‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 4 sur 235 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

c'est le partage et le progrès de cette vie, si pleine, si haute, si courte!

Le plus grand nombre de ces lettres a été publié. Un certain nombre d'autres m'ont été communiquées discrètement par Celle qui en a reçu le trésor en héritage, et qui les garde religieusement comme les reliques d'un père. Qu'elle en soit remerciée! Quelques autres, jusqu'alors inédites, ont été opportunément retrouvées. C'est une collection totale d'environ deux cents lettres, desquelles est fait le tissu tout entier de cette histoire, la chaîne aussi bien que la trame. Tout mon Ozanam est là, et là constamment; non pas seulement sa trace, mais sa voix, sa parole, et conséquemment sa vie; sa vie dans toute sa vérité, sa parole dans toute sa candeur, sa voix dans ses plus beaux accents, des lettres qui sont les plus belles de ses pages, parce qu'elles sont celles qui lui ressemblent le plus. Lui enfin parlant et écrivant, et lui au lieu de nous, qui n'avons fourni à ce bouquet que le fil à les lier. Personne n'y perdra, et nous moins que personne.

Mais quelle est donc cette figure, restée à demi voilée, et qui semble, à cette heure sombre, monter à l'horizon dans une douce lumière pour éclairer nos voies? « Comme saint Vincent de Paul, Ozanam fut un apôtre : apôtre de la vérité ; apôtre de la charité. » Tout est dit en ces deux paroles prononcées dans la crypte des Carmes.

Apôtre de la vérité, de la vérité catholique dont il a entrepris la démonstration. A dix-sept ans, Ozanam en dressa le plan; à dix-huit il en fait l'œuvre contre le saint-simonisme ; à vingt ans, il en dresse le drapeau, à la Sorbonne, contre l'antichristianisme de Jouffrqy ;

Page 1