‹ Frédéric IIChapitre 28 sur 52 · Avril · texte numérisé non relu

Avril

Le plus important dans le moment présent, c'est de déterminer la portion que la Cour de Vienne demande de la Pologne. Selon ses dernières propositions elle lui donne une très grande étendue, et qui excède de beaucoup l'égalité qu'elle s'est stipulée d'abord par l'Acte qu'elle a signée avec nous. Je me réfère à cet égard à mes derniers ordres, et j'attends avec impatience d'apprendre, comment ces propositions seront accueillies en Russie. Si la Cour de Vienne obtient tout, il n'y aura plus aucun équilibre entre nos acquisitions, et la balance penchera d'autant plus de son côté, qu'elle est déjà à l'heure qu'il est plus puissante que moi. Pour, la rétablir dans un juste équilibre, il faudra de toute nécessité rendre les nôtres également plus considérables, afin qu'elles aient une plus juste proportion avec les siennes. Mais pourvu que la Russie ne pré-, cipite rien en tout ceci, je me flatte, que tout

pourra s'arranger encore amicalement à Pétersbourg, et en effet, elle fera bien d'aller bride en main, afin de ne pas renverser un concert qu'on a eu tant de peine à établir. — Je viens d'appjendre par les dernières lettres de Vienne, que le Général Esterhazy avance déjà plus avant avec le cordon en Pologne, et que son corps est d'environ 20,000 hommes, tandis que le Général Althan y entrera avec un autre de 7000 hommes, du côté de la haute Silésie, de sorte que le Prince Kaunitz tâche de gagner d^ vitesse par cette prise de possession des districts, qu'il veut approprier à sa Cour.

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