‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 166 sur 235 · L'AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

L'AVANT-PROPOS

de la Civilisation aux temps barbares. Ce dessein, le voici : « Je me propose d'écrire l'histoire littéraire du moyen âge, depuis le v° siècle jusqu'à la fin du xlIl^ Mais, dans l'histoire des lettres, j'étudie surtout la civiUsation dont elles sont la fleur; et, dans la civilisation, j'aperçois principalement l'ouvrage du christianisme. Toute la pensée de mon livre est donc de montrer comment le christianisme sut tirer des ruines romaines, et des tribus campées sur ces ruines, une société nouvelle, capable de posséder le vrai, de faire le bien et de trouver le beau. »

Comment ce dessein s'était formé en lui, Ozanam vient le dire. Il est né de la foi de son père, de sa mère et de sa sœur; de la foi de son enfance un instant ébranlée et bientôt ralfermie par la main d'un maitre qui était un prêtre : « Je crus désormais d'une foi rassurée, et touché d'un bienfait si rare, je promis à Dieu de vouer mes jours au service de la vérité qui me donnait la paix. »

Ce dessein était donc l'accomplissement d'une promesse faite à Dieu, dite aux hommes, et celui d'une mission d'en haut dont sa jeunesse avait eu conscience et inauguré l'exercice. « Depuis lors, vingt ans se sont écoulés. A mesure que j'ai plus vécu, la foi mieux comprise m'est devenue plus chère. J'ai mieux éprouvé ce qu'elle pouvait dans les grandes douleurs et dans les périls publics; j'ai plaint davantage ceux qui ne la connaissent pas. En même temps, la Providence, par des moyens imprévus et dont j'admire l'économie, m'a fait étudier surtout la religion, le droit et les lettres, c'est-à-dire les trois choses les plus nécessaires à mou dessein. J'ai visité les lieux qui pouvaient minstruire. Enfin le bonheur des temps m'a permis d'entretenir de grands chrétiens, des hom-

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