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CHAPITRE Ii

Influence de List sur les Doctrines :

en Amérique, en Allemagne, en Angleterre

De Carey:à l’autarcie. Patten. Dühring. Adolf Wagner et le socialisme de la chaire. Schmoller. Schaeffle. Toynbee. M. et Mme Sydney Webb. Cole. Sir Oswald Mosley.

Section première L'INFLUENCE DE LIST SUR LES DOCTRINES EN AMÉRIQUE

« Les grands ouvrages, ceux qui marquent une étape dans l’évolution du génie humain, sont toujours utilisés dans les sens les plus divers, ce qui est une preuve de leur utilité générale et de leur vérité : ainsi le Discours de la Méthode de Descartes sera-t-il aussi souvent, et avec autant d'intérêt et de profit, utilisé par les catholiques et les rationalistes » (Ajam). C’est ainsi que l’œuvre de List sera immédiatement exploitée à des fins contraires, par des doctrinaires appartenant à des écoles antagonistes. Il suffit, pour s’en rendre compte, d'examiner tour à tour l’emploi que fait Carey de la doctrine de List, et celui qu’en fait Dühring.

Fils de Matthieu Carey, qui vice-présidait la Société Pennsylvanienne lorsque List, aux Etats-Unis, bénéficiait de l’utile appui du président Charles Ingersoll, Henry Carey n’était que de quatre ans le cadet de Frédéric List, mais il n’en eut pas la précocité. Accaparé par la direction de la librairie fondée par son père à Philadelphie, il ne se con-

Carey

D'abord libéral

Conversion

sacra vraiment aux études économiques que vers 1832, aidé cependant par des lectures antérieures nombreuses. Matthieu Carey avait toujours été, sur la question du commerce international, un hésitant : du progamme de List ce qui l’avait enchanté était surtout la partie immédiatement constructive, celle qui préconisait l’entreprise de grands travaux, et notamment de travaux facilitant les communications, mais, quant à la question de la protection du travail national, il n’était pas aussi absolu qu’Ingersoll et n’envisageait qu’une politique de protection paternelle de l'Etat, sans admettre un programme complet comme celui du nationalisme économique. Matthieu Carey avait, au demeurant, les défauts de la plupart des grands commerçants américains, qui croyaient que l’association en groupements homogènes des principaux commerçants des cités, pouvant exercer une forte pression sur les pouvoirs publics, suffisait au salut économique du pays et permettait de lui faire adopter une politique d’opportunisme et d’oscillations. C'était là une application erronée du programme de List, et celui-ci n’avait pas ménagé ses critiques aux membres de la Société Pennsylvanienne qui tenaient un tel langage : en effet, c’eut été, à ce compte-là, ce programme qui eut assuré la domination des commerçants, reproche que List adresse plus fortement que tous autres au système d'Adam Smith.

Henry Carey, à qui la plus grande indépendance fut laissée par un père veillant à ne jamais l’influencer, commença par accorder ses sympathies aux libre-échangistes. C’est ainsi qu’en 1835 il fait paraître son Essai sur le taux des Salaires qui connut un grand succès dans les milieux libéraux, et leur fit fonder les plus grands espoirs sur l’auteur américain. L'activité de Carey et son autorité commencçante en matière économique contribuèrent pour leur part à l’orientation de la politique des Etats-Unis vers cette liberté commerciale, tentée en 1838, dont List tira si grand profit, en faisant une des illustrations principales des méfaits des compromis libéraux soumettant un pays insuffisamment évolué au point de vue manufacturier à la tyrannie commerciale de l’Angleterre.

Cet exemple historique fut « le chemin de Damas » de Carey : « il brûla ce qu’il avait adoré » (Thomson), et donna l’exemple d’un revirement, d’une conversion comme

on en compte peu dans l’histoire des auteurs économiques. En 1848, son livre Le passé, le présent et le futur est un ardent plaidoyer en faveur de la protection. On aurait pu y trouver trace d’une influence systématique de Frédéric List, mais déjà l’influence doctrinale est très nette : elle l’est encore plus dans l’Harmonie des intérêts agricoles et manufacturiers de 1851 et dans son chef-d'œuvre, Les principes de la science sociale, dont la publication était achevée en 1860.

