DAraetU, Histoire^ d.' Morh-Thêrhe, t. i, p. 10, 43, 8tî
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rant désigné à l'élection de la couronne impériale, et les concurrents ne faisant pas défaut, la préférence à donner entre eux était une décision de grande importance qui intéressait non seulement TAutriche, mais TAUemagne entière, cl sur ce point la raison d'État avait droit d'être écoutée encore plus que le sentiment. La princesse, cependant, n'hésita pas, dès le premier jour, à déclarer, avec l'ingénuité d'un cœur innocent, le penchant qu'elle éprouvait pour son jeune cousin, le prince François, héritier du duché de Lorraine : inclination d'autant plus naturelle qu'elle avait le plein agrément de l'empereur son père. Mais l'approbation n'était partagée ni par les diplomates ni par les politiques du conseil aulique. Le prince avait le tort d'être, comme le petit peuple qu'il était appelé à gouverner, plus Français qu'Allemand, ce qui, par une singulière coïncidence, excitait contre son élévation possible autant de méfiance en France qu'en Allemagne. Au delà du Rhin, on lui trouvait trop peu de sang germanique pour ceindre la couronne de Charlemagne.
A Versailles, on no pouvait soufTrir de voîr
ÛH FRÉnf:ilIC il ET MARIE-TIIÉRKSB
annexer à rempiro,par un lien aussi intime, une province comme la Lorraine, enclavée dans les limites de la France et qui tenait la clef de nos frontières. Pour surmonter tant de résistances, le duc de Lorraine dut enfin abandonner, bien H regret, à la France des possessions patrimoniales où sa famille était adorée, pour recevoir en échange le grand-duché de Toscane, où il ne devait exercer qu'une domination nominale et passagère.
La princesse présida elle-même à la transaction, mettant autant d'ardeur à défendre son choix que de sagacité à comprendre et de fermeté à résoudre les difficultés politiques qui s'y opposaient. Un diplomate éprouvé, le ministre d'Angleterre, M. Robinson (à qui Talliance projetée ne plaisait nullement, mais qui se voyait forcé de céder comme les autres), en témoignait son étonnement dans des dépêches confidentielles. « Cette princesse, disait-il, a vraiment l'esprit très élevé : elle raisonne déjà ; les malheurs de son père la touchent comme les siens propres,... et elle est si bien faite pour régner qu'on voit déjà qu'elle ne le regarde que comme
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radministraleur des États qui lui appartienneuL Mais si le jour elle montre cette hauteur f!o sentiments (that lofiy humour), la nuit elle ur fait que soupirer pour son duc de Lorraine. Si elle dort, c'est pour rêver à lui; si elle veille, c'est pour parler de lui à la dame qui lui tient eonipagnie. On peut être certain qu'elle ne renoncera jamais ni au gouvernement ni au mari qu elle croit faits pour elle, pas plus qu'elle ne pardonnerait à celui qui les lui ferait perdre *. » Le mariage une fois conclu, la nouvelle grande-duchesse prit à l'égard de l'époux, qui n'était son égal ni pour le rang ni pour l'intelligence, l'attitude de la femme la plus dévouée, la plus soumise et presque la plus humble.
« Donnez-moi de vos nouvelles, lui écrivaitelle pendant une courte absence ; loin de vous, je ne suis qu'une pauvre chienne. » On en voudrait à M. d'Arneth de produire au jour, même après cent ans écoulés, ces enfantillages de la tendresse conjugale s'il n'y trouvait l'occasion de mettre en lumière le trait qui devait faire
1. Coxo, Histonj of the honsft of Austria. Londres, 1820, t. IV, p. 307.
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Toriginalité de cette noble vie : l'union de toutes les vertus domestiques dans leur expression la plus simple, on dirait presque un peu bourgeoise, avec l'élévation toujours royale des pensées et des actes.
