‹ Frédéric le lionChapitre 3 sur 11 · II · texte numérisé non relu

II

que de m'avoir aimé; parce que, si je meurs, il est juste qu'elle profite du bénéfice de ma mort; parce que, enfin, je ne veux léguer à personne la survivance du mal que j'ai fait.

Au moment de risquer sa vie sur un dernier coup de dés, Frédéric obéissait à ces instincts d'honnêteté que les circonstances, l'oisiveté et la passion fatale du jeu avaient étouffés en germe dans son cœur. La sainteté du sentiment qui l'animait donnait à sa voix une fermeté inaccoutumée et à sa figure une expression courageuse qui, aux yeux d'un juge indulgent, l'aurait presque relevé de son indignité antérieure. La résolution qu'il venait de formuler était, à ses yeux, comme une expialion : c'était une résolution d'outre-tombe ; il y tenait comme à un moyen de réhabiliter sa mémoire.

— Vous êtes bien décidé? dit Jacob.

— Bien décidé.

— Encore une fois! répliqua Jacob qui ne

— C7 — .maitrisait plus sa colère et dévorait Frédéric du

regard .

— Encore une fois ! dit Frédéric en se levant et en découvrant sa poitrine; maintenant faites votre métier si vous voulez, assassinez-moi!

Cette dernière parole sembla apaiser la colère de Jacob, le sourire qui lui était habituel reparut sur ses lèvres.

— Vous assassiner, dit-il, pas si bète!... Mais, écoutez, si vous me refusez le portefeuille que je réclame, et je vous donne cinq minutes de réflexion, voici ce que je vais faire : je vous laisse enfermé ici, je vais trouver le procureur du roi, je me déclare forçat, je m'accuse d'avoir commis un vol avec effraction à Corbeil , chez une veuve nommée madame de Carmé , je vous dénonce comme étant mon complice, et, pour garantie de ma sincérité, j'exhibe le billet que vous avez signé. On vous arrête , on vous emprisonne, on instruit l'affaire ; ce que j'ai avancé, je le soutiens, vous le niez; mais

— es —

on appelle en lénioignage madame de Carmé, celle femme que vous avez rongée jusqu'à la moelle, qui vous hail, qui donnerait la moitié de sa vie pour être délivrée de vous; car ce que vous ne voyez pas, je le vois. Ce jeune homme qui vous a insulté hier, c'est elle qui Ta envoyé vers vous; ce duel dont vous ne soupçonnez pas la cause, c'est elle qui vous le suscite. Appelée à témoigner, que dira cette femme? Vous possédez toujours ses lettres; vous croyez que la crainte d'être compromise l'arrêtera : vous vous trompez. Ainsi acculée, eiie comprendra que le temps des ménagements n'est plus, qu'il faut vaincre ou mourir, et que si elle parvient à vous faire condamner comme voleur, elle n'aura plus rien à craindre des calomniateurs, malgré ses lettres mêmes. Nous voilà donc deux contre vous. Au besoin, on retrouvera la vieille femme qui vous a ouvert la porte, qui nous a vus tous deux, qui nous reoonnaîlra. Voilà déjà bien des présompiiors

pour la justice. Ajoutez à cela que votre liaison avec moi sera d'un grand poids dans la balance. Je ne serais pas coupable qu'on me condamnerait encore, seulement parce que je suis forçat, et qu'avec nous on n'a pas besoin d'y regarder de si près. Vous êtes mon ami, on vous traitera comme moi; vous serez jugé, condamné, et nous irons au bagne ensemble. Or, voyezvous, le bagne, je ne vous conseille pas d'en essayer.

Frédéric était trop faible pour disséquer une pareille argumentation, pour en saisir les côtés faibles, pour percer à jour la fantasmagorie que Jacob venait d'évoquer, en la réduisant aux proportions de la logique et de la vraisemblance. Ces mots de jugement, de condamnation, et surtout cette épouvantable flétrissure contenue dans ce mot si court : le bagne, troublaient son cerveau, épouvantaient sa raison. En définitive, et quel que pût être le résultat, il y avait toujours scandale, infamie; il devenait toujours,

aux yeux de tous, l'ami, le compagnon d'un forçat. Si le crime n'était pas démontré, au moins l'intention du crime était évidente. II pouvait éviler le fer rouge, mais non pas la marque.

Pâle et les yeux fermés, il avait laissé tomber sa tète sur le dessus de son fauteuil. Sans rien ajouter à son plaidoyer, car c'en était un véritable, Jacob prit sa montre, et dit à Frédéric :

— Il est dix heures moins cinq minutes , à dix lieures je sortirai d'ici.

Ce fut quelque chose d'épouvantable que le silence de ces deux hommes, interrompu seulement, à intervalles égaux, par la voix de Jacob qui marquait l'heure à haute voix :

— Vous n'avez plus que quatre minutes !... vous n'avez plus que trois minutes!...

