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CHAPITRE XX

LA POLITIQUE PONTIFICALE. — « DANGERS ET ESPÉRANCES DE ROME ». — LA RÉVOLUTION DE FÉVRIER. — LA CANDIDA- TURE POLITIQUE.

Arrivé à Paris dans les premiers jours d'août 184-7, Ozanam s'y vit appréhendé aussitôt partant de gens empressés et d'affaires attardées, qu'avant de reprendre ses cours, il alla demander quelques jours de paix et de liberté à Arminvilliers, dans la Brie, où le conviait M. de Francheville, son ami, collaborateur au Correspondant. Il y fut reçu, lui, sa femme et son enfant, dans l'hospitalière solitude d'un château féodal, gardé encore par ses fossés et son pont-levis, et enveloppé de grands bois, lequel lui rendait quelque image de son moyen âge tant aimé.

C'est là que le Correspondant lui apporta un article de M. Foisset sur VHistoire des Girondins de M. de Lamartine. Cet ouvrage du poète était l'événement du jour. C'était la glorification presque sans réserve de ces politiciens de la Législative et de la Convention, avec toutes leurs erreurs, leurs fautes,

leurs déprédations et leurs crimes, immunisés de leur venin et colorés de chatoyante poésie. M. Foisset, dans son article, en faisait bonne justice; et ce fut de cette exécution du livre, sinon de l'auteur, qu'Ozanam s'empressa de le féliciter. « J'ai lu, lui écrivit-il, de bien éloquentes pages, laissez-moi vous le dire, de bien courageuses, de bien chrétiennes, sur les Girondins. Irascimini et nolite peccare. Je me rappelais encore cette belle fresque du Vatican que je venais de voir, où les anges fustigent Héliodore, violateur du temple. Il me semblait qu'ils vous eussent prêté leurs verges. Et qu'on sent bien cependant qu'elles arment une main amie, et qu'en brisant l'idole, vous cherchez à retrouver, à toucher le cœur chrétien qui battait naguère dans sa poitrine ! N'ajouterez- vous point quelque chose à ce travail ; un des meilleurs, si je ne me trompe, qui soient sortis de votre plume? Et n'en ferez-vous point un livre que nous voudrions tous avoir, dont nous serons heureux, dont nous avons besoin?... »

Pouvait-on plus formellement répudier l'histoire, et rompre avec l'historien, tout en gardant à l'homme ce dernier sentiment d'une fidèle pitié qui ne veut pas désespérer du repentir et de la miséricorde?

Il ajoutait que « tous les scandales et les apostasies contemporaines s'effaçaient, à cette heure, devant l'éclat de l'astre naissant de Pie IX ».

C'est tout illuminé pour ainsi dire par « cet astre », qu'Ozanam reparut devant ses étudiants de la Sorbonne pour sa leçon d'ouverture. C'était le 21 décembre 1847. L'assistance débordante fit à son heureux retour une ovation affectueuse. 11 y répondit très ému par ces belles paroles, mélancoliques et tendres :

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