A Berlin, ce n'était point sur une faible jeune femme que reposait l'espoir de la dynastie régnante ; c'était sur quatre princes dans la fleur de l'âge, tous élevés dans le métier des armes. La Providence avait béni, par une lignée florissante, l'union des puissantes maisons de Prusse et d'Angleterre. Mais jamais faveur du ciel ne fut moins bien reconnue. Le vieux roi, par des emportements insensés, la reine par une humeur hautaine et capricieuse, réussissaient à faire de leur intérieur un véritable enfer. Les jeunes princes et les princesses leurs sœurs elles-mêmes, tour à tour épouvantés par des violences ou exténués par des privations matérielles, vivaient, devant leurs parents, dans un état de terreur qui comprimait leurs plus neureuses facultés ; et, par une application toute nouvelle du droit d'aînesse, celui que ce singulier père poiu'suivait de ses plus mauvais trni-
temenlB, c'était précisément son héritier, le prince Frédéric, qui paraissait pourtant tenir de la nature de brillantes dispositions. Réduit au désespoir par Texcès des humiliations et des souffrances, le jeune homme avait tenté de fuir; mais, surpris dans cette tentative, enfermé dans une prison d*Etat comme un vil criminel, contraint d'assister lui-même au supplice de Fami qui n'avait d'autre tort que d'avoir favorisé son évasion, il avait enfin semblé fléchir sous cet excès d'oppression. Il avait demandé grâce, avouant des fautes qu'il n'avait pas commises et promettant un repentir qu'il ne pouvait éprouver. Depuis lors, il vivait dans une soumission aux moindres volontés paternelles qui dépassait la mesure du respect filial. On l'avait vu, fuyant jusqu'à l'ombre d'une ingérence quelconque dans les affaires de l'État, se réconcilier avec les ministres qui avaient aidé à le persécuter et les traiter d'amis intimes. Il se résignait à vivre dans un petit manoir d'où il ne sortait que pour prendre part à des ma nœuvres militaires, qu'il exécutait avec intelligence, mais sans ardeur: adonné tout en-
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lier, le reste du temps, à des goûts spéculatifs que son père pouvait dédaigner, mais qui ne»
l'offensaient pas. Poésie, musique, littérature, il se livrait h toutes sortes d'études, s'essayant lui-même dans tous les genres, nouant des relations et des correspondances suivies avec tous les savants, tous les artistes, et tous les littérateurs d'Europe. Son admiration juvénile s'adressait même à tous indistinctement avec plus de passion que de choix, aussi bien au pieux RoUin qu'au prédicant luthérien Beausobre ou au pesant métaphysicien Wolf ; et si, entre tous, il distinguait et comblait de caresses l'illustre Voltaire, c'était sans faire beaucoup de différence entre les œuvres vraiment belles et les plus médiocres de ce grand écrivain et en mettant couramment la Henriade au niveau d'Homère.
Une petite société s'était formée autour de lui, dans sa retraite de Rheinsberg (petit château dont il avait transformé le nom en celui plus classique de Remusberg). Tous y menaient, à son exemple, à la fois studieuse et j<weuso vie, associant le culte des Muses h des
plaisirs discrets. La compagnie était composée de personnes dont le rang et la qualité ne pouvaient donner d'ombrage à la politique la plus soupçonneuse. C'étaient des savants modestes, des officiers d'un grade inférieur. On y causait de tout, même de la politique idéale et abstraite, à la mode d'Aristote et de Platon, des meilleures formes ou des meilleures conditions de gouvernement possibles. La seule chose dont il était interdît de parler, c'était de la politique du jour et surtout de celle du lendemain. « En honneur, écrivait le prince au mînisiro Grumkow, je puis vous assurer que je vis comme si le roi était immortel, et je veux mourir sur Fheure si je me suis formé un plan pour Texécuter après sa mort *. » L'étude, en un mot, l'étude seule semblait absorber toute l'activité d'une intelligence refoulée dans son premier essor par une main despotique et écartée de toute autre voie.
