‹ Frédéric OzanamChapitre 248 sur 344 · L'AME DU MAITRE · texte numérisé non relu

L'AME DU MAITRE

quelle que soit la durée de mon enseignement, de mes forces, de ma vie, je n'aurai pas perdu mon temps si je vous ai fait croire au progrès parle christianisme; si, dans des temps difficiles, j'ai ranimé dans vos jeunes âmes l'espérance, qui n'est pas seulement l'inspiratrice du beau, mais le principe du bien; qui ne nous fait pas seulement produire de belles œuvres mais accomplir de grands devoirs. Nécessaire à l'artiste pour guider sa plume ou son pinceau, l'espérance ne l'est pas moins au jeune père qui fonde une famille ou au laboureur qui jette son blé dans le sillon sur la céleste parole de Celui qui a dit : « Semez ! »

Ozanam, lui, avait semé. La semence avait levé ; les épis étaient mûrs : n'allait-il pas lier les gerbes? Ses leçons de 1849-50, recueillies par la sténographie, demandaient à devenir des livres : Après les Poètes franciscains, la Civilisation au V^ siècle, re visée, achevée, allait fournir deux volumes, tandis que l'enseignement poursuivrait son cours. Mais les forces ne soutenaient plus ce grand et courageux esprit d'entreprise. Qu'adviendra-t-il de l'œuvre?

Les médecins prescrivirent plusieurs mois de repos complet, dans les voyages, à la campagne. C'est dans l'intervalle de ces vacances lointaines et absences forcées, c'est dans une perpétuelle et menaçante alternance de santé et de maladie ou de langueur qu'il nous faut voir se traîner Frédéric Ozanam, dans ces pénibles années de 1850 à 1852.

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