‹ Frédéric OzanamChapitre 3 sur 344 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

D'abord, j'aimais Ozanam depuis ma tendre jeunesse. L'homme dont on me demandait de reprendre l'histoire n'était-ce pas celui duquel M. Guibert venait de m'écrire : « Ce fut le plus grand catholique de son temps »? — J'aimais la Société de Saint- Vincent de Paul, qui peut tant aujourd'hui pour le salut de l'Église, moyennant sa fidélité à l'esprit et à la grâce que Dieu avait déposés originairement dans ce Vase d'élection qu'on me demandait d'ouvrir plus à fond. — J'aimais la jeunesse des Écoles que je servis soixante ans, et de laquelle Ozanam fut le plus parfait modèle. — Et puis, Tavouerai-je? La pensée, dirai-je égoïste? de passer une année, peut-être la dernière de ma vie, avec une telle âme, une telle intelligence, un tel cœur, dans un commerce de toutes les heures, éclairant mes ténèbres, ranimant mes langueurs, consolant ma solitude, me détachant de la terre, et déjà m'entr'ouvrant le ciel!... Cette perspective l'emporta. Quoi! allais-je fermer ma porte à cet hôte, à cet ami? Ah! qu'il soit le bienvenu! Le livre sera écrit, et écrit avec amour. Il sera commencé du moins. Achevé, si je le puis?... A la grâce de Dieu ! — Bon et grand Ozanam, entrez !

J'ai la même ambition pour ceux qui liront ces pages : celle de les faire vivre intimement et constamment avec lui.

Nombreux sont ceux qui ont écrit sur Frédéric Ozanam, avant moi! Je place en tête son frère, le missionnaire, qui, dans la biographie trop rudimentaire qu'il a faite de lui, a déposé des trésors de souvenirs domestiques qui ne pouvaient nous être transmis que par cet autre lui-même. Puis viennent les deux grands et illustres amis qui l'ont approché de

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