Théoricien du commerce international, Carey, que certains ont accusé de « cynisme », considère, après l’expérience de 1838, que le commerce international ne présente d'avantages pour un pays qu’autant que la balance lui est favorable, qu’autant que les exportations sont supérieures aux importations, ce qui revient en définitive à endetter les Etats importateurs. C’est un retour à la théorie de la balance du commerce, et Carey est peut-être ici plus près des mercantilistes que de l’auteur du Système National. Cependant, il ne fait là que des constatations, constatations que List a déjà faites pour son compte. Carey, qui a cru aux vertus du libre-échange, constate par expérience que la tentative de liberté a été profitable à l’Angleterre et coûteuse à l'Amérique du Nord, et il dresse le bilan de l’opération. Lorsqu'on essaie sur ce point de le mettre en contradiction avec Frédéric List, en soutenant que List a cherché à pousser les Etats-Unis vers une politique les remettant à égalité avec les plus grandes puissances manufacturières et commerciales, tandis que Carey aurait cherché à les pousser vers une politique leur assurant la supériorité sur ces grandes puissances afin d’établir la suprématie américaine, il est certain qu’on dénature, en les exagérant, les idées de Carey, et qu’en tous cas, même si Carey avait soutenu pareil programme, il n’y aurait pas désaccord avec List au moins dans la première partie de son application.

Son programme, en réalité, est avant tout défensif, comme celui de List : un pays doit chercher d’abord à assurer son indépendance, à échapper aux contre-coups des “crises économiques qui peuvent troubler les Etats fournisseurs. Il faut donc que l'Etat accroisse et perfectionne sa production nationale, et pour cela, il faut qu’il consacre ses principaux efforts aux manufactures, Carey ne va pas

Programme défensif

Protectionnisme agricole

souligner moins fortement que List — et il le fera même avec plus de méthode — l’utilité d’une politique manufactu-

rière, parce que la manufacture non seulement a'sa vie pro-

pre, mais fait vivre les industries avec lesquelles elle est en rapport, agriculture et commerce; c’est elle qui se trouve au centre même de la vie économique de la nation, puisque c’est d'elle que dépendent les débouchés de l'agriculture et de la production des matières premières, et puisque c'est elle qui conditionne le commerce. Dès lors, Carey peut justifier la supériorité de l’intérêt que l'Etat doit porter aux manufactures, puisque c’est la seule branche de l’activité nationale qui détermine la prospérité des autres branches.

Et Carey, étant donné son admission des principes généraux du nationalisme, nous semble plus logique que Frédéric List lorsqu'il demande la généralisation du .protectionnisme et notamment son application à l’agriculture. Aux yeux des libéraux, c’est là une régression, une rechute vers les méthodes mercantiles : on ne laisse ‘plus à l’agriculture le privilège de la liberté physiocratique que List sauvegardait, on va retomber dans les erreurs de la politique des grains. Aussi Carey, qui pense avec raison qu’il n’y a pas de motif à appliquer à l’agriculture une politique contraire à la politique appliquée aux autres activités économiques, a particulièrement à cœur de démontrer que cette unité de politique est nécessaire à toutes les branches de l’activité économique nationale. Tout d’abor@ il déclare qu’au jour où la force manufacturière aurait empêché l’Etat de pouvoir consacrer une partie de ses forces à l’agriculture, la situation serait aussi terrible que celle d’un Etat purement agricole et par conséquent privé des bienfaits de l’industrie manufacturière. Il y a là une simple remarque de bon sens, mais d’une haute importance : en effet, si la théorie de List, qui prive l’agriculture d’une protection appliquée aux autres activités économiques et qui constate qu’en pays manufacturier la rente foncière du sol non employé à l’agriculture est supérieure à celle du sol agricole, si cette théorie conduit le pays pratiquant le nationalisme économique à porter tout son effort sur la manufacture, elle risque de soumettre à nouveau ce pays à la suprématie commerciale des pays dont il aura besoin et qui seront cette fois les producteurs de matières premières agricoles. D’autre part, le pays qui n’a

