‹ Frédéric OzanamChapitre 111 sur 344 · IMPULSION AU CONSEIL GENERAL · texte numérisé non relu

IMPULSION AU CONSEIL GENERAL

avec vous, disait la première, un échange de paroles qui nous sera bien doux. Vous le savez : une chose surtout aide et rend fort dans le monde, c'est la pensée qu'on est entouré de conseils et d'exemples. On vit deux fois quand on a des amis ; et les sociétés de charité vivent deux fois, quand elles ont des sœurs. »

En outre de ce premier devoir, le secrétaire général assistera souvent aux assemblées particulières ; il enverra de temps en temps les présidents; il tiendra la main aux réunions du Conseil de direction; il stimulera quelquefois le calme trop grand du président général ; il ne négligera pas la correspondance avec les conférences de province; il pressera l'exactitude de l'envoi de leurs comptes rendus. Puis pour finir : « Maintenant, mon cher ami, je voudrais pour tout au monde m'entretenir de vive voix, pendant deux heures avec vous, et vous communiquer mille de ces choses qui se disent et qui ne s'écrivent pas. »

Il le gourmande parfois : « Prenons garde de ne point nous renfermer dans des habitudes trop restreintes et d'infranchissables limites de nombre de confrères et de durée des séances ! Pourquoi les conférences de Saint-Étienne-du-Mont et de Saint-Sulpice ne peuvent-elles pas dépasser cinquante membres assidus? Songeons-y. Il vous appartient, par votre ancienneté et votre charge dans la Société, de la ranimer de temps à autre par de nouvelles inspirations de zèle, sans préjudice de l'esprit ancien, grefTant le progrès sur la tradition. »

Il le félicite et le remercie souvent : « L'annonce des trois nouvelles réunions entre conférences que vous avez eues à Paris, nous a causé beaucoup de

joie. Ne laissons pas se disperser les éléments de l'union ni se ralentir le mouvement d'attraction qui les rapproche ! Continuez-nous le bienfait de ces Circulaires sur les points les plus capables d'intéresser la société... Si vous saviez de quelle autorité est pour nous une parole arrivée de Paris ! »

Il cherche avec lui le moyen de rattacher entre eux et au centre les jeunes associés que la fin de leurs études a rejetés dans l'isolement de leur ville ou de leur village. « A défaut de conférence, ne pourrait-on pas les unir dans la prière, dans la charité, et l'exercice privé d'oeuvres dont ils rendraient compte dans une correspondance que mentionnerait le rapport annuel? Ainsi, il y aurait échange d'idées, de sentiments et de consolations sur tous les points de la France où les fils de Saint- Vincent de Paul seraient disséminés. Ainsi la Conférence de Paris ne serait plus un simple passage de deux ou trois années sans aboutissement, et vous n'auriez plus à gémir sur plus de deux cents associés maintenant perdus. Vous seriez le sommet d'une pyramide à large base qui toucherait aux quatre extrémités du pays. Et la jeunesse française du xix® siècle aurait élevé un monument agréable aux yeux de Dieu, sur ce sol que la jeunesse du siècle dernier avait si outrageusement profané. »

Ozanam se rend bien compte de la faiblesse des instruments. « Nous ne sommes encore que des apprentis dans cet art divin, écrit-il ailleurs. Espérons qu'un jour nous y deviendrons d'habiles et utiles ouvriers. Alors, sur tous les points où la Providence nous aura placés, nous rivaliserons à qui fera naître le plus de bonheur et le plus de vertu autour de soi. Alors, quand vous nous ferez part de vos succès, nous vous répondrons par les nôtres. Et, de tous les points

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