Cette recherche passionnée de la vérité et de
!. Œuvres de Frédà-i: le (h and, piO-liéîiS en 18i;0, t. xvi, p. 93. — CoipAspondatre générah (î.eUre a M. de GruiMkow. 1132), •
l'art était-elle Texpression d'un sentiment bien sincère, ou n'était-ce que la distraction et le déguisement d'une ambition contenue? Le prince ne recherchait-il, en réalité, d'autre conquête que celle de la science et ne se préparaitil à d'autres combats qu'à ceux de la dialectique ? C'est sur quoi on discourait autour do lui de façons fort diverses, et les connaisseurs étaient partagés. Les gens de lettres, à qui l 'amour-propre rend l'illusion facile, tout entiers au charme de trouver un collaborateur de si haut parage, célébraient à l'envi le Marc-Aurèle ressuscité avec qui la philosophie allait monter sur le trône. Le plus célèbre et le moins crédule, — j'ai nommé Voltaire, — paraît avoir, comme un autre, partagé cet entraînement. Vingt ans api'ès, à la vérité, désenchanté par l'expérience. Voltaire a parlé des premiers jours de cette amitié royale d un ton leste et dégagé qui ferait croire que, de bonne heure, il s'était mis en garde contre leur séduction. « Le prince héréditaire employait, dit-il dans ses Mémoires^ ses loisirs h rcrivo aux gons do lotlres do Franco qui étaient
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un peu connus dans le monde. Le prîncipal fardeau tomba sur moi. C'étaient des lettres en vers, des traités de métaphysique, d'histoire et de politique. Il me traitait d'homme divin : je le traitais de Salomon, les épithètes ne nous coûtaient guère. On a imprimé quelques-unes de ces fadaises dans le recueil de mes œuvres. »
Mais Voltaire se vante : rien dans sa volumineuse correspondance n'indique qu'il ait, dès ors, trouvé si lourd le fardeau de ses relations avec un futur souverain, ni qu'il ait été si peu sensible h l'échange de douceurs et de compliments qui en était la suite. Bien loin de traiter de fadaises les factums de poésie et de morale (lui lui étaient expédiés sous le cachet du prince, quand il ne les admirait pas sans restriction, il les corrigeait sans sourire. Il ne fit pas même d'exception pour une réfutation, devenue fameuse, des doctrines de Machiavel, qu'il se chargea de faire imprimer, et où cependant un lecteur moins prévenu aurait reconnu sans peine un simple exercice de collège dépourvu de tout accent de conviction personnolle. Tout porte donc h croh'c que, de la meil-
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leure foi du monde, Voltaire pensait qu'un prince qui le traitait d'homme divin devait être Tespérance du genre humain.
Mais ceux qui, recevant moins de bonne» paroles, conservaient plus de sang-froid, éprouvaient aussi moins de sécurité; certains indices leur faisaient reconnaître, sous Tapprentî poète ou métaphysicien, un disciple moins désintéressé de la morale et de la vérité pitres. Ils remarquaient, non sans alarmes, un ton de conversation généralement sarcastique et sceptique sur tous les sujets, un jugement dénigrant et dédaigneux sur toutes les personnes, et parfois une dureté d'accent et de regard qui évoquait le souvenir sinistre de la ressemblance paternelle. Chacun sentait, en un mot, que le jour où ce prince, si peu fait sur le modèle commun, prendrait le pouvoir en main, serait un jour de surprise; mais personne ne pouvait dire qui serait déçu ou de la philosophie qui espérait en lui, ou de la politique qui se défiait.
Naturellement c'était dans les cours étrangères et dans les chancelleries que la question
était faite le plus souvent, et qu'on mettait le plus de curiosité à en deviner la réponse. Dans la complication d'intérêts qui s'agitaient en Europe, avec les luttes d'influences dont tout le monde gardait le souvenir et prévoyait le retour, il n'était indifférent à personne de savoir de quel côté se rangerait, un jour de conflit, un jeune souverain qui trouverait sous sa main, dès le premier jour, soixante- dix-mille honunes et un nombre aussi considérable de millions.
