‹ Frédéric OzanamChapitre 2 sur 344 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

par Ozanam au degré héroïque? Il appartiendra à l'Église d'en juger : mais à nous, Messieurs, il appartient de porter sa cause devant Elle. D'avance soyons sûrs qu'elle sera étudiée avec la plus vive sympathie. »

L'Allocution se termina pratiquement par un double vœu : le premier que fût lue et méditée davantage la biographie du fondateur; le second que, dans ses biographies à venir, une plus grande part fût faite à la vie intime, chrétienne, apostolique, en un mot aux « vertus éminentes de ce véritable saint )).

C'est de ce désir, auquel s'associèrent le Conseil général et l'Assemblée, que naquit le présent ouvrage.

Pourquoi l'ouvrier en fut-il cherché si loin, et choisi si vieux? Il ne m'appartient pas d'en connaître. J'ai seulement à m'excuser de m'étre fait trop prier; et, tout en remerciant du grand honneur qui m'était fait, de n'en avoir d'abord envisagé le fardeau qu'avec gémissement. Mais j'allais accomplir ma 83* année. Je venais de publier mon livre testamentaire Le Vieillard; j'achevais à peine le paiement d'une grande dette d'admiration et de reconnaissance : Les deux Frères, N'était-ce pas la fin de ma tâche? N'était-ce pas aussi, je le sentais, l'extrême limite de mes forces? Or, cette heure avancée de ma longue journée était-elle l'heure d'entreprendre? Et allais-je m'aventurer à ouvrir un nouveau sillon que probablement je n'achèverais pas?

Je demandai donc grâce!... Mais bientôt, quel fut donc l'aiguillon qui me fit me relever, céder, présenter ma tête plaintive, mais soumise, puis heureuse, au joug de l'obéissance, maintenant reconnu doux et bon, et son fardeau léger?

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