‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 19 sur 235 · JEUNES ANNÉES · texte numérisé non relu

JEUNES ANNÉES

faire ainsi resplendir la preuve exiDérimentale. Ses convictions, ébranlées par un peu de petite philosophie, se relevaient par la grande.

Il en témoigne lui-même dans une lettre postérieure à deux de ses amis : (( Depuis quelque temps, écrit-il, je sentais en moi-même le besoin de quelque chose de solide où je pusse m'attacher et prendre racine, pour résister au torrent du doute. Et voici qu'aujourd'hui, ô mes amis, mon âme est remplie de joie et de consolation. D'accord avec ma foi, ma raison a retrouvé présentement ce catholicisme qui me fut enseigné par la bouche d'une excelleate mère et qui fut si cher à mon enfance : le catholicisme avec toutes ses grandeurs, avec toutes ses délices! »

Cette foi, sortie de l'épreuve plus forte et plus heureuse, en était en même temps sortie plus compatissante à l'erreur des autres : c< Que de fois, rapporte son aine, notre excellent frère nous a fait la confidence des terribles angoisses qui l'étreignirent à cette époque! — Ah! ajoutait-il alors, on m'accuse quelquefois d'un excès d'indulgence et de douceur envers ceux qui ont le malheur de ne pas croire. Lorsque, comme moi, on a passé par les tortures du doute, il y aurait cruauté et ingratitude à se montrer sévère pour ceux à qui Dieu n'a pas fait encore ce don inestimable de la foi ! » Ainsi Dieu Tavait-il formé et préparé à devenir un jour un guide autorisé et éclairé de la jeunesse de son siècle. Cette crise lui avait été une leçon, une épreuve et un apprentissage, tout ensemble.

Telle fut cette enfance et cette adolescence. A seize ans, Frédéric Ozanam sortait du coilèg'e, chargé de toutes les premières couronnes. Maintenant c'est

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