que des ressources agricoles insuffisantes et qui n'hésite pas à faire appel aux autres nations pour s’alimenter, sous prétexte que sa balance commerciale est bénéficiaire en vertu de son excédent d’exportation d'objets manufacturés, non seulement risque, en cas de difficultés internationales, de se trouver économiquement menacé,. mais encore, étant obligé de payer le prix du transport des denrées agricoles que les trafiquants ont amenées jusqu’à lui, se condamne à la vie chère. Tandis que le pays à la fois agricole et manufacturier, qui sait encourager son agriculture et la protéger, évite d’avoir recours aux pays étrangers, et évite ainsi, au besoin après une phase de sacrifices nécessaire à l’implantation d’une nouvelle culture dans le pays. le paîment du prix correspondant au salaire du trafiquant. Carey n’a pas poussé son raisonnement jusqu’à son extrême limite, car il aurait pu insister sur ce fait que le sacrifice consenti par l’implantation d’une nouvelle culture est amorti par la dispense des frais successifs d’importation. Ainsi, sur cette question, Carey est plus près de Colbert que de List, mais, alors que la politique mercantiliste de Colbert laisse tout de même l’agriculture dans un état d’infériorité — en ce sens qu’elle n’est considérée que comme l’élément de base, aisément privé de perfectionnement, d’un édifice économique —-, elle devient pour Carey non seulement cet élément de base, mais en outre un élément supérieur, d’une importance égale à l’activité manufacturière. Et Carey insiste sur l'intérêt que présente pour l'Etat le voisinage entre industrie manufacturière et régions agricoles, évitant les frais de transport. Il rejoint List sur la nécessité de moyens de transports pratiques et peu coûteux.

Il convient de situer la pensée de Carey par rapport à celle de List sur deux autres questions : List envisageait l’économie politique moins comme une science de la richesse que comme une science humaine, les données de son système étant appuyées sur la conception des vraies nécessités des hommes dont l'Etat est le groupement naturel. Carey surenchérit sur ces notions d'économie nationale, et il situe son programme de protection avant tout sur les avantages qu’il présente pour. les éléments sociaux : il reprend à peu près les idées de List en ce qui concerne les chefs d'entreprise, mais il développe cette idée qu’une éco-

Un programme social

La rente foncière

nomie protectionniste améliore fatalement le sort de l’ouvrier : pour lui, la faiblesse des salaires est due en grande partie à l’obligation où se trouvent les entrepreneurs de se prémunir contre le péril de la concurrence étrangère. Au contraire, dans le régime protectionniste, les entrepreneurs sont naturellement à l’abri de cette concurrence, et par conséquent assurés d’une clientèle qui leur appartient, ce qui leur permet d'élever le taux des salaires. Plus artificiellement, Carey s’efforcera de démontrer que la différence existant entre les entrepreneurs nationaux favorise les ouvriers et constitue pour eux le moyen le meilleur de faire hausser leurs salaires.

Ensuite, regardons l'attitude de Carey en face de la question de la rente foncière. Comme List, il observe que

