‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 108 sur 235 · SOCIETE DE SALNT-VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

SOCIETE DE SALNT-VINCENT DE PAUL

Après M^' l'Archevêque de Paris qui présida plusieurs fois les assemblées générales, Ozanam nomme les archevêques d'Avignon, de Cambrai, de Tours; les évêques de Coiitances, de Tulle, de Sainl-Flour. Il lit les lettres de ceux de Besançon, de Dijon, du Mans, de Saint-Claude, d'Aire, de RoJez, de Versailles; il présente celles de Bourges, de Rennes, de Vannes, de Saint-Brieuc, d'Autun, de Langres, de Limoges : « Messieurs, dit-il en résumant, nos conférences de province ont germé au pied des cathédrales : elles existent dans quarante-cinq diocèses ; dans tous avec l'approbation de l'autorité religieuse et sous le patronage des prélats qui leur ont ouvert leur chapelle, leur palais, et habituellement leur bourse. » Il cite l'archevêque de Lyon, le cardinal d'Arras, les évêques d'Amiens, de Nîmes, de Metz, d'Orléans. « L'épiscopat des Gaules tient la première place dans l'histoire de la civilisation chrétienne. Toutes nos grandes choses se sont faites par ses mains; et les plus petites peuvent grandir à son ombre. » — De là Ozanam monte jusqu'à Rome, au Vatican, et il y fait voir des confrères agenouillés pour y solliciter la bénédiction du Saint-Père sur la jeune famille de Vincent de Paul. Il avait été l'un de ces solliciteurs de la première heure.

Dans sa Notice sur Ozanam, Lacordaire a parlé de « ces créatures privilégiées qui sont faites de la main de Dieu, quand Dieu, pour toucher le monde, veut unir quelquefois la tendresse au génie ». Et c'est la tendresse, la bonté, la charité, l'indulgence, la douceur, qu'il admire dans Ozanam, jusqu'au plus fort de ces combats où k abrité, invincible sous le bouclier de la vérité, il tempère dans son épée la

force qu'il y sent, de peur d'achever la mort de quelque âme qui peut encore revivre ».

Dans les années qui suivirent 18i0, la polémique était ardente entre les partis politiques et religieux; et il arrivait parfois aux catholiques eux-mêmes de se porter à des emportements de plume et de lang-age que ne justifiait pas la justice de leur cause et les excès de leurs adversaires. L'esprit de mesure et d'équité qui était dans Ozanam s'en montrait offensé et effrayé en même temps. Beaucoup l'étaient avec lui. L'ami de la jeunesse estima de son devoir de la prémunir contre ces voies âpres par lesquelles la vérité n'arrive pas aux âmes.

Sa présidence de la conférence littéraire du Cercle lui en fournit une solennelle occasion. A ce titre, il dut faire entendre sa parole dans une solennité honorée de la présence de M"' Affre, le nouvel archevêque, devant un grand nombre de personnes respectables du dehors, sympathiques à l'œuvre et à l'orateur de la journée. « En acceptant cet honneur, rapporte-t-il lui-même, j'avais consulté d'avance Sa Grandeur, sur le sujet de mon discours. Elle insista vivement pour que je traitasse ces questions, sur lesquelles Elle paraissait bien aise d'avoir à s'expliquer publiquement. »

Le discours traita des Devoirs littéraires des chrétiens. Il parla de Vorthodoxie dans les lettres, comme en étant le fond, la lumière et la sécurité. Il parla de la controverse et de la défense de la vérité chrétienne, selon l'esprit et les préceptes et les exemples de l'Évangile, des apôtres et des apologistes de la foi. Elle s'inspirera donc du double amour de la vérité et de la charité, de la miséricorde et de la paix. Il cite ces lignes de Pascal : « La conduite de

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