme M. Droysen s'efforce encore de l'établir à grand renfort de textes juridiques et diplomatiques^ que quelques-uns des duchés de la Silésie avaient appartenu autrefois aux électeurs de Brandebourg, et n'avaient été cédés par eux que contre l'échange d'une autre principauté qui fut promise, mais non livrée : qu'importe? Le plus récent de ces faits, vrais ' ou faux, remontait à 1660; depuis lorsFAutriche et la Prusse avaient vécu en paix pendant quatre-vingts ans, signé plus d'un traité d'alliance, et combattaient en commun, la veiUe encore, dans la dernière guerre. S'il est permis, après un si long oubli, de raviver des prétentions éteintes, quel prince, quel particulier même, — Macaulay le fait remarquer avec raison, — pourrait dormir en sécurité ? Soyons aussi francs que Frédéric lui-même , tenonsnous-en à l'aveu qu'il fit à Voltaire et que Voltaire, par pudeur, l'empêcha de livrer tout haut à la postérité. Convenons qu'il n'avait droit à invoquer que celui qu'il tenait de ses troupes prêtes à agir et de son épargne bien garnie;
INVASION DE LA SILÉSIB ii7
ajoutons, si Ton veut, pour être complet : de la faiblesse et du malheur de Marie-Thérèse*.
Quoi qu'il en soit, Tordre fut signifié aux deux ministres Podewils et Schwerin d'avoir à préparer les moyens d'exécution d'un dessein dont on ne leur donna ni la permission ni le loisir de discuter la convenance. Obéissant à la consigne, ils se mirent à l'œuvre, ou, comme ils le dirent dans un langage aussi noble et aussi élevé que leurs sentiments, à mâcher et à digérer cette affaire. Si la digestion fut laborieuse, elle ne fut pas longue, car, dès le 29 octobre, ils remettaient au roi un mémoire raisonné, présentant, pour arriver au but, deux plans à suivre au choix, ou plutôt à défaut Tun at l'autre.
Voici quel était le mécanisme de ce programme à double fond. Il y avait, disaient sentencieusement les commissaires, deux routes
1. Voltadre, on le sait, raconte dans ses Mémoires que, Frédéric lui ayant confié le manuscrit de VHUfoire de mon temps f 11 lui fit effacer cette phrase : « Des troupes toujours prêtes à agir, mon épargne bien garnie, et la vlTacité de mon caractère, c'étaient Ik les raisons que j'avais de faire la guerre à Marie-Thérèse, ti
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principales à suivre. La première, la plus sûre, celle qui exposait le moins aux revers et inconvénients auxquels sont sujettes les grandes acquisitions, consisterait à obtenir de bonne grâce la cession désirée de la cour de Vienne, en lui promettant en échange le concours actif de la Prusse pour la préserver de tous les périls qui la menaçaient, lui conserver la couronne impériale, et la défendre contra quoscumque. Et comme il était à prévoir que, même à ce prix, la reine trouverait encore difficile de se résigner à perdre un morceau d'aussi grande importance que la Silésie, le meilleur véhicule pour Ty déterminer serait de lui lâcher une couple de militons pour subvenir à ses besoins les plus pressants. Si la co* de Vienne avait le bon sens d'accueillir ces ouvertures bienveillantes avec toute la reconnaissance convenable, le moment serait venu alors de faire agréer ce projet aux puisances maritimes, à la Russie, à tous ceux que pouvaient inquiéter les souvenirs de l'ambition de Louis XIV, et de leur faire valoir le service que le roi rendait à la cause commune de l'équilibre européen, en tirant
d'un péril certain la seule puissance qui pût tenir tête à la maison de Bourbon.
Que faire cependant, si la cour de Vienne avait Yobstination et la bigoterie de ne pas apprécier suffisamment le service qu'on voulait lui rendre? — Alors il faudrait bien en venir à une autre voie, moins solide eipius raboteuse; ce serait de se retourner hardiment et de tendre la main à tous les ennemis de Marie-Thérèse, Saxe, Bavière, y compris la France, qui pouvait trouver son compte à ôter la couronne impériale aux descendants de Charles-Quint.
On leur représenterait la conquête de la Silésie comme le premier acte d'une puissante diversion faite dans le Nord pour leurs intérêts.
Bien entendu qu'il ne serait plus question alors de l'équilibre européen h protéger contre la France, mais des libertés germaniques à défendre contre l'Autriche. Enfin, il y aurait bien un troisième moyen qui serait la perfection : ce serait, dans le cas où une tierce puissance, là Saxe ou la Bavière, par exemple, prendrait 11-nîtiative de faire entrer des troupes en Silésie, d^ entrer soi-même pour la défendre et de finir
-pBJC la garder. Mais il n'était pas raisonnable d'espérer une chance si favorable*.
A ce beau mémoire, assez semblable, pour le style comme pour les idées, à celui de Fusmner de Molièfre jugulant un mineur dans Temban^as, le roi, pleinement satisfait du zèle de ses serviteurs, ne fit qu'un seul amendement. Le mémoire parlait de négociations à entamer avec la cour de Vienne ; le roi trouvait plus expéditif de commencer par mettre la main sur Fa province en question, sauf à négocier ensuite. « Il lui convenait mieux, dit M. Droysen (qui l'approuve fort) de faire comme dit le proverbe espagnol, prendre d'abord et demander après, »
Ce procédé, plus familier aux brigands qu'aux diplomates, pouvant effrayer les esprits faibles, Frédéric le proposa d'abord sous forme dubitative. « Je vous donne, disait-il à Podewils, un problème à résoudre. Quand on est dans l'avantage, faut-il s'en prévaloir ou non? Je suis prêt avec mes troupes en tout : si je ne m'en prévaux pas, je tiens entre mes mains