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(luils (.lu travail (.rauliui. Il doit (loiii[)ter ses inclinations -ensuelk's, soit en obéissant à la direction imprimée par les gouvernants, soit on s'inspiranl de sa volonté guidée elle-même par la loi morale. Cette réaction continuelle de l'àme sur les organes physiques est au fond la meilleure culture de la v(>rtu ; c'est du moins celle qui est le plus accessible à toutes les conditions. L'amour du travail est l'une des grandes forces de l'homme civilisé, et l'une des causes de l'empire qu'il exerce sur le monde matériel, l^es résultats du travail sont le grand phénomène de la vie sociale ; ils transforment journellement la surface de notre planète ; ils sont l'évidente démonstrationdu pouvoir légitime queTliommeacquiert en se soumettant aux. deux grands préceptes du Livre -aint.
Au reste, la Providence reproduit dans cet ordre de faits sociaux l'haimonie qui apparaît dans l'œuvre entière de la création. Elle a voulu que l'apprentissage de la profession, comme l'initiation à tous les devoirs sociaux, fût une tâche difficile, et elle a relevé ainsi dans l'estime des hommes la perfection morale, qui est pour eux le but suprême. Elle a voulu également que la pratique incessante du travail et de la vertu fût la source des jouissances les plus durables qu'on puisse goûter dans la présente vie. L'habitude du travail attache les hommes à la religion, mieux que ne le font les loisirs de la richesse. Au milieu des traits excellents que présente l'organisation religieuse de l'Angleterre, on voit poindre çà et là, parmi les classes supérieures de ce pays, des symptômes de tiédeur. Les témoignages de ferveur, les entreprises de propagande et notamment les prédications faites sur la voie publique, émanent presque toujours de dissidents appartenant aux classes moyennes. Ces dissidents, voués avec acharnement aux Le Plav. 23
travaux de leur profession, considèrent le culte du dimanche comme la vraie diversion aux travaux des autres jours.
Le travail, source de progrès intellectuel.
Le travail, sous toutes ses formes, n'est pas seulement une des grandes sources de l'ordre moral : il est en outre un des principaux moyens de progrès intellectuel. On a souvent dit à tort que les travaux usuels, en absorbant les loisirs nécessaires aux exercices scolaires, abaissaient beaucoup le niveau des intelligences. Il importe sans doute qu'une certaine dose d'enseignement scientifique et littéraire soit jointe à l'apprentissage de chaque profession. Mais, en exagérant cette thèse, comme le font aujourd'hui les orateurs en quête de sutîrages populaires, on enseigne une dangereuse erreur ; on promet au savoir le succès que la vertu seule peut donner. Considérés dans les résultats qui en émanent directement, les travaux usuels constituent un excellent moyen d'instruction ; et, au sein d'une race inspirée par la religion et ennoblie par la famillesouche, ils confèrent aux simples artisans une haute valeur intellectuelle.
Le travail fécondé par les bonnes coutumes de succession.
Une société tire sa force de l'ordre moral, beaucoup plus que de l'ordre matériel ; en sorte que le travail, mi^me peu fructueux, est plus utile que la richesse. Le peuple (]iii. parmi privilège funeste, pourrait subsister
sans travail serait voué, par cela même, à une infériorité relative. N'a-t-on pas observé de tout temps le tort fait aux nations •'■(juatoriales par un climat bn'ilant <[ui, multipliant les [troductions spontanées, rend le travail à la fois moins nécessaire et plus pénible ? Par les mêmes motifs, les classes dirigeantes d'une nation j)erdent leur ascendant en devenant oisives. Ainsi, en France la noblesse comnii'iira ,î dt'cliner, dès tjue l'institution des armées permanentes l'eut dispensée du service militaire, iille tomba dans la corriii>tion, quand le mauvais exeujple des cours de François P'" et de Louis XIV l'eut détacbée des résidences rurales, des travaux agricoles et des devoirs du gouvernement local.
