LA VIE DE FAMILLE
tre; car déjà je m'aperçois que le Ciel nous l'envoie pour nous apprendre beaucoup et pour nous rendre meilleurs . »
Par rang d'amitié, Lallier devait être le parrain de l'enfant. Dès l'annonce de cette naissance, il était accouru à Paris. Le tableau qui lui fut présenté alors est celui-ci qu'Ozanam lui retraçait ensuite, 27 août : « .le ne sais rien de plus doux sur la terre que de trouver, en rentrant chez moi, ma femme bien-aimée, avec ma chère enfant dans ses bras. Je fais alors la troisième figure du groupe; et je demeurerais volontiers des heures entières dans l'admiration, si, tôt ou tard, des cris ne venaient me rappeler que la pauvre nature humaine est bien fragile, que sur cette petite tête bien des périls sont suspendus, et que toutes les joies de la paternité ne sont données que pour en adoucir les devoirs . »
Le remerciement au parrain est d'une grâce céleste ; nous ne pouvons l'omettre : « Laissez-moi vous remercier de vos vœux pour notre petit ange qui vous doit un peu ses ailes, puisque les anges de la terre n'en oot pas d'autres que la foi et la charité conférées au sacrement du baptême... Votre nom sera un des premiers qu'on mettra sur ses lèvres, quand elle commencera à prier Dieu. Le temps me dure que ce soit bientôt. lime semble qu'aussitôt que cette pauvre petite créature, si douce et si innocente, pourra murmurer une prière, il n'y aura plus rien que le Ciel puisse lui refuser. »
Quelquesjours après cette naissance, Ozanam emmenait sa femme et son enfant passer les vacances à Nogent-sur-Marne. Il se disait heureux : « Le séjour delà campagne me donne un loisir que je ne me corî-