Frédéric ne bougeait pas.

— Vous n'avez plus que deux minutes!...

— Tuez-moi donc, dit Frédéric : mieux vaut en finir tout de suite que de vivre dans la dépendance d'un misérable comme vous!

— Vous n'avez plus qu'une minute, leprk Jacob.

Une lutte horrible se continuait dans le cœur de Frédéric, Si ses pistolets avaient été chargés, il aurait échappé par un suicide à l'alternative contre laquelle il se débattait vainement.

— Dix heures ! dit Jacob. Où est le portefeuille?

Frédéric désigna du doigt le secrétaire.

— A la bonne heure! La clef est après , vous n'aurez pas même la peine de vous lever j je vous épargne une dernière douleur de conscience.

Après s'être emparé du portefeuille, Jacob ouvrit la porte de la chambre, et dit à Frédéric :

■ -Vous êtes libre; seulement dites-moi le nom de l'homme que madame de Carmé a épousé.

— Pontarlier î dit Frédéric en regardant le forçat avec une indicible expression d'épouvante et de dégoût.

En entendant ce nom, la surprise se peignit

dans les traits du forçat, malgré les habitudes d'impassibilité qu'il leur avait depuislongtemps imposées; mais ce premier mouvement, dont il n'avait pas été le maître , ne laissa plus de traces au bout d'un instant, et, en sortant, il se contenta de dire :

— C'est drôle.

Une heure environ après cette conversation, un fiacre se dirigeait, à travers les allées sinueuses qui sillonnent la partie du bois de Boulogne comprise entre la Muette et Neuilly, vers une sortede carrefour ombreux etsolitaire, marqué par une petite pyramide de pierre surmontée d'une croix. Arrivé là , le fiacre s'arrêta , quatre hommes en descendirent , et s'enfoncèrent dans le fourré. Parmi ces quatre hommes, l'un se nommait Frédéric , et l'autre Ernest Géruset.

Les deux adversaires n'échangèrent pas une seule parole, et laissèrent les témoins fixer les conditions du combat.

On les plaça à quinze pas l'un de l'autre, et ce fut Frédéric qui, comme ayant été insulté , eut l'avantage de tirer le premier.

La balle de Frédéric atteignit Ernest dans le bas-ventre, et un jet de sang s'échappa de la blessure.

— Il est blessé ! dit un des témoins en s'approchant pour le soutenir.

— Vous voyez bien que je me tiens encore debout , dit Ernest en se raidissant.

Et à son tour il ajusta son adversaire.

A peine le coup était-il parti , que Frédéric et Ernest tombèrent en même temps. Dans le premier moment, on ne sut pas lequel des deux était le plus gravement atteint : ils respiraient encore ; on les transporta à leur demeure ; des médecins furent appelés. Celui qui visita Frédéric assura que la blessure, quoique dangereuse, n'était pas mortelle. Quant i\ Ernest , la balle s'était engagée dans l'aine ,

on ne put pas l'extraire, et le médecin ne donna pas d'avis définitif.

Le soir même de cejour-là Jacob partit pour Corbeil. Depuis quelque temps il avait peur d'être découvert : la police l'inquiétait, ses amis l'assuraient qu'on était sur ses traces, et que le bagne revendiquait sa proie. Son départ pour Corbeil se rattachait à un plan de dénoûment prémédité : lui aussi voulait /air£? M?îe /în.

Arrivé à Corbeil , il se dirigea sans hésitation vers la demeure de M. de Pontarlier. Celui-ci était occupé. Jacob demanda si madame était visible. Le domestique qui l'avait introduit le conduisit dans le petit salon où madame de Pontarlier avait eu son dernier entretien avec Ernest, et le pria d'attendre : il allait prévenir Madame.

La figure de Jacob était , comme d'ordinaire, impassible et calme ; il attendit sans montrer ni crainte ni impatience , et examina avec le

sang-froid d'un observateur désintéressé l'ameublement exquis du salon. Seulement, de temps en temps, un sourire étrange errait sur ses lèvres; il se complaisait sans doute dans l'idée de la scène qui allait suivre.

Le frôlement d'une robe l'avertit que madame de Pontarlier allait bientôt être en sa présence, et, au moment où elle se retournait, il se trouva en face d'elle. Celle-ci poussa un cri terrible à la vue de cet homme qu'elle reconnut sur-le-champ.

— Silence, dit Jacob en lui metiant vivement la main sur la bouche; il y va de votre intérêt, de votre vie peut-être.

Madame de Pontarlier chancelait, ses yeu\ étaient égarés. Jacob prit sa main, la conduisit à un fauteuil et la lit asseoir. Puis il|pril sur une console un verre d'eau , y versa une goutte de fleur d'oranger, et vint le présenter à madame de Pontarlier, en disant :

— Buvez, ceci vous remettra.

