‹ Frédéric OzanamChapitre 255 sur 344 · VACANCES A SCEAUX · texte numérisé non relu

VACANCES A SCEAUX

sez pas de puérilité, proteste le moraliste. Ces fleurs, tout aimables qu'elles sont, cachent une doctrine mâle et faite pour des hommes libres... Vous souriez, par exemple, au récit de la paix que fît saint François entre la ville de Gubbio et le loup de la montagne voisine; et vous n'apercevez pas une admirable leçon de charité donnée aux justes en faveur des pauvres pécheurs. Vous ne voyez pas que le loup voleur et homicide, mais docile après tout, qui pose sa patte dans la main de saint François, et qui tient sa promesse de ne faire mal à personne, représente bien le peuple du moyen âge, terrible dans ses emportements, mais de qui l'Église ne désespéra pas, dont elle prit la main meurtrière dans ses mains divines, jusqu'à ce qu'elle lui eut inspiré cette horreur du sang, le plus beau et le plus incontestable caractère des mœurs modernes. »

Et voilà comment Ozanam en revient par des pentes fleuries à ses thèses de réconciliation sociale et de civilisation des barbares, passant par Gubbio pour arriver à Paris, élevant le rameau d'olivier, et recevant dans sa main de charité et de clémence, celle encore sanglante des truands et des insurgés.

Parmi les nombreuses légendes franciscaines, Ozanam fit un choix, dont il confia la traduction à sa femme : « Une main plus délicate que la mienne, dit la préface, a mis en français les plus pieux, les plus touchants, les plus aimables récits des Fioretti, en s'efforçant de serrer de près le tour simple et vif du vieux narrateur. » A quoi M. Ampère ajoute : « Dans nos soirées de Sceaux, j'avais été initié au secret de cette traduction modeste. Cette main, qu'Ozanam dit être plus délicate que la sienne, est celle qui s'est trouvée assez forte pour lui présenter le

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