‹ Frédéric OzanamChapitre 144 sur 344 · LA SOCIETE DE S.-VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

LA SOCIETE DE S.-VINCENT DE PAUL

De ce merveilleux progrès, Ozanam disait non seulement son bonheur, mais le devoir qui en résultait pourlai et les promoteurs de cette action charitable : <( celui de se faire les médiateurs entre les deux camps de la société, pour porter dans l'un des paroles de résignation, dans l'autre des conseils de miséricorde. Le mot d'ordre, sera : Réconciliation et amour ! »

A Lyon, les difficultés mêmes que rencontrait l'action des deux conférences, lui étaient une raison de ne pas abandonner le combat, pour insuffisant qu'il se crût à le conduire : « Je sens bien, écrit-il, qu'il me faudrait autrement d'énergie et de liberté d'esprit que mon tempérament et mes affaires ne m'en laissent, pour faire face à tous mes devoirs. Et néanmoins, il est des circonstances qui m'empêchent de me démettre d'une présidence si mal remplie. » Ces circonstances sont celles qui interdisent à un commandant de briser son épée sur le champ de bataille.

L'hiver de 1840 vint resserrer encore ces attaches par les exigences mêmes de son laborieux mandat. « Les besoins extraordinaires de cet hiver, écrit-il, ont ranimé l'activité de nos aumônes. Nous faisons des progrès dans l'art de dévaliser les riches au profit des pauvres. Beaucoup d'entre les nôtres ont offert leurs services pour le patronage des jeunes libérés. L'excellent La Perrière s'occupe de fonder un patronage préventif. Mais que tout cela est peu, mon ami, en présence d'une population de soixante mille ouvriers, démoralisée par l'indigence et par la propagation des mauvaises doctrines ! La franc-maçonnérie et le républicanisme exploitent les douleurs et les colères de cette multitude souffrante ; et Dieu sait quel avenir nous attend, si la charité catholique

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