Aussi était-ce, parmi les ministres étrangers, à qui tâcherait de pénétrer dans sa retraite, chacun muni du genre d'argument auquel on pouvait le croire accessible. On l'avait marié contre son gré, et il vivait éloigné de la princesse royale, affectant de n'user avec elle d'aucun des droits de l'intimité conjugale. Par l'intermédiaire de la reine sa mère, sœur de George II, l'Angleterre lui faisait offrir la main d'une de ses princesses pour le cas où il songerait à un divorce. L'Autriche, mieux avisée peut-être, essayait de le toucher à un point plus sensible que le cœur. L'ambassadeur de
Charles VI lui avait d'abord sauvé la vie en le
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protégeant contre la colère de son père, qui voulait le mettre en jugement, et en déclarant qu'un prince de maison souveraine ne pouvait être justiciable que fie Tettipereur. Puis, quand il fut pardonné et que la sordide économie du vieux roi le laissait sotlVettt privé du nécessaire, le même envoyé était venu lui offrir de venir en aide à son dénûment pat^ une subVention régulière sur la cassette impériale, proposition qui fut àcce|)tée avec Un etnpressehient aussi peu royal que philosophique. Gé nidyen de se mettre en grâce paraissant t*éussir, la Russie, à son tour, voulut en user, mais elle dut y mettre plus de façons. Ce ne fut pas de rimpératrice Anne elle-même, mais de son pt'emier ministre Biren, que les avances furent censées provenir ; elles passèrent par les mains du ministre de Saxe à Saint-Pétersbourg, digne seigneur qui avait gagné la confiance du prince pendant son séjour à Berlin en lui enseignant la métaphysique. Les remises d*argetit eurent lieu jiett des voies détournées, après avoir été annoncées, d'après un chiffi^ convenu, sous forme d'envols de livres d'histoire ou de philosophie»
Quant à la France, ou elle n'avait pas cherché, ou elle n'avait pas trouvé de façons équivalentes de se faire biett Voir. Un de ses envoyés, La Chétatdie, homme de goût et bon convive, avait bien su se faire admettre, à plus d'une reprise, darts l'intimité du Rheinsberg : mais il n'en était pas de même de son successeur, le tnarquîâ dé Valorî, vieux soldat cachant un mérite véritable Sous des manières tUstiqUes, que tendait plus gauches encore son extrême obésité. Frédéric, qui devait plus tard lui rendl'6 plus de juslice, l'avait pris en déplâisânce et s'aniUsàit à lé tourner en ridicule. Aussi quand le paiiVre diplomate, assez maladroitement, avait demandé Une audience polir lui parler d'affaires, il n'en avait obtenu que cette sèche réponse : « Les coriàmîssiohs dôîil vous êtes chargé ne peuvent être relatives qu'à la personne du roi, et je ne croîs pas qu'il soil séant que je m'en informe. » — Sur quoi l^înterloculeur, un peu déconfit, rendait compte du inauvais succès de sa démarché* à son ministre dans des termes qui peignaient assez bien et sa propre ignorance et les incerliludes de Popînion. « Le prince royal.
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écrîvait-il, donne Texemple d'une attention continuelle à s'observer sur les démarches les plus simples. A la dissimulation près, son caractère ressemble à celui de son père : ceux qui le connaissent le mieux sont persuadés qu'il faudra faire connaissance avec lui sur nouveaux frais ; il ne sera plus le même homme, mais ils ignorent ce qu'il sera. » Un état d'attente inquiète était ainsi général d'un bout de l'Allemagne et presque de l'Europe à l'autre : résultat naturel de l'étrange caprice de la fortune qui remettait la destinée de deux grands royaumes à deux choses aussi incertaines que la fermeté d'âme d'une femme et la sincérité d'un philosophe.
