FRÉD
le plus élevé aoqoei le boorgeoîs, qoi de gré oa de force embrassait iéCat militaire, pût aspirer, était œlai de sous-oflScier. Toatefbis. malgré sa position, il n'était pas soustrait à la discipline. On conçoit que dans les pays do roi de Pnisse. il devait v avoir, entre les différentes classes de la société, une liene de démarcation infranchissable. Il est vrai qu'une séparation a existé toojoars et partout là oii la noblesse . comme une véritable aristocratie, trouve la base de son indépendance dans de riches propriétés. Mais reste la question de savoir si, dans les États du roi de Prusse, ou, à lest, prédominait I élément slave, l'aristocratie pouvait baser ses privilèges sur l'étendue de ses possessions. Dans tous les cas, en Poméranie, la noblesse était fort riche en descendants et en partie très-pauvre en biens. Brenkenhoff trouva dans un village, auquel appartenaient 450 journaux de terrain sablonneux, sans aucune prairie, douze familles nobles qui. ensemble, comptaient cinquante-neuf tètes (1 ). 1^ vacher et le garde de nuit étaient les seuls plébéiens de tout le village, et encore leurs femmes étaient nées nobles et puissantes damoiselles de. . . et de. . . Frédéric 11 lui-même a très-bien senti la différence qu il y avait entre rarisiocratie de son pays et celle de 1 Angleterre ou de r Autriche (2). Dans ces pays aussi, il y avait des seigneurs et des gentilhommes , mais justement les fils des premières familles n'entraient point à l'armée (3). Frédéric assignait à larmée un autre domaine; il lui
(i) Brenketthoffi Leben, p. 57.
{% OEuvres, IX, p. 121.
^5; Ibid., Il, p. lîO.
accordait le privilège de comprendre l'honneur. Il ne v-oulail que des officiers nobles, par la raison, disait-il, C|ue le sentiment de l'honneur n'existe que chez la ïioblesse. On ne peut pas nier, poursuivait-il , que les talents et le mérite se rencontrent aussi quelquefois chez les gens sans naissance; mais les cas sont rares. S'il s'en trouve, on fera bien d'en profiter. En général, il ne reste d'autres ressources à la noblesse que de se distinguer par répée. Lorsqu'un gentilhomme perd son honneur, la maison même de son père ne lui offre plus de refuge, tandis qu'un plébéien peut commettre les bassesses les plus honteuses et embrasser ensuite, sans rougir, le métier de son père sans se croire plus longtemps déshonoré (1). En répétant ces paroles du roi, nous ne devons pas oublier l'esprit de servitude qui caractérisait cette époque en général. Seulement, il ne faut pas attacher à cet esprit de servitude plus d'importance et une plus grande signification qu'il n'en a en réalité. Mais, avant tout, il faut dire que les opinions du roi et les mesures que ces opinions provoquaient ne servaient pas à ennoblir l'esprit humain , et que , au fond , le roi n'y tendait pas.
Comme Frédéric appelait l'armée le ferme soutien do l'État prussien, il ne pouvait, au fond, désigner par ce litre que les officiers, c'est-à-dire la petite noblesse, au sein de laquelle il les recrutait. Il fit ce qu'il put pour élever et raffermir cette noblesse d'après ses vues. Elle était à tout jamais libre de tout impôt direct et se sentait
(1) OEmres, VII, p. 95.
par là infiniment supérieure à la misera contribuens plebs . On s'est souvent étonné de ce que Frédéric n ait rien fait pour améliorer la situation de la classe de gens la plus importante de toutes, celle des paysans. La raison en est assez évidente. Si Ton avait voulu améliorer la position du laboureur et le rendre indépendant, on aurait, sous plusieurs aspects, porté un coup sensible à la noblesse, c'est-à-dire à ses droits de propriété. Si jamais, ce qui n'est pas probable et ne peut être constaté, Frédéric a conçu la pensée de faire cesser le système de servage héréditaire, cette pensée dut échouer immédiatement contre les égards qu'il avait pour la noblesse.
La noblesse devait être maintenue sous tous les rapports. Par conséquent, le roi s'opposait à la vente des grandes propriétés qui lui appartenaient. Il exigeait que dans chaque cas spécial on s'en rapportât à lui et alors il interdisait la vente (1). 11 ne refusait pas seulement aux officiers la libre disposition de leurs propriétés, mais encore celle de leurs personnes. 11 leur défendait systématiquement le mariage avec les jeunes filles de la bourgeoisie et leur demandait s'ils désiraient que les bourgeois devinssent officiers (2). Il allait encore plus loin. Aux lieutenants, il ne permettait en aucune façon de se marier (3). Il préférait avant tout n'avoir que des officiers célibataires, et l'on a vu, en effet, des régiments de cavalerie dont aucun officier n'était marié.
Pourquoi cette aversion pour le mariage? Elle pour-
(i) Preuss, Urkundenbuch, I, ii4.
(2) Ibid,
(3) Ibid., r, 425. Urkundenbuch, III, 21.
rait s'expliquer en partie par le fait que si tel ou tel officier était licencié, après avoir fini ses années de service, ou bien pour des motifs de santé, aucun droit ou usage ne lui permettait d'élever des prétentions à une pension quelconque, mais que c'était seulement la faveur du roi qui lui accordait une minime somme d'argent pour son entretien. Mais ce décret ne frappait pas moins rhomme non marié que le père de famille. Une autre pensée se cachait encore sous ce système. L'expérience de tous les temps a démontré, que les époux et les pères de famille sont pour le moins aussi capables (]ue les hommes non mariés, de défendre la patrie, le foyer, la famille. Mais ils ne sont pas aussi prompts à entrer en campagne quand il s'agit uniquement de faire des conquêtes, puisque le sentiment naturel de l'homme que des liens intimes unissent à l'humanité s'y oppose.
Les pères de famille ne valent rien comme conquérants.
Voilà oîi était la différence.
Pour entretenir cette armée, le plus ferme soutien de l'État aux yeux de Frédéric, il avait besoin d'hommes et d'argent. Après l'armée, les finances et la population occupaient surtout son esprit. C'est ici principalement qu'il faisait valoir son adage : les fourmis rassemblent en été pour avoir de quoi manger en hiver. Seulement, cette phrase devrait être mieux précisée ; le roi a oublié d'indiquer le lieu où les récoltes devaient se faire. Evidemment , ce n'aurait point dû être dans les caisses privées des sujets, mais bien dans le trésor du roi.