‹ Frédéric OzanamChapitre 181 sur 344 · LA CONTROVERSE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LA CONTROVERSE CATHOLIQUE

termine par Tespoir que « les idées graves et la discussion sérieuse finiraient bien, Dieu merci, par l'emporter sur la polémique de colère où les impies réussissent mieux que nous )>.

A ses amis de Lyon, lecteurs de Y Univers, Ozanam envoyait, pour sa justification, le texte de son discours avec la réponse que l'archevêque y avait faite, imprimés dans le Bulletin du Cercle catholique : « J'ai pu craindre que leur amitié ne s'inquiétât à mon sujet; et voilà pourquoi je vous fais passer les pièces de l'affaire. »

Enfin, aux dernières lignes, écrites devant Dieu : « Mon cher ami, assistez-moi de vos prières. Obtenez-moi cet esprit de force et d'intelligence que la chrétienté tout entière, agenouillée aux solennités de la Pentecôte, demande au ciel en ce moment. J'espère, avec la grâce de Dieu et votre secours, ne jamais manquer au mandat fraternel que mes amis me donnèrent quand ils m'engagèrent à monter dans cette chaire, pour défendre les intérêts toujours inséparables de la religion et de la bonne science. »

Quelques mois après, 13 octobre, c'était sa femme demeurée dans sa famille, à Oullins près Lyon, pour la fin des vacances, qu'Ozanam rentré à Paris prenait à témoin de ces engagements. La solitude où l'avait laissé cette absence lui avait remis toutes les conduites de Dieu, et les devoirs comme les grâces de sa vie, sous les regards : « Maintenant, ma bienaimée, repassant dans ma mémoire la longue suite de mes souvenirs, depuis le jour où, il y a quatorze ans, je sentis l'inspiration de me consacrer à la propagation de la vérité, je m'affermis dans cette croyance à ma vocation que tous les événements de ces années dernières me confirment. Je sais que la vérité n'a pas

besoin de moi, mais j'ai besoin d'elle. La cause de la science chrétienne, la cause de la foi, est celle où je tiens par les racines de mon cœur. Or,puisqu'elle est menacée, puisque les lettres sont le champ de bataille où se vide la querelle, puisque l'enseignement y a une grande part,- puisque Paris est la ville de France, et peut-être du monde, où semblent se décider les débats de la pensée; puisque la Providence, par le conseil de mes amis et de ma famille, par l'inspiration irrésistible que j'éprouvais alors, m'a mis sur la brèche , je n'en descendrai pas. Un bien peut se faire ici qui serait impossible ailleurs. J'userai à cette fin de la faveur publique dcrnt on veut bien m'honorer. Je m'efforcerai d'en assurer et d'en prolonger l'efficacité^ en groupant, en dirigeant les jeunes gens chrétiens dans la voie des bonnes études. J'écrirai aussi pour ne point perdre en discours fugitifs le peu qu'il m'aura été donné de faire connaître aux hommes.

« Il est possible que je n'arrive ni aux honneurs, ni à la fortune. Mais jusqu'ici le pain de chaque jour ne m'a pas manqué, et il me suffira toujours quand la main d'une douce et pieuse amie le partagera.

« Mais pour accomplir cette tâche, il faut de l'activité, de la fermeté, de la persévérance. Le premier moyen, pour les obtenir, est de les demander à Dieu... Je place donc ces résolutions, et d'autres encore, sous la protection de Celui qui les fait naître en moi; je les porterai à ses autels. Et quand tu me reverras, j'espère que tu me trouveras capable de les accomplir. »

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