Le philosophe fut le premier que la destinée mit à l'épreuve en l'appelant à régner. Le 31 mai 1740, le vieux Frédéric-Guillaume expirait après une longue agonie, et son fils sortait de sa retraite pour lui succéder. Si ce jom'-là le prince royal n'avait encore pensé à rien, il est certain que le lendemain le nouveau roi se trouva prêt à tout. Finances, administration, armée, diplomatie, ou il avait tout médité ou tout lui fut révélé d un coup d'œil. li n'avait pas régné
vingt-quatre heures que tous, anciens conseillers ou nouveaux favoris, savaient déjà, à ne pas s'y méprendre, qu'ils n'avaient à se prévaloir ni ceux-ci de leurs anciens services politiques, ni ceux-là de leurs confidences littéraires, mais que tous avaient à servir un maître qui entendaitles employer, les uns comme les autres, à des desseins arrêtés dont il gardait le secret. Ce fut un coup de théâtre qui causaplus d'une déception et qu'un écrivain éminent, Macaulay, a cnipouvoircompareràlafameuse scène de Shakespeare où le prince de Galles, devenu Henri V, congédie ses compagnons de débauche. Cette assimilation manque d'exactitude : Voltaire n'avait rien de Falstaff, les hôtes du Rheinsberg ne ressemblaient pas à une grossière bande de viveurs, et Frédéric ne congédia personne. Ce qui caractérisa, au contraire, sa conduite dans cette prise de possession du pouvoir, c'est que, conservant à peu près toutes les traditions et surtout tous les résultats de la politique paternelle, ne corrigeant que ce qu'ils avaient de violent et d'excentrique, il sut leur imprimer à l'instant le cachet de son originalité propre.
D'une part, il maintenait tous les ministres en activité ; non seulement il ne licenciait pçts un soldat, mais il accroissait Teffectif de ses troupe^ en attachant seulement plus de pri j à, 1^ v^eur et au nombre des hommes qu'^ leur tftUle. Ceux de se» amia qui avaient pompté isur d^s If^rgesses pécuniaires eurent le chagrin d'apprendre que, s'il savait mieux dépenser, il comptait pourtant tout aussi biei^ que son père et ne tiendrait pas moins serrées que lui les olafs du trésor. M^lis eii même temps rien n'indiqua ni qu'il dit adieu ni seulement qu'il fit trêve à aucune de ses préoccupations de la veille. Soit que, par l'instinct du génie, il devinât l'action nouvelle qu'allaient exercer sur le monde la philosophie et les lettres, soit que, comme tous les hommes desrtinés à agir sur lem'S contemporains, il pç^rt^geât lui-même leurs passions et leurs tendances, il n'eut garde d'éloigner de lui, même un jour, ces puissances naissantes ; loin de là, il sembla prendre soin de les enchaîner plus que jamais à son service, décidé h se faire suivre d'elles partout, mémo sur le champ de bataille, pour y trouver, non le délassement de ses
loisirs, mais Tinstrument de ses desseins. « J'ai d'abord commencé, écrivait-il à Voltaire, par augmenter Jes forces de Fétat de siège de seize bataillons, d^ âi^ escadrons de hussards et d'un eso^dfow d0 gardes du corps. J'ai posé le fondement 4^ îïotre nouvelle académie. « Une armée et une ficadémie niise^ sur le même pied le même jour pour servir la même politique, c'est Frédéric tout entier *.
Tel il i^pparut sur la scène aux spectateurs contemporains, tel il se montre à nous dans les coulisses où les publications récentes nous font pénétrer. Le novice de vingt-huit ans se fait voir dès le premier jour exactement et de tout point semblable à ce que sera plus tard le vieux monarque chargé d'années, de gloire et d'expérience. C'est la même variété d'arts au service de la même unité de vues; c'est une statue coulée en bronze d'un seul jet. C'est par là que les nouvelles révélations sont curieuses et qu'elles donnent un véritable intérêt à des