‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 18 sur 235 · M. LABBE NOIROT · texte numérisé non relu

M. LABBE NOIROT

C'est dire trop peu. Le maître s'éprit d'une affectueuse admiration pour ce jeune homme, le plus jeune des cent trente auditeurs de son cours de philosophie : « C'était une àme d'élite, témoignait de lui ce vénérable maître, à la fin de sa vie. La nature l'avait merveilleusement doué, intelligence et cœur. Affectueux, sympathique, ardent, dévoué, modeste, enjoué et sérieux tout ensemble, n'ayant de haine pour personne, hormis pour le mensonge, jamais élève ne fut plus populaire que lui parmi ses camarades. Ils lui faisaient, suivant l'expression de l'un d'eux, un cortège d'affection et presque de respect. » Puis, il le représente s'acharnant à son travail d'étude, parfois jusque dans la nuit. Ainsi malgré sa jeunesse se plaça-t-il d'emblée à la tète de sa classe, où il se tint jusqu'à la fin.

M. Cousin ne craignait pas de surnommer l'abbé Noirot « le premier professeur de philosophie de France », disant : « Les autres professeurs ont des élèves ; l'abbé Noirot se fait des disciples. » Ozanam fut son disciple favori. En dehors de ses leçons, le maître aimait à le prendre pour compagnon de ses promenades dans les sentiers solitaires et escarpés qui entourent — ou qui alors entouraient — Lyon de toutes parts, et « qui rendent cette ville si chère aux esprits touchés d'un peu de mélancolie méditative ». C'était ordinairement au midi de la ville, aux Étroits, à La Quarantaine. Là s'agitaient entre le maître et le disciple ces questions de l'harmonie de la science et de la foi, au faite desquelles Noirot élevait le flambeau de la Révélation. Là aussi ^e formaient, dans l'intelligence pacifiée du jeune homme, ces larges synthèses historiques du christianisme duquel il rêvait déjà de

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