‹ Frédéric OzanamChapitre 112 sur 344 · IMPULSION AU CONSEIL GENERAL · texte numérisé non relu

IMPULSION AU CONSEIL GENERAL

de la France, s'élèvera un harmonieux concert de foi et d'amour à la louange de Dieu. »

Ces lettres d'Ozanam ont des post-scriptum réservés à l'ancienne clientèle de sa charité à Paris, celle des enfants particulièrement : « Si vous voyez M. de Kerguelen, chargez-le de dire deux mots d'amitié pour moi aux petits apprentis Marins et Blondeau. »

Mais le principal intérêt duquel il s'entretient avec le cher secrétaire général est la fidélité à l'esprit primitif de la Société, lequel est Tesprit même de saint Vincent de Paul. L'humilité en est la première vertu. Ce qu'il redoute pour elle plus que la contradiction, c'est l'exaltation; ce qu'il lui souhaite par contre est moins la prospérité que l'obscurité dans l'exercice du bien : « J'approuve, lui écrit-il, votre intention de nous entretenir, dans votre prochaine circulaire, de la nécessité pour nous de rester obscurs. Il serait bon de poser d'abord ce principe : que l'humilité est obligatoire pour les associations comme pour les individus, et l'appuyer par l'exemple de saint Vincent de Paul qui réprimanda un prêtre de la Mission pour avoir nommé sa Compagnie : Notre sainte Compagnie! Ainsi ne point se faire voir, mais se laisser voir, telle pourrait être notre formule. »

Ozanam réprouve « cet orgueil collectif qui, s'abritant derrière l'esprit de corps, vient enfler de vaines louanges les rapports sur les hauts faits des conférences et des confrères. Il réprouve les sermons et les sermonnaires qui croient nous servir en nous couronnant de fleurs. Il félicite la Société d'avoir su déconcerter l'envie en se faisant petite : « On nous prophétisait que la publicité serait notre mort ; c'est grâce à l'obscurité que nous avons vécu, que nous

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