‹ Frédéric OzanamChapitre 147 sur 344 · COURS DE DROIT COMMERCIAL · texte numérisé non relu

COURS DE DROIT COMMERCIAL

cience; et qui, depuis dix-huit cents ans, renouvelée par une promulgation plus solennelle, préside, sans fléchir, à tous les développements de la civilisation moderne. »

De toutes les nobles passions qui frémissaient dans Tâme d'Ozanam, la seule qu'il lui fût donné de faire vibrer ce jour-là fut la fibre lyonnaise, dans le tableau liminaire qu'il fit de la puissance commerciale de la cité depuis les premiers âges. Mais ce qu'il venait enseigner à ce cours, ce n'était ni l'histoire, ni la philosophie, c'était bien le droit et le droit commercial; non seulement dans sa théorie, mais dans son application actuelle, positive, pratique.

On allait bien le voir. Les quarante-sept leçons dont îe canevas et les notes nous ont été conservés, embrassant tout le cours de la première année, et publiés par les soins de M. Théophile Foisset, conseiller à la Cour d'appel de Dijon, ont étonné cet éminent jurisconsulte lui-même : « Quand, à vingt-six ans, le jeune professeur monta dans la chaire qui venait d'être créée pour lui, il était armé de toutes pièces, non seulement sur la philosophie et l'histoire, mais sur la théorie positive de la portion de la science qu'il avait mission d'enseigner. Il n'était pas moins prêt sur la jurisprudence des arrêts. Mais profondément pénétré de la vraie mission du professeur, il ne se perdit point en d'intarissables discussions d'objets controversés. Il aima mieux enseigner des principes que des doutes, inculquer les règles du droit, et en faire toucher du doigt la sagesse que d'initier ses auditeurs au double scandale — ce sont ses termes -— de l'obscurité des lois et de la contrariété des jugements. Quelle élévation et quelle étendue d'esprit dans ces notes ; quelles larges vues ouvertes sur les grandes lignes du sujet!

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