‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 203 sur 235 · LIVOURNE, SIENNE · texte numérisé non relu

LIVOURNE, SIENNE

des Tolomei où notre jeune rejeton croissant sous votre main, à l'ombre, ne courra pas le danger d'une publicité prématurée?

« Vous avez des enfants riches. 0 mon Père, l'utile leçon pour fortifier les cœurs amollis, le bienfaisant spectacle que de leur montrer Notre-Seigneur Jésus- Christ, non seulement dans des images peintes par les plus grands maîtres, et sur des autels éclatants d'or et de lumière; mais dans la personne et la souffrance des pauvres ! Nous avons souvent parlé ensemble de la faiblesse, de la nullité des hommes, même chrétiens, dans la noblesse de France et d'Italie. Mais je m'assure qu'ils sont ainsi, parce qu'une chose a manqué à leur éducation. U y a une chose qu'on ne leur a point enseignée, une chose qu'ils ne connaissent que de nom, et qu'il faut avoir vu souffrir aux autres pour apprendre à la souffrir soi-même, quand elle viendra tôt ou tard. Cette chose c'est la douleur, c'est la privation, c'est le besoin... U faut que ces jeunes seigneurs sachent ce qu'est la faim, la soif, le déauement d'un grenier. Il faut qu'ils voient des misérables, des enfants malades, des enfants en pleurs. Il faut qu'ils les voient et qu'ils les aiment. Or cette vue réveillera quelque battement dans leur cœur, sinon cette génération est perdue ! Mais il ne faut jamais croire à la mort d'une jeune âme chrétienne. Elle n'est pas morte, mais elle dort! »

Après cela Ozanam en vient aux voies et moyens de l'œuvre. Il envoie à « son cher et respectable ami » le Bulletin de la Société, une instruction pour la formation des Conférences des collèges, l'adaptation du règlement à leur condition spéciale, la visite des pauvres par petites escouades, accompagnées d'un maître, etc. « De toutes leurs bonnes actions, une part-

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