L ENFANT : LE COLLÈGE
conscience. Ses notes sur la mission portent à la dernière page cette phrase qui pour lui en est le bouquet : « Jeunes gens, c'est en vous préparant ici à être toute votre vie de bons chrétiens que vous vous disposerez à faire un jour de bons citoyens, et k fournir avec honneur les carrières où vous serez appelés à servir Dieu et votre pays. » Tel lui apparut le devoir intégral. Ce missionnaire lyonnais n'était autre que le futur cardinal Donuet, archevêque de Bordeaux.
Le petit écolier étonnait ses maîtres. Le feu sacré du beau comme celui du bien brûlait en lui. Il en jaillissait, en gerbe, des étincelles de poésie et d'éloquence, inattendues de ce jeune âge. C'étaient, dès la treizième année, des compositions soit françaises, soit plus souvent latines, soit en prose, soit en vers de tout mètre, que les professeurs se montraient l'un à l'autre et à leurs élèves, comme de petites merveilles. Les sujets en étaient des épisodes de l'hi.stoire nationale ou sacrée; parfois des actualités, comme l'embarquement des Philhellènes français pour les combats de l'indépendance de la Grèce. Le plus souvent les mystères de la vie de Jésus et les louanges de la Vierge Marie. Parfois aussi des scènes d'intérieur familiales prises sur le vif, et charmantes de naïveté et de grâce. Avant ses quinze ans, Frédéric pouvait déjà former un petit volume de ses œuvres de poésie qu'il offrait pour le jour de l'an à son père et à sa mère, avec une double dédicace, latine pour son père, française pour sa mère, sans que je puisse dire laquelle des deux langues y parle avec plus de fine et respectueuse tendresse ' .
1. Plus tard une partie de ces Juvenilia. fut publiée dans une Xodce