Il me semble pourtant que dans ce vers
Soun pourtulan a la nuin — que fuieto...
« son portulan à la main, qu'il feuillette, » — il ne peut pas y avoir de doute : la césure tombe après la 7e syllabe.
Pour donner corps à toutes les observations précédentes, je citerai, en les scandant, quelques vers du texte pris dans le tableau de l'arrivée en Avignon.
Avignoun ! Avignoun — sus sa grand Roco!
Avignoun, la galoio — campaniero
Qu'uno après l'auiro — en l'ér ausso li pouncho
De si cîouchié — clavela d'embourigo ;
Avignoun, la fiholo — de sant Peire,
Que dins soun port — n'a vist la barco à Vancro
E n'a pourta li clau — à sa centuro
De merlel ; Avignoun, — la gento vilo
Que lou mistrau estroupo — emai descouifo
E que, de tant — qu'a vist lusi la glori
N'a counserva — que l'inchaïenco d'elol
La scansion de l'avant-dernier vers est discutable. Et si quelqu'un me disait qu'il y a une césure après la seconde syllabe, le reste du vers devant se débiter sans arrêt, d'un seul mouvement, il n'aurait peut-être pas tort. Je serais sur ces questions un peu moins décidé que M. J. Vincent. Mais cela ne m'empêche pas de goûter beaucoup la finesse et le savoir de son chapitre sur la versification de Mistral.