‹ Frédéric OzanamChapitre 146 sur 344 · OUVERTURE DU COURS · texte numérisé non relu

OUVERTURE DU COURS

et je me réjouis d'une fonction qui, en m'attachant à Lyon, ne m'arrache point cependant à mes inclinations malheureuses pour les travaux philosophiques et littéraires, où je crains bien de perdre en efforts inutiles, un temps que je pourrais employer plus modestement et plus sûrement à mon salut et au service du prochain. » Ces derniers mots n'étaient-ils pas un dernier regard d'adieu et de regret jeté vers le cloitre, son paradis perdu?

Ce fut le 16 décembre 1839, que M. le professeur Ozanam prononça son discours d'ouverture du Cours commercial^ avec un succès dont il faisait confidence en ces termes à son cher Pessonneaux : « Le cours de droit commercial semble devoir réussir. Une foule immense assistait au cours d'ouverture. On a brisé portes et vitres. Depuis lors, la salle n'a pas cessé d'être remplie; elle contient pourtant plus de deux cent cinquante personnes. Cependant, je me suis permis toutes les digressions philosophiques, historiques, que les matières pouvaient comporter. Mais je ne me refuse pas non plus l'occasion d'appeler un sourire sur les lèvres des auditeurs ; et, comme dit de Maistre, l'aiguille fait passer le fil. »

Ce fut en effet beaucoup en philosophe et en historien que, dans cette première leçon, il envisagea le sujet de son cours dont il donna l'idée générale, les diverses parties, et l'esprit qui devait animer cette étude. Il ne manqua pas au devoir chrétien de placer la loi de Dieu à la source de toute justice, critérium suprême du juste et de l'injuste : « Lorsque donc la jurisprudence nous renverra à la loi suprême de la morale, nous n'hésiterons pas : celle-là seule que nous consulterons est celle qui, dès les premiers jours du monde, visita l'homme dans le secret de sa cons-

FRÉnÉRIC OZANAM. 17

Page 1