‹ Frédéric OzanamChapitre 110 sur 344 · SES ŒUVRES · texte numérisé non relu

SES ŒUVRES

mission. Tâchez de nous écrire avant le 10 décembre où nous nous réunirons, w

Oeanam Tavait fait déjà : « Nous serions heureux de voir s'établir à Paris, puis ailleurs, quelque <;hose de pareil à ce que nous faisons ici, afin que nos bons soldats, quand ils nous quittent pour quelque autre garnison, puissent être assurés d'y trouver les mêmes secours affectueux. » Et il désigne tel prêtre zélé, vicaire de Sainte- Valère, proche des Invalides, qu'il estime très propre à ce ministère.

Disons tout de suite que le compte rendu de l'année suivante constate un progrès dans chacune des deux conférences et dans leurs institutions annexes. On y a ajouté l'assistance médicale assurée aux malades par de jeunes docteurs de la Société ; la distribution gratuite des remèdes, dans deux pharmacie des quartiers. « Nous espérons qu'en procurant ainsi le bien des corps, il sera possible de multiplier le bien des âmes. On ne sait combien de merveilleuses métamorphoses un médecin pieux peut opérer à un lit de mort! »

Le même rapport relate les fruits de conversions, dus aux instructions du dimanche soir aux soldats. Chez d'autres la semence est jetée, elle germera tôt ou tard. Cela dépend de nous, pour une grande part. « Ah! s'écrie Ozanam, qui peut dire les résultats que nous pourrions obtenir, si une piété plus vive nous rendait moins inférieurs à notre vocation?... Les catholiques tels quels ne manquent pas, autour de nous ; il en faudrait faire des saints. Et comment faire des saints sans l'être soi-même? Comment prêcher aux malheureux des vertus dont ils sont moins dépourvus que nous? En cela encore, il nous faut reconnaître avec saint Vincent de Paul qu'ils nous

sont supérieurs. « Ces pauvres de Jésus-Christ sont nos seigneurs et nos maîtres, disait le saint, et nous ne sommes pas dignes de leur rendre nos petits

Mais c'est surtout sur Paris, siège et centre de la Société, que se portait de loin l'incessante et lointaine sollicitude du fondateur absent. S'adressant à Lallier, secrétaire général, le bras droit du vénérable président. Ozanam lui rappelait les obligations de sa charge. Il lui écrit que la première est de relier toutes les conférences entre elles et avec Paris, leur commun foyer de lumière et de chaleur. « C'est peu de croître, il faut en même temps s'unir, et rattacher au centre chacun des points de la circonférence par des rayons continus! Notre petite Société de Saint- Vincent de Paul est devenue assez considérable pour être regardée comme un fait providentiel, et ce n'est pas pour rien que vous y occupez une place qui a de l'importance. Ne vous y trompez pas. Secrétaire général: vous êtes, après M. Bailly, l'âme de la Société. C'est devons que dépend l'union des diverses conférences, et de l'union la vigueur et la durée de l'œuvre. »

Ozanam indique un à un les moyens d'y pourvoir : le premier de tous est la Circulai?'e jointe au compte rendu annuel adressé aux conférences. Le compte rendu en dit les œuvres, la circulaire en rappellera l'esprit, les règles, la fin suprême. Ce fut en effet dès l'année 1837, que Lallier inaugura la série des Circulaires du conseil général, lesquelles, par la suite, ont contribué si efficacement à propager le courant de la charité chrétienne jusqu'aux extrémités du monde : « Nous commençons

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