MESSE DE L ASSOMPTION
frères Bevilacqua, M. le D' Prato et le Révérend M. Massucco, qui m'ont comblé de leur amitié. Dieu seul peut les récompenser dignement. »
Déjà à cette date, les forces s'affaissaient sensiblement; les jambes enflaient; et ce n'était plus qu'avec peine qu'elles pouvaient le porter jusqu'au bout du petit jardin de la maison. On avertit ses deux frères. Charles, le docteur, accourut auxpremiersjours d'août.. Nul ne se faisait illusion, à Paris non plus qu'à Livourne, sur l'issue du combat; on lit dans une lettre de l'abbé Perreyve, des mêmes jours : « Les dernières nouvelles de M. Ozanam brisent le cœur. Charles (Perraud) a reçu un télégramme de M™*" Ozanam, il y a quatre jours, disant que le cher malade est dans un état d'extrême faiblesse. Je ne puis vous dire la profonde douleur que ce télégramme a causée à tous ceux qui ont connu et aimé M. Ozanam. Quelle perte pour tout ce qui est bien, religion, vérité! Mais surtout, quelle perte pour moi! »
La grande fête de l'Assomption était proche. La veille, il déclara avec insistance qu'il irait à l'église pour y communier et entendre la messe. L'heure venue, il refusa la voiture que sa femme avait fait venir de Livourne : « C'est peut-être ma dernière promenade en ce monde, je veux qu'elle soit pour rendre visite à mon Dieu et à sa Mère » ; et appuvé sur celle qu'il appelait son ange gardien, il se mit en chemin. Les paysans, instruits de son arrivée, se tenaient groupés près de l'église ; et lorsque pâle il apparut, puis traversa leurs rangs, il n'y en eut pas un cj[ui ne se découvrit et ne s'inclinât révérencieusement, tandis que les femmes et les enfants lui envoyaient ce gracieux signe de la main qui est la salutation du pays. Il en fut ému jusqu'aux larmes.
FRÉDÉRIC 0Z4XAM. 37