‹ Frédéric OzanamChapitre 145 sur 344 · LA CHAIRE DE DROIT · texte numérisé non relu

LA CHAIRE DE DROIT

ne s'interpose pas à temps pour arrêter la Guerre d'Esclaves qui est à nos portes. «

Un peu plus tard, Ozanam procure à la conférence l'honneur et l'encouragement d'uneparole de flamme : c'était celle de M^"" Dupuch, évêque d'Alger. « Il embrase les âmes. » Et deux mois après : « La propagation des bons livres parmi lès militaires, et le patronage des jeunes apprentis prospèrent tout à fait. » Mais ce qui réjouit son cœur de chrétien, c'est la piété que Lyon fait éclater, aux processions de la Fête-Dieu : « Lyon est tout en odeur de sainteté, ces jours-ci, écrit-il en juin. Nous venons de faire nos processions qui ont été magnifiques, et particulièrement bien accueillies du peuple. »

En face et parallèlement à ce mouvement de piété et de charité, se produisait à Lyon un mouvement intellectuel général, dont Ozanam écrivait à Lacordaire en ces termes : « Un heureux changement se produit ici dans les esprits. Trois facultés de théologie, de sciences, de lettres fondées depuis peu, ont réveillé, malgré l'imperfection de leur enseignement, le goût des études spéculatives que semblaient avoir étouffé les préoccupations toutes positives de nos concitoyens. Dans le clergé, tous les jours, croît le nombre de ceux qui comprennent que la vertu sans la science ne suffit pas au ministère sacerdotal. »

La nomination d'Ozanam à la chaire de droit commercial, se rattachait à ce mouvement général des esprits. Elle lui fournissait matière à ces dernières lignes de sa réponse à Lacordaire : « Pour moi, humble témoin de tant de choses pleines d'espérances, me voilà fixé probablement au poste que j'avais longtemps désiré. Je suis professeur de droit commercial,

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