— Maintenant écoutez-moi, reprit-il lorsqu'il la crut suflîsamment remise; les moments sont cliers, je serai bref. Frédéric est mort (mouvement de madame de Pontarlier), et, en mourant , il m'a confié un portefeuille que je vous rapporte.

L'instinct de la femme qui avait tout risqué pour la conservation de son honneur reparut en ce moment dans toute son énergie. En entendant ces mots : Frédéric est mort, elle avait tressailli ; lorsque Jacob ajouta qu'il lui rapportait son portefeuille , elle tendit la main avec l'avidité d'un avare qui croit ressaisir un trésor longtemps perdu.

— Minute ! dit Jacob ; ce portefeuille vous est donc bien cher !

— Oh ! rendez -le-moi, dit madame de Pontarlier d'une voix brisée; et, qui que vous soyez, quoi que vous ayez fait, je vous devrai la vie et une reconnaissance éternelle.

Jacob contempla un instant en silence celle

femme qui lui promettait avec tant d'émotion sa reconnaissance, et il sourit encore. Puis, sans transition aucune et en homme qui sent le prix des instants :

— Il me faut cent mille francs, dit-il. Madame de Pontarlier qui s'était à demi

levée sur son fauteuil, y retomba attérée.

— Pouvez- vous me les donner? ajouta Jacob.

— Et où voulez-vous que je les trouve? dit madame de Pontarlier; votre complice (elle se reprit vivement), votre ami, M. Frédéric, m'a tout pris ; il ne me reste rien, monsieur, rien!

Elle disait cela en promenant ses mains d'un air égaré sur sa poitrine, comme si elle eût voulu donner pour garantie de sa misère la simplicité de sa robe et la nudité de son cou-

— Il me faut pourtant cent mille francs , répéta Jacob 5 je vais les demander à votre mari.

Ce dernier mot pouvait tuer madame de

Pontarlier, il lui inspira une dernière résolulion.

— Monsieur, dit-elle, je ne les ai pas, mais je les aurai, je vous les promets. Je vais vous faire un billet, et je le signerai de mon sang si vous voulez.

— 11 me les faut à l'instant même, dit Jacob qui fit un pas comme pour se retirer.

En voyant ce mouvement, madame de Pontarlier devint folle, et il se passa alors une de ces scènes étranges que l'écrivain doit renoncer à décrire. Eperdue, égarée, la pauvre femme se jeta aux pieds du forçat, embrassa ses genoux, les baigna de ses larmes, en criant :

— Grâce , monsieur ! grâce pour mon enfant!

Et à ces mots , dictés par le désespoir, elle en ajouta d'autres sans ordre, sans suite, d'une voix entrecoupée par les sanglots.

— Tuez-moi! disait-elle, tuez-moi, par

pitié! mais ne tuez pas mon enfant! ne forcez pas un fils à rougir de sa mère ! Je ferai ce que \ous voudrez; j'aurai la somme que vous me demandez, dans un mois, dans huit jours, demain ! mais pitié pour aujourd'hui ! Ne lui parlez pas, à ku'.... lui! mon mari!

Et quand elle avait parlé ainsi, elle en revenait à son premier cri , qu'elle répétait avec un redoublement d'énergie :

— Grâce pour mon enfant!

Jacob contemplait avec une sorte d'étonnement mêlé de satisfaction orgueilleuse cette femme qui se roulait devant lui, les cheveux épars, la gorge haletante, les yeux noyés de larmes.

— Savez- vous, madame, que vous êtes bien belle ainsi ! dit-il en ne déguisant pas cette fois le cynisme de son sourire.

Celle-ci, sans comprendre, poussa une dernière fois son cri de détresse :

— Grâce!

— Si je voulais pourtant!... dit Jacob en abaissant sur elle un regard qui complétait l'épouvantable sens de sa phrase.

Puis il se débarrassa de son étreinte, et dit en s'éloignant :

— Allons!...

En ce moment M. de Pontarlier entra.

A cette vue, madame de Pontarlier tomba sans connaissance sur le parquet : tout était fini pour elle.

Les deux hommes s'arrêtèrent un instant en se rencontrant, Jacob surpris, M. de Pontarlier avec une expression d'effroi et de dégoût.

— Cet homme ici î dit ce dernier.

— Je suis bien aise que vous me reconnaissiez, dit Jacob avec sang-froid, Oui, je suis l'ancien caissier que vous avez envoyé aux galères.

Et, comme M. de Pontarlier regardait autour de lui, il ajouta :

— Si vous faites un mouvement, si vous faites mine d'appeler, voici qui me répond de vous.

11 montrait l'instrument que nous avons déjà vu figurer dans le cours de ce récit.