Lo ti'avail étant l'une des sources du bien-être matériel, de la culture intellectuelle et de la perfection morale, il y a un intérêt public à adopter toutes les mesures qui créent ou perpétuent les habitudes laborif'uses. Certaines sociétés anciennes ont atteint ce but en imposant formellement aux hommes l'exercice d'une profession, et en brisant au besoin par la force les résistances personnelles. Les sociétés modernes ont, en général, plus de ménagement envers les personnes • elles tolèrent, par exemple, l'oisiveté comme les autres vices qui ne troublent point ostensiblement la paix sociale. Elles ne se bornent pas cependant à demander aux moïurs et à l'opinion l'appui nécessaire pour triompher des propensions à la paresse ; elles les combattent encore par des institutions positives. C'est ainsi notamment (jue, par les coutumes de succession, elles laissent au père de f.iuiille le pouvoir rie transmettre à ses enfants les bonnes traditions du travail avec les autres pratiques de la vertu .
La naissance des jeunes générations renforce charnue
jour la propagande du vice.La virillesseoxerc(Ma propagande opposée : secondée par l'âge mùr, rompue par le sentiment de ses obligations aux devoirs du travail, elle a pour mission d'y dresser les jeunes gens, en réprimant chez eux les tendances innées aux jouissances sensuelles et à l'oisiveté. Le résultat de cette lutte reste toujours incertain sous le régime du partage forcé. La jeunesse riche y trouve le droit de gaspiller dans un coupable repos les ressources accumulées |)ar les aïeux ; en sorte que les salutaires inlluences du travail se conservent seulement chez les pauvres, qui sont le moins en situation d'en tirer des conséquences utiles pour eux-mêmes et pour la société. Ce funeste régime aencore l'inconvénient d'attacher au travail l'idée de contrainte, et de présenter l'oisiveté comme une condition enviable. A ces divers titres, le partage forcé est pour notre pays la cause d'un affaiblissement sans limites. 11 dégrade notre race à la manière d'une conquête qui attribuerait à un peuple ennemi le pouvoir de désorganiser périodiquement nos foyers et nos ateliers.
Le vrai but du travail : la vertu, non la richesse.
Le but suprême du travail est la vertu et non la richesse. Je comprends de plus en plus que l'intelligence de cette vérité contient en germe toute la science sociale. L'écueil de la richesse est indiqué par des faits contemporains, aussi bien que par les enscMgnements de l'histoire ; et il est signalé par l'Ecriture sainte en termes énergiques (1). Sans doute la richesse, fruit du tra-
it) .Jésus lui dit : Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous avez et le donnez aux pauvres, et vous aurez un tré-
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vail et lit' la liMiipéranct', csl par cllc-inèinc un élrmcnl do l)ien-tMro (>( de prospérit»'' : elle peut développer chez l'hoinme de nouvelle.s aptitudes : elle lui donne de nouvelles forces pour soumettre le monde physique à son empire. Sous ces divers rapports, elle est un des caractères les plus appariants d'une société pei'fectionnée. Enfin, quand elle restt^ unie à la V(Miu, elle devient, pour la race où se produit cette union hiciifaisantr, un(^ cause certaine de supérioiité.
Malheun'usement, l'accumulation rapide delà ri(diesse a toujours amené le résultat opposé. L'histoire ne nous montre aucune société qui, <>n s'enrichissant ra[)idement, ait pu conserver à la vertu une action souveraine. En permettant aux hommes d'échapper à l'obliiialion du travailla richesse les expose aux inspirations de l'oisiveté, des passions brutales et des appétits sensuels. Elle les conduit ainsi à chercher, dans la consommation égoïste des biens tiansmispar les aïeux, les satisfactions que ceux-ci avaient trouvées dans la création de l'épargne destinée à assunn- le hien-êti(> de leurs desrendants.