cette rente et le prix du sol sont accrus par l’existence

d’une vie manufacturière. Il déplore l’exportation des produits agricoles parce qu’ainsi les éléments fertilisants de ces produits ne seront pas restitués à la terre nationale, comme ils l’eussent été grâce à une demande de la popuiation manufacturière du pays. Mais il faut surtout retenir l’opposition qu'il fait à la théorie ricardienne qui prétend que la rente du sol s'élève au fur et à mesure que la demande s'accroît, que le sol s’épuise et que les terres à mettre en friche sont plus stériles. Pour Carey, qui s’appuie sur des exemples historiques de colonisation, les hommes pénètrent d’abord sur les terres les moins fertiles, parce que celles-ci sont fatalement plus désertes et plus accessibles, et ce n’est donc que petit à petit qu’il s’attache à l'exploitation de terres plus fertiles, mais d'accès plus difficile et nécessitant plus de travaux préparatoires, comme le déboisement. A ce sujet, très justement, M. Camille Perreau constate que Carey peut avoir raison pour une société jeune mais qu’il revient à la théorie de Ricardo au jour où la société aura vieilli et où toutes les terres auront été défrichées. Notons aussi, ainsi que nous le faisait remarquer notre regretté et savant ami l’explorateur Jean Thomas, qu’aujourd’hui la thèse de Carey est loin d’être exacte quant à l’évolution économique des peuples jeunes, ceux-ci se trouvant plus immédiatement en. contact avec les pays producteurs d’objets manufacturés, et faisant tendre tous leurs efforts vers l’exploitation des richesses naturelles de leur sol bien avant d’avoir utilisé les terres

d'accès plus facile mais moins productives. Ce qu'il faut retenir de la thèse de Carey c’est que, selon lui, les rendements du sol iraient en croissant. Il convenait de signaler cet apport à la théorie de List, d’une nature d’ailleurs toute différente, qui nous semble fort erroné mais qui nous montre le souci que tous les disciples de List auront de ruiner, dans tous les domaines, les théories de l’école régnante (1).

Carey est-il vraiment un disciple de List? Les opinions, à ce sujet, sont très différentes. On s’étonne que des économistes qui, comme M. Rist, étudient l’un après l’autre List et Carey et sont par conséquent obligés de révéler la similitude de leur système, aillent jusqu’à dire : « Malgré tout ce qui les rapproche, Carey ne s’est pas inspiré de List. » Cependant, les ouvrages protectionnistes de Carey ont succédé presqu’immédiatement à ceux de List; ils apparaissent au lecteur comme une reprise des mêmes données, avec une attention accrue sur les problèmes les plus inquiétants et même avec une exagération des conclusions originales de List : cela, et la fréquence des citations que Carey fait de List, semblent de grands arguments. Mais pour M. Rist, Carey avait ses idées, dictées par la leçon de choses que lui proposait l’Amérique d’alors, et ïl n’a cité List, en quelque sorte, que dans sa joie de se rencontrer avec un auteur contemporain. À la suite de M. Rist, et reprenant d'ailleurs ses commentaires, plusieurs économistes ont voulu voir en Carey un homme nourri des idées protectionnistes très répandues alors sur le continent américain, et qui se serait très bien dispensé de citer Frédéric List s’il n’avait vu là une façon d’attirer l'attention sur son œuvre, en mettant en lumière ses rapports avec celle du célèbre économiste allemand ami de l'Amérique.

Il convient plutôt, selon nous, de se rallier à une opinion modérée : Carey doit sans conteste sa conversion au protectionnisme à une compréhension personnelle des faits,

(1) La théorie de Ricardo aboutit en fait à l’établissement de l’impôt sur la « plus-value imméritée ». Ricardo s’est toujours défendu d’avoir pensé à l’établissement de cet impôt : il va même jusqu’à le déclarer injuste, le considérant notamment comme un acte de partialité en faveur des fermiers. Mais son plus réputé disciple, Henry George, préconise cet impôt, et nous retrouvons une idée analogue dans le projet Oualid-Ajam qui fut proposé jadis au Parlement sur & la plus-value sociale »,

