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fondé un système d’économie politique nouveau et vrai, et a rendu ainsi un éminent service aux Etats-Unis.
« Elle invite le professeur List à composer deux ouvrages, l’un savant, où la théorie sera complètement développée, l’autre populaire, destiné à la propager dans les écoles.
« La Société souscrit pour sa part à cinquante exemplaires de ces écrits; elle engage les législateurs des Etats intéressés au système américain à suivre son exemple, et elle emploiera tous les moyens pour répandre un tel ouvrage.
« Pour rendre hommage au professeur List de l’estime qu’elle lui porte, elle donnera en son honneur un repas à l'hôtel de M. Head, et elle y invitera les plus notables des concitoyens.
« Signé : le président, Charles Ingersoll; le secrétaire, Redwood Fischer. »
La notoriété de List ne l’avait pas tiré d’une situation matérielle médiocre. L’enthousiasme de la jeune République, Le ton « quirite » des procès-verbaux de ses sociétés, toutes ces civilités et ces marques de reconnaissance qui sentent à la fois la politesse exquise et timide des jeunes Etats et leur désir de devancer leurs aînés, tout cela aurait été monnayable que List n’eût pas voulu le monnayer. Il se met au travail avec ardeur, il rédige l’introduction du premier des deux ouvrages commandés, la livre à l’imprimeur, lorsque Mme List, peut-être rongée par son anxiété devant la médiocrité matérielle de leur situation, tombe à nouveau malade. Il lui faut l’air de la montagne. List part à la recherche d’une maison montagnarde convenable.
Il se promène sur les monts voisins de Reading lorsque
son attention est attirée par ce qu’il croit être « une couche.
de charbon de terre ». Il garde précieusement le secret pour lui pendant quelques jours, mais va visiter les mines voisines, se renseigne sur la façon scientifique par laquelle on reconnaît la houille. Il va tenter, en cachette, de petites expériences. Un beau jour, sa conviction est faite : il a découvert un gisement houiller. Mme List, d’abord sceptique, se rend bientôt à l’évidence. List achète le terrain à un propriétaire étonné sur lequel List ne veut d’ailleurs faire aucun bénéfice malhonnête, et qui n’aura par la suite qu’à se louer du bon fonctionnement de la mine dont il sera actionnaire privilégié. LE
Difficultés matérielles persistantes
Une promenade en montagne
La mine
Utiles réflexions
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List est obligé de renoncer temporairement à ses travaux économiques : le voilà « grand mineur » et, bien entendu, le brasseur d’affaires se trouve en son élément. Une société au capital de sept cent mille dollars (trois millions sept cent quarante-cinq mille francs) est fondée. M. le professeur List, administrateur de la société, devient un personnage du monde industriel américain. Il est à son affaire lorsqu'il s’agit des questions financières de la Société, mais, et il a le courage de se l’avouer, il n'est, malgré ses efforts, qu’un novice dans l’art minier. Il a la prudence d’écouter de sages conseils. Cet homme, qui jusqu’alors s’est entouré de médiocres qu’il domine aisément, choisit maintenant ses collaborateurs avec le plus grand soin. Son personnel technique est d’une parfaite compétence. List n’est grisé que par sa situation toute nouvelle de « grand patron ». Il se révèle d’une bienveillance, d’une humanité parfaites à l’égard de tout son personnel. IL ose dire, en un temps où, même aux Etats-Unis, la conception des devoirs sociaux est assez élémentaire, que le devoir du patron ne s’arrête pas à l’attribution d’un salaire permettant aux ouvriers de vivre. Il fait pour eux un réel effort. On le sent prêt à étudier avec soin les rapports entre patronat et salariat.
À vrai dire il n’en aura jamais le temps, mais son expérience des mines de Reading ne sera pas perdue. Il se met en tête, grâce à ses observations et à ses réflexions, quelques idées qui contribueront fortement à la construction de sa doctrine nationale : tout d’abord, le devoir d’une nation est d’embaucher sa propre main-d'œuvre, afin que le citoyen mette en valeur son propre sol et donne à sa patrie le fruit de son travail. La création d’une industrie nationale est une source de richesse réelle puiqu’elle donne du travail aux citoyens de la nation; au contraire, l’importation des produits étrangers, laissant les nationaux sujets aux dangers du chômage, les prive de l’exercice d’un travail et soumet la collectivité nationale aux exigences de ses fournisseurs. Le bénéfice réalisé par ceux-ci, la nation importatrice s’en prive : le gain véritable est réalisé par le producteur étranger, il est perçu sur la nation importatrice, qui, payant son fournisseur, paie en même temps les frais indispensables de transport. Si la nation s’imposait
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‘le sacrifice immédiat nécessaire à la création de l’industrie sur son propre sol, elle arriverait à garder pour les siens le bénéfice qu’elle donne à l’étranger, et l’opération qu’elle ferait ne manquerait pas d’être fructueuse, puisqu’une mise de fonds immédiate dispenserait du versement régulier du tribut versé au fournisseur étranger au moins en compensation des frais de transport.
L'homme qu’animent de telles pensées, qui illustreront ses écrits postérieurs, est un Allemand exilé : il raisonne d’une façon plus américaine que la plupart des citoyens de l'Etat fédéral.
Le gisement exploité se trouvait à quelque distance du canal de Fchuylkill. Frédéric List comprit tout ce qu’il pouvait gagner à être relié au canal par une voie ferrée. Il mit aussitôt à l’étude un projet de chemin de fer reliant Tamaqua à Port-Clinton, qui pouvait rendre les plus grands services à toutes les mines et entreprises de la région. On conçoit ce qu’un tel projet a de téméraire à cette époque où seule l’Angleterre a osé construire deux lignes de quelque importance. Mais List sait soulever l’enthousiasme de plusieurs hommes politiques, notamment d’Henry Clay qui comprend quel rôle le chemin de fer peut jouer dans l’unification de l’économie nationale. List et les principaux industriels intéressés par le projet versent les premières subventions. Sous le haut contrôle de List, la ligne se construit, les services qu’elle rendra seront unanimement appréciés et la mine de List sera la première à en bénéficier. Et List pense à l'intérêt que présenterait pour sa chère patrie allemande la construction d’un réseau de chemins de fer. Il dessine des voies ferrées sur la carte d’Allemagne. Il fait de longues listes des arguments qui pourraient convaincre l’opinion publique allemande. Il se remet en rapport avec d'anciens amis de la Société de Commerce et il écrit à un fonctionnaire bavarois, ingénieur fameux dont il a lu le grand ouvrage sur l’emploi des machines hydrauliques .dans les mines, appartenant à une grande famille de savants et d’artistes, Joseph von Baader, plusieurs lettres que celui-ci fait paraître dans la Gazette d’Augsbourg. Ces lettres soulèvent un vif intérêt, sont passionnément discutées. Les partisans des chemins de fer en font état en Angleterre même. Des démarches sont faites par des groupements industriels auprès du roi de Bavière
Une voie ferrée
Conseiller de
Jackson
La France et La Fayette