‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 5 sur 235 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

à vingt et un ans, il en provoque le liant enseignement à Notre-Dame, auprès de rarchevêque de Paris. A trente ans, il la fait monter savante, éloquente dans une chaire de la Sorbonne '. Il se dévoue à sa défense jusqu'à son dernier souftle, ce souffle qui, un jour, s'exhalait ainsi de sa poitrine près de se rompre : « Notre vie vous appartient, Messieurs. Quant à moi, si je meurs, ce sera à votre service! » Ce fut son adieu.

Apôtre de la charité. A vingt ans, il inaugure, avec une poignée d'étudiants, la première conférence de Saint-Vincent de Paul : « Allons aux pauvres! » Après Paris, après Lyon, il en étend le bienfait à la France, en attendant les deux mondes : « Je voudrais, a-t-il dit, enlacer le monde entier dans un réseau de charité. » Ses yeux, avant de se fermer, devaient compter deux mille de ces foyers desquels le Seigneur avait dit : « Je suis venu apporter le feu ; et que veux-je sinon qu'il s'allume dans le monde? » Moins d'un mois avant sa mort, il se tramait de Livourne à Sienne pour aller y préparer le berceau d'une conférence d'étudiants, sa dernière fille. Puis il rentrait pour s'embarquer, revoir la France et y mourir le lendemain.

Il mourut à quarante ans. Il avait tout donné à Dieu par acte solennel : « Voici que je viens! Seigneur ! » Ou le vit, une année entière, se traîner haletant de station en station sur le long" chemin de son Calvaire. Comme un fils blessé qui cherche

1. M. Guibert ajoute ici : « Dans toutes les questions concernant la foi, telle était sa délicatesse de conscience que l'Église n'eut point de fils plus soumis à toutes ses directions. S'il partagea certaines idées libérales de son temps, ce fut par générosité de cœur et à cause de l'amour même qu'il portait à la religion et à ses frères, et non par une déviation quelconque du sens chrétien. »

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