— Maintenant causons. Je me suis échappé du bagne; mais la police me cherche, et finirait par me trouver. J'ai l'intention de quitter la France, et, pour cela faire, j'ai besoin de cent mille francs; je viens vous les demander. Ceci vous étonne! Laissez-moi m'expliquer. J'ai un moyen sûr de vous déshonorer...

11 s'arrêta un instant, lira de sa poche le portefeuille de Frédéric, y prit une des lettres qu'il renfermait, et, la présentant à M. de Pontarlier interdit de tant d'audace :

—Connaissez- vous l'écriture de votre femme? dit-il ; regardez donc.

Pendant cette lecture , la figure de M. de Pontarlier exprima toutes les tortures d'une âme outragée honteusement.

— Ce portefeuille, continua Jacob, contient deux cents lettres comme celle que vous venez de lire; comprenez-vous? Vous pouvez me faire arrêter et reconduire au bagne, c'est vrai , mais non pas m'empêcher de publier les lettres que je possède; et qu'arrivera-t-il? Que le membre du conseil général, le futur député, riiomme considéré de tous, ne sera plus qu'un mari ridicule, le mari de Louise-la-Lionne enfin. Votre avenir est manqué, et, avec le vôtre, celui de votre enfant. Choisissez donc comme il vous plaira : cent mille francs, ou je retourne > au bagne en vous déshonorant !

Pendant que Jacob parlait ainsi , M. de Pontarlier, la tête baissée , et froissant dans sa main la lettre que Jacob lui avait remise , semblait en proie à la plus vive agitation ; sans doute il examinait sous toutes ses faces cette épouvantable situation qui venait de se révéler; à la fin, il ne dit à Jacob que ces deux mots :

— Suivez-moi.

— SS- II conduisit le forçat dans son cabinet, ouvrit sa caisse, y prit cent billots de banque qu'il compta un à un , et dit alors à Jacob :

— Rendez-moi le portefeuille.

— Donnant, donnant, dit celui-ci en prenant les billets d'une main , pendant que de l'autre il remettait à M. de Ponlarlier le portefeuille de Frédéric.

— Et vous ne reviendrez jamais en France? demanda M. de Ponlarlier.

— Je vous en donne ma parole d'honneur, dit Jacob en souriant, l'air y est trop malsain.

Et il s'éloigna lentement, sans paraître craindre que M. de Pontarlier ne se ravisât et ne le fit arrêter, maintenant qu'il s'était dessaisi de ses moyens de vengeance. Cet homme avait la confiance de la force; il croyait au bien dans les autres , parce qu'il savait à merveille ce qu'il faut de supériorité pour avoir le courage raisonné du mal .

On avait relevé madame de Pontarlier sans

connaissance; on ia transporla dans sa chambre, la fièvre la saisit et continua pendant trois jours avec une intensité croissante. Pendant ces trois jours, M. de Pontarlicr ne parut pas dans la chambre de la malade, il ne demanda à personne de ses nouvelles.

Le quatrième jour la fièvre se ralentit , et M. de Pontarlicr monta seulement ce jour-là dans la chambre de sa femme : il avait une lettre à la main.

— Madame, dit-il à la malade, qui, en le voyant, avait tressailli, voici une lettre qui vous est adressée; jusqu'à présent je n'avais décacheté aucune de vos lettres, j'ai du décacheter cellelà: elle est signée par Ernest Géruset, et je vais

vous la lire.

« Madame,

« Je vous ai obéi, j'ai tout lieu de croire que Vhomme (ce mot était souligné) n'existe plus;

quant à moi, je no dois plus vous revoir, mais je suis heureux de vous rendre le repos, au prix même de ma vie. »

Pendant la lecture de cette lettre, madame de Pontarlier s'était dressée sur son séant; en entendant ces derniers mots, elle retomba sur son lit, et murmura seulementd' une voix étouffée:

— Mort!

— Mort! dit M. de Pontarlier en se penchantà son oreille, et c'est vous qui répondez de son sang, puisqu'il est mort pour vous obéir.

Presque en même temps que cette lettre pour sa femme, M. de Pontarlier en avait reçu une autre à lui adressée par le propriétaire de l'hùtd garni où logeait Ernest Géruset, et qui lui coiv lirmait la mort du généreux enfant.

Une heure environ après cette scène, lu malade perditde nouveau connaissance, et l'agonie commença. M. de Pontarlier ne reparut plus dans la chambre de sa femme, unegardemahulc passa seule la nuit près d'elle; vers le

matin, madame dePonlarlier, qui, depuis quelques instants, ne donnait plus aueun signe de vie, soubrcsauta convulsivement; la garde s'approcha d'elle pour lui demander ce qu'elle voulait , elle recueillit sur sa bouche ces derniers mots dits d'une voix éteinte: « Au moins j'ai sauvé l'honneur de mon enfant. »

En les prononçant elle avait rendu l'àme.

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