LES FIORETTI
enfant perdu dans les collections du Correspondant , puis surtout ce Cinquième siècle qu'il ne pouvait achever qu'avec lui et qui ne pouvait réussir auprès du public que par lui.
Les Poètes franciscains que nous avons présentés ici, presque au lendemain du voyage d'Italie qui les avait inspirés, attendaient, pour paraître dignement en volume hors cadre, une recension et adjonction qui allait en doubler à la fois l'étendue et l'intérêt. Dans sa mission en Italie, Ozanam avait découvert, à Florence, un recueil de légendes populaires du XIV* siècle, les Fioretti de saint François, fleurettes de poésie en prose, mêlées à sa moisson de recherches érudites, « comme le liseron se mêle au blé mûr », raconte-t-il. Il fut convenu avec Ampère qu'elles prendraient place dans le volume à la suite des articles, aujourd'hui chapitres, des Poètes franciscains.
Dans la préface, la probité d'Ozanam prend soin de prévenir le lecteur qu'en publiant ces légendes, il n'en propose rien à la foi des chrétiens, et qu'il se garde bien de confondre ces chants ou ces traditions poétisées, avec le dogme catholique, « non plus, dit-il, que je ne confonds les gouttes de la rosée avec les feux de l'aurore qu'elles accompagnent ».
Il ne veut pas non plus qu'on les confonde avec l'histoire authentique de saint François, laquelle il croit sur le témoignage de contemporains autorisés. « Mais à côté de l'histoire commence la poésie, née non point du mensonge, mais seulement du besoin que tous nous avons de croire et d'admirer. » Telle est pour lui la source haute des Fioretti.
Mais ces fleurs ont aussi leurs fruits. « Ne les accu-