SA FONDATION
lue en Assemblée à Paris : « En ce jour que vous solennisez, nous serons réunis autour des autels du même Dieu, aux pieds de la même Vierge immortelle, nous les fils de la ville qui la première honora sa Conception Immaculée d'un culte public. » Ozanam, en terminant, saluait dans le président général, M. Bailly, « le père qui avait été l'ange gardien de leur jeunesse dans la capitale, et dont maintenant lui et ses amis regrettent toujours la sagesse absente et lointaine ».
Les sentiments de la filiale reconnaissance d'Ozanam pour ce grand homme de bien se font encore mieux voir dans une de ses lettres du premier temps par laquelle il recommande à son bon accueil un jeune lyonnais, M. Hadery, qui venait étudier à Paris : « A qui, lui demande-t-il, à qui le recommanderai-je mieux qu'à vous, vous qui, avec ce bon M. Ampère, avez exercé sur moi cet heureux patronage, vous que bien des mères, que vous ne connaissez pas, bénissent, parce que vous leur avez conservé la religion de leurs fils? Si vous le jugez convenable, vous pourrez l'inviter peu à peu à faire partie de la Société de Saint-Vincent de Paul.
Il ajoute : « Souvent désormais, il vous en arrivera de ces jeunes gens de Lyon, de ces fils de la ville des martyrs. Nous voici déjà ici un certain nombre qui avons fait la douce expérience de vos conseils et de vos exemples; et nous nous efforcerons de procurer le même bienfait à la génération dont nous sommes les alnég. Ce sera une des principales fins de la Conférence do Saint- Vincent de Paul établie dans notre ville en union avec la Société de Paris.
Notre œuvre ici est naissante, mais elle est vivante, Elle est faible ; mais elle pourra devenir forte en conservant ses attaches avec l'œuvre mère. Elle en a besoin, ne serait-ce que pour surmonter les obstacles qu'elle rencontre ici de la part des gens de bien qui ont peur.
« Faites-nous donc croître et multiplier, faitesnous devenir meilleurs, plus tendres et plus forts, car, à mesure que les jours s'ajoutent aux jours, on voit le mal s'ajouter au mal et la misère à la misère. Aux questions politiques se substitue la question sociale, lutte entre la pauvreté et la richesse, entre l'égoïsme qui veut prendre et l'égoïsme qui veut garder. Entre ces deux égoïsmes terrible sera le choc, si la charité ne s'interpose pas : si elle ne se fait médiatrice, avec la toute-puissance de l'amour, entre les pauvres qui ont la force du nombre et les riches qui ont celle de l'argent. Dans ces vues miséricordieuses, ce n'est pas sans quelque raison que la Providence a suscité en vous la pensée de fonder notre œuvre, qu'elle a fait grandir sous vos auspices. »
Au mois de juillet suivant, Ozanam pouvait mander à l'Assemblée générale de la fête de saint Vincent de Paul, que la jeune conférence de Lyon avait porté à quarante le nombre de ses membres. Soixante-dix familles étaient visitées, etc. Tout avait doublé en huit mois. Et le président redisait encore : « Nul, en cette fête, ne manquera au rendez-vous des âmes. Nous serons là tous ensemble sous les yeux de saint Vincent de Paul notre père, de la sainte Vierge notre mère, de Jésus-Christ notre Dieu ! »
Tout laïque qu'elle fût, la conférence n'en avait