VACANCES A SCEAUX
— « Il faut avoir connu le cœur de Frédéric, rapporte son frère, pour se faire une idée de ce qu'il éprouva alors; et je me souviens qu'il me disait, plus mort que vif : « Je ne puis sentir souffrir Amélie sans que mes entrailles en soient déchirées ! » Dès le mois de juillet, anticipant sur les vacances, il loua à Sceaux une maison de campagne où il établit les deux chères malades qu'il eût voulu ne pas quitter. Mais il y avait peu de jours où, dans ce dernier mois de l'année scolaire, il ne dût se rendre à Paris pour le rude travail des examens académiques.
Il y fut rejoint par Jean -Jacques Ampère, rentré en France pour peu de temps. Ce temps, le grand nomade le partageait entre Sceaux, où il venait du lundi au jeudi; et Paris où il retournait pour l'Académie et ses affaires. Puis il allait finir la semaine à Montreuil, près de Versailles, chez son ami Alexis de Tocque ville.
Ce fut donc pour Ozanam une société régulière de chaque semaine, sinon de chaque jour. Précieuse société qu'il avait tant appelée : « Vos amis ne vous pardonnent pas de leur avoir fait passer l'hiver sans vous. Ce beau soleil même que nous avons ici, contre notre habitude, ne vous remplace pas. Naples, qui n'a pas le pouvoir de changer en bêtes les membres de l'Académie française, n'aurait-elle pas, comme Circé, le secret de leur faire oublier la patrie? Je ne sais, mais, quoique j'aie toujours passionnément désiré votre bonheur, je m'effraye quelquefois de vous savoir si heureux à quatre cents lieues de nous. »
Ils allaient donc reprendre ensemble ces entretiens et ces revisions littéraires, qu'appelaient les écrits en partance pour le grand public. Ozanam lui nommait d'abord les Poètes franciscains, « cet