‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 17 sur 235 · IG JEUNES ANNÉES · texte numérisé non relu

IG JEUNES ANNÉES

Mais Dieu a vu ces pleurs, il aidera son enfant : l'esprit s'éclairera, la foi, aimée et voulue quand môme, triomphera, la tentation cédera, car cette crise n'est que cela. Le martyr sur son bûcher se déclare fidèle à Dieu, quand même : Dieu lui sera fidèle.

Ozanam s'adressa donc à Dieu. Un de ses contemporains rapporte « qu'au plus fort de l'épreuve, laquelle était devenue pour lui une peine physique, le jeune étudiant en appela de sa souffrance à la miséricorde du Dieu de lumière et de paix. Entrant dans une église, il se jeta à genoux devant le Très Saint Sacrement, et là humilié, pleurant, il promit au Seigneur, s'il daignait faire briller la vérité à ses yeux, de consacrer sa vie entière à la défendre ». Il se releva soulagé; et, comme Paul sur le chemin de Damas, il s'en fut trouver l'Ananie qui devait l'éclairer et préparer l'apôtre.

« Le prêtre philosophe, dont l'enseignement le sauva », comme il s'exprime, était le célèbre abbé Noirotqui, pendant vingt ans, professa la philosophie au collège de Lyon, où il laissa sa forte empreinte sur toute la jeune et brillante génération de cette époque. Sa méthode, — qu'on ne saurait juger sur pièce, puisqu'il n'a rien écrit, — était moins, semblet-il, la méthode socratique que la méthode cartésienne, dont il exagérait plutôt le doute méthodique pour préparer dans la conscience le retour de la pensée sur elle-même. Quoi qu'il en soit, ses reconstructions étaient splendides, et le christianisme, qui en était le couronnement, apparaissait, à l'école de ce penseur, éblouissant de vérité et de beauté. « L'influence que ce vrai maître exerça sur le jeune Ozanam, écrit J.-J. Ampère, décida de toute la direction de ses pensées. »

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