‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 117 sur 235 · LA VIE DE FAMILLE · texte numérisé non relu

LA VIE DE FAMILLE

venaient d'être remplis, avril 18'*5, par l'arrivée de M. Soulacroix au poste qui le fixait, lui et sa famille, à Paris, Un gros nuage assombrissait cette félicité parfaite : c'était l'état d'infirmité plutôt aggravée de leur fils Théophile. Ozanam, en vrai frère, prit à tâche de charmer l'ennui et le désœuvrement de ses longues journées d'immobilité. Il l'initia, l'associa même à ses études germaniques. <c II sait parfaitement l'allemand, écrivait-il à M. Léon Bore, alors à Munich; et Dieu, qui l'a privé de tant de choses, lui a donné une très belle intelligence. Il a surtout besoin de ne pas se sentir inutile en ce monde; et il serait très heureux de faire connaître à la France quelques bons livres étrangers : quelque chose de semblable à ]ai. Jeanne d'Air, de Guido Gœrres, par exemple. Pour ajouter encore à tant de bonté, ne pourriez-vous me faire une liste de quelques ouvrages allemands d'une littérature agréable et saine, entre lesquels il choisirait pour traduire. »

Ce jeune homme était pieux. Tout ce milieu familial était chrétien. Ozanam déclarait y trouver pour lui-même des exemples de foi et de confiance en Dieu qu'il se reprochait de suivre si mal ! C'est d'auprès d'eux, à OuUins, qu'il écrivait naguère: « Pourquoi, malgré les grâces dont le bon Dieu me comble depuis quelque temps, je me sens plus que jamais rempli de troubles et de faiblesses?... Pourquoi la mobilité désolante de mes idées ne melaisse-t-elle pas le refuge et le repos que d'autres trouvent devant leur crucifix? Pourtant j'ai autour de moi tant d'encouragements et d'exemples! J'ai fait une si heureuse expérience de la sollicitude qui veille sur nous. Sans la sérénité douce qui règne dans mon intérieur, je me perdrais au milieu des agitations du dehors. »

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