Dès qu'elle a ainsi créé les mauvaises mœurs et l'égoïsme, la richesse engendre bientôt l'indifférence pour les maux du pi'ochain. L'antagonisme naît alors du contact entre les pauvres voués à la misère et les riches livrés à toutes les jouissances du luxe. Ces funestes influences s'étendent de proche en proche, de la vie privée à la vie publique. Peu à peu les classes
sor dans le ciel, puis venez el me suivez. — Alors .Jésus dit à ses disciples : .Je vous dis en vérité qu'il est bien diflicil»; qu'un riche entre dans le royaume des cieui. — .Je vous le dis encore une fois, il est plus aisé qu'un chameau (ou un cible) passe par le trou d'une aiguille, qu'il ne l'est qu'un riclic entre dans le royaume des cieux (S. Mathieu, XIX, 21. 23 et 24).
dirigeantes deviennent incapables de remplir leur devoir : bientôt elles perdent les forces morales, sans lesquelles on ne peut imprimer aux subordonnés une utile impulsion ; enfin elles désorganisent la société en pervertissant par leur exemple les femmes, les jeunes gens et les classes inférieures. C'est cet encliaînement de causes et d'effets qui, des progrès mêmes d'une race d'hommes, a fait si souvent sortir la décadence. C'est ainsi qu'aux mauvaises époques, au spectacle de la corruption des riches, les esprits ont été conduits a l'idée pernicieuse de la chute fatale des nations.
Union nécessaire de la richesse et de la vertu.
La richesse cesse donc d'être bienfaisante, si les lois et les mœurs ne conjurent point le mal qui en émane, si le sentiment du devoir ne croît pas dans la même proportion que la fortune, si les plus riches et les plus puissants ne sont pas en même temps les meilleurs et les plus dévoués. Les institutions traditionnelles, qui inculquent à une race ce sentiment et ces habitudes, sont partout fécondes en résultats. Sous leur influence, les peuples jouissent constamment du plus grand des biens, de la paix publique fondée sur l'entente mutuelle de toutes les classes ; car ils ne contestent jamais le pouvoir aux autorités qui pratiquent les devoirs imposés par la religion, la propriété et la famille. Et c'est ainsi que notre vieille constitution fi'anraisc s'est maintenue pendant des siècles avec le \)n\\ci\u^ noblesse oblige . L'ère d(! n'^généraliitii qu'un V(jnlait inaugurer en 1789 ne sera définitivement ouverte (jue lejour où l'espritdu devoir sera restaun'' chez les classes dirigeantes.
,1e m'apiiuii' sur res ('ns(Mgncni('nl> di' l'histoire,
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corroliorés par les faits conteiiipoi'ains, pour établir dans l'et ouvrage plusieurs principes fondamentaux de la réforme sociale. Je consacre spécialement ce livre à certaines vérités expérimentales qui, chez les peuples modèles, classent dans l'estimedes hommes les diverses professions.
L'agriculture (l).
Prééminence reconnue de l'agriculture.
L'agriculture, complétée par quelques arts ayant comme elle pour objel l'exploitation des richesses naturelles du sol, de l'air et des eaux, suffit à la rigueur pour donner à une nation une prospérité permanente. Au contraire, les autres branches d'activité n'ont jamais fourni à aucune société de solides fondements.
L'agriculture produit surtout le blé, c'est-à-dire la matière alimentaire par excellence, celle qui, après le lait, réunifie plus complètement les éléments indispensables au corps humain. C'est ainsi quele blé s'assimile en grande quantité le phosphore, élément essentiel des os, dont il n'existe dans la plupart des sols que des traces imperceptibles. Cette merveilleuse concentration des matériaux du corps humain, dont la science commence à peine à révéler les mystères, est évidemment l'œuvre préparatoire des grandes accunuilations d'hommes ; elle a toujours été menée de front avec-la formation des sociétés denses et prospères.
L'agriculture offre seule aux familles-souches un moyen permanent de travail et de subsistance. Elle se prête avec une admirable élasticité à toutes les convenances de la petite ou de la gi-ando industrie. Elle s'organise spontanément, selon l'état intellectuel ou moral des familles, et selon les rapports si divers qui peuvent existe!' entre elles. Elle étalilil entre l.i fainille. Ii' soi,
(1) 1.(1 Ri- l'arma sociale, II, livre IV.