Carey disciple de List

et ceci est prouvé par un examen même sommaire de son existence. Mais, une fois converti, il était tout naturel qu'il se dirigeât vers les exemples de la doctrine précédente, qu'il portât un intérêt particulier à celle de List, son devancier, et qu’il s’attachât à compléter cette: œuvre autant qu'il le pouvait. Bien souvent, il n’est que le commentateur de List, et les problèmes qu’il se propose de résoudre lui viennent à l'esprit à la suite de lectures qu’il a faites, quand bien même la solution en serait surtout puisée dans sa réflexion personnelle. List pensait à sa chère Allemagne lorsqu'il proposait aux Etats-Unis un programme nationaliste, l'exemple de cette Allemagne fut la principale inspiratrice du Système National : Henry Carey sera toujours inspiré par l’exemple des Etats-Unis, et c’est à eux que s’adressent les Principes de Science sociale. Mais List est plus prudent que Carey : son système est plus général et il prend soin de bien préciser les. trois phases de l’application du Système National. Carey au contraire ne s’embarrasse pas de ce qu’on a appelé, par une terminologie assez fantaisiste, le « méthodisme sociologique » de List. Carey est beaucoup plus protectionniste par principe que par méthode, et, plus que List encore, il se soucie davantage de l'Etat que de la société, et du présent que du futur. Il n’expose pas comme List les dangers du protectionnisme pour les Etats trop petits ou trop peu évolués. C’est de Carey beaucoup plus que de List que s’inspireront tous ceux qui, sous des climats différents, pousseront à l’autarcie les différents Etats. Le protectionnisme systématique des petites nations est souvent inspiré par Carey ou rattaché, plus ou moins sincèrement, à son influence. Carey, voulant que la nation se suffise à elle-même, qu’elle réalise l’état économique complexe qui assure son indépendance, n’admet pas les restrictions de List, alors que celui-ci limitait un tel protectionnisme à des Etats singulièrement évolués, et qu'il faisait de cet état complexe beaucoup plus un idéal vers lequel on doit tendre qu’une réalité de laquelle on peut vivre. Carey, ou plus exactement les disciples de Carey, finiront par oublier Frédéric List et oublieront par là même les mesures de prudence de ce dernier : ils seront parmi les principaux propagandistes de ce protectionnisme théoriquement applicable à tous les Etats, quelle que soit leur force productive et leurs capacités, qui n’a pas cessé d’accentuer,

de: nos: jours; la tragique querelle des: égoïsmes: nationaux:

L'influence exercée par Carey fut assez considérable non seulement sur les doctrines — et il ne nous appartient pas ici de la rechercher à partir du moment où elle: éclipse cellé de List et s’en distingue à la fois —, mais aussi sur les faits sociaux, économiques et politiques des Etats-Unis. C’est ce que remarque Jenks dans son livre sur Henry Carey, sans mettre d’ailleurs en valeur autant qu’il conviendrait la facon dont l’œuvre propre de Carey fut en ce domaine facilitée par l’œuvre précédente de List qui, ainsi qu’on le verra, eut sur l’orientation économique des Etats- Unis une influence prépondérante.

Un disciple américain de Carey et de List, plus encore du. second. que du. premier, le professeur Patten, réalise une curieuse association des pensées hédonistique et nationaliste. Son nationalisme économique est tellement poussé que:la peinture qu’il en fait ressemble presque à une caricature. Sa théorie porte d’ailleurs aussi bien sur des considérations morales, étant entendu qu'il s’agit de morale sociale, que sur des considérations économiques.

Patten prétend déterminer avec précision le moment où le pays qui aura pratiqué la phase de sacrifice qu’impose le programme de nationalisme économique, devra renoncer à la protection pour revenir à la-liberté. On voit donc qu’il est fidèlement attaché jusqu’à présent au programme de List. Mais le but du nationalisme économique n’est plus, chez Patten, de tendre vers l’état économique et complexe. Il ne s’agit plus d’accroître la prospérité nationale par l’implantation de cultures ou d'industries étrangères. A la notion de cosmopolitisme dans l’ordre international, qu’il repousse du point de vue théorique, il joint celle du cosmopolitisme à l’intérieur de la nation, qu’il ne déplore. pas moins.

Chaque pays se trouve dans des conditions climatiques, géologiques, hydrographiques et humaines déterminées : ce. sont là les données impératives de chaque vie nationale: Et la nation ne doit pas chercher, en quelque: sorte, à « truquer » la nature, à la trahir. En cherchant à implanter: sur son sol des produits étrangers, elle se livre à une œuvre à laquelle elle n’est pas destinée. À cela, on pourrait répondre que l’expérience prouvera si la culture implantée

Jenks

Patten

L'économie fermée

Critique

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