‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 118 sur 235 · LA PATERNITÉ CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA PATERNITÉ CHRÉTIENNE

A cet intérieur, à cette famille, la joie des joies fut donnée. Un jour, 7 août 18i5, Ozanam put écrire heureux à M. Foisset : « Après tant de faveurs qui fixaient ma vocation en ce monde, et qui mettaient fin à la dispersion de ma famille, un bienfait nouveau est venu me faire connaître la plus grande joie probablement qu'on puisse éprouver ici-bas : Je suis père! »

Devant ce berceau, la surnaturelle grandeur do la paternité lui est apparue, avec ses grâces, ses devoirs: « Ah! Monsieur, s*écrie-t-il, quel moment que celui où j'ai entendu le premier cri de mon enfant! Où j'ai vu celte petite créature, mais cette créature immortelle, que Dieu remettait entre mes mains! Qui m'apportait tant de douceurs et aussi tant d'obligations!... Je ne puis voir cette douce figure, toute pleine d'innocence et de pureté, sans y trouver l'empreinte sacrée du Créateur, moins effacée qu'en nous. Je ne puis penser à cette àme impérissable dont j'aurai à rendre compte, sans que je me sente plus pénétré de mes devoirs. Comment pourrai-je donner des leçons, si je ne les pratique? Dieu pouvaitil prendre un moyen plus aimable de m'instruire, de me corriger, et de me mettre dans le chemin du ciel?

« La mère, à peu près rétablie, a la consolation d'allaiter son enfant. C'est un plaisir bien laborieux, mais bien vif. Ainsi nous ne perdrons pas les premiers sourires de notre petit ange. » Et le chrétien ajoute : « Avec quelle impatience j'ai vu venir l'heure de son baptême ! Nous lui avons donné le nom de Marie, qui était celui de ma mère , et tout d'abord en mémoire de la céleste Patronne à qui nous attribuons cette heureuse naissance. Nous commencerons son éducation, en même temps qu'elle recommencera la nù-

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