‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 116 sur 235 · VIE DE FAMILLE, DE TRAVAIL ET DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

VIE DE FAMILLE, DE TRAVAIL ET DE CHARITÉ

LA PATERNITÉ. — LABEUR ET BONHEUR. LA GERMANIE. — M. GOSSIN. — LES OUVRIERS.

Depuis le commencement de 1844, Ozanam avait eu le bonheur d'être réjoint à Paris par ses deux frères, l'abbé et l'étudiant, qui partageaient avec lui son habitation de la rue de Fleurus. Le IV janvier, il aiiQonçaità Lallier qu'il y avait appelé sa vieille bonne, Guigui. « Elle ne pouvait se résoudre, après plus de soixanteans.de services, écrit-il, à quitter les enfants de ses maîtres. Ainsi, vous le voyez, ajoute-t-il, j'ai emporté, en quelque sorte, les murs de la maison paternelle pour les relever à Paris : tous les portraits de famille, quelques vieux meubles de ma grand'mère : ces reliques auxquelles s'attachent tant de souvenirs! Nous avons ainsi repeuplé notre existence autrefois un peu solitaire ; et nous nous sentons mieux établis dans notre ménage, qui n'est pas sans gaité. » Un piano de la maison Pleyel contribuait pour sa part au charme de cet intérieur d'artistes. Ozanam n'était pas musicien, mais il avait le sentiment et le dis-

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cerncment du beau en tout genre, et M'"" Ozanani excellait dans l'art de faire passer son àme dans son jeu, pour arriver à la sienne.

Ozanam nomme quelques-uns des amis qu'il recevait alors plus habituellement : les collaborateurs au Correspondant^ Walson le directeur, le D' Gouraiid, le C® de Carné, M. de Champigny. Il y appelle Foisset. Puis de jeunes écrivains : Maxime de Montrond, le baron de Montreuil, Jourdain [Charles de Sainte-Foi), Amédée Gabourg, l'illustre Cauchy. Ernest Lelièvre étudiant y parut quelquefois.

Est-il besoin de dire qu'Ozanam allait très peu dans le monde? Quand il étudiait à Paris, Ampère fils l'avait présenté dans le célèbre salon de M™'' Récamier. Il s'y rendit de moins en moins. Et comme elle lui en faisait l'aimable reproche, il répondait modestement et sensément : « Je suis trop jeune. Madame, pour une société si savante et si grave. Quand j'aurai une carrière, dans six ou sept ans d'ici, je reviendrai vous offrir plus fréquemment mes respects, si vous le permettez. )> Lorsqu'il revint à Paris, professeur, marié, lune de ses premières visites fut à l'illustre dame de l'Abbaye-aux-Bois. « Ah • s'écria-t-elle en le voyant entrer, que vous avez donc tenu strictement votre parole! 11 y a juste sept ans de votre dernière visite. » Ozanam avait oublié la promesse, mais il lavait tenue.

Heureux de sa vie de famille, Ozanam aspirait néanmoins à la partager avec tous les siens. Ce qui lui faisait écrire : « D'autres désirs s'agitent dans nos cœurs ; et nous sentons que, malgré tous les soins qu'on prend pour la félicité d'ici-bas, Dieu pourvoit à ce que nous ayons toujours besoin d'en espérer une autre. » Ces autres désirs d'affectueuse réunion

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