Mai
J'ai l'honneur de communiquer à Votre Excellence l'extrait de ma dépêche d'hier. Elle n'est pas autrement intéressante, mais elle me paraît indiquer que le Roi est sur le point de s'impatienter de la conduite iijdécise du Prince Kaunitz, ce qui me fait craindre, qu'il pourra presser bientôt de faire procéder à la prise de possession, pour remettre ensuite à l'événement ce qui en résultera. La marche des troupes Autrichiennes paraît indiquer, que cette Cour n'est pas moins disposée de se mettre en possession le plus tôt possible de la portion qu'elle se destine. Ainsi la conclusion de l'affaire pourrait se faire avant qu'on se fut entendu encore sur les prémices. Chaque parti s'emparerait de ce qui lui convient, sans se concerter bien avec l'autre, et sans lui en avoir une espèce d'obligation, du moins, ce serait-là le cas de la Cour de Vienne relativement aux deux nôtres. Je prends la liberté d'es^oser ces réflexions à l'examen
de votre Excellence et de remettre à sa pénétration, si elle ne juge pas» convenable de faire connaître mi plus tôt à la Cour de Vienne la manière dont nous pensons sur ses acquisitions, afin qu'en ouvrant par là une négociation formelle avec elle, nous apprenions à connaître ses véritables sentimens , et que nous sachions le parti qu'il nous conviendra de prendre.
Solms.
Du Roi au Comte Solms.