‹ Frédéric OzanamChapitre 151 sur 344 · LE CONCOURS D'AGRÉGATION · texte numérisé non relu

LE CONCOURS D'AGRÉGATION

riva plus mort que vif au moment de prendre la parole.

Il jeta sa confiance toute en Dieu : jamais il ne s'en trouva mieux. Il parla donc sur les scoliastes. Il dit leurs services : « Les scoliastes, ces hommes dont le commentaire opiniâtre semble s'attacher comme un ver rongeur aux écrits du passé, sont au contraire précisément ceux qui maintiendront la pureté des textes, éclaireront les allusions mal comprises, consacreront le souvenir des usages effacés. Nous leur devons le bienfait de pouvoir lire les grands hommes qui furent leurs maîtres et les nôtres. » 11 parla sur ce sujet pendant sept quarts d'heure avec une compétence, une assurance et une aisance dont il s'étonnait lui-même ; et, tout le temps, avec un charme d'élocution qui lui conquit la sympathie des juges, l'admiration des assistants, et même le pardon des normaliens, tout à l'heure mal disposés à l'égard de l'intrus qui venait de sa province disputer et ravir à l'École, dont c'était l'apanage, la palme du combat.

Le scrutin définitif classa M. Ozanam premier du concours, sans même qu'il ait eu à faire entrer en compte l'appoint facultatif des langues étrangères. Ceux qui venaient après lui étaient MM. Egger et Berger, deux noms chers aux Lettres. Les juges du concours avaient été M. Le Clerc, doyen, M. Alexandre interrogateur sur la langue et la littérature grecques, M. Patin sur la langue et la littérature latine; M. Fauriel sur les quatre littératures étrangères, enfin M. Ampère professeur au Collège de France, pour la littérature française : l'homme qui, après Ozanam, jouit le plus de ce triomphe.

Le rapport officiel du doyen